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« La vie c’est une boîte d’instruments qui piquent et coupent. A toute heure nous nous ensanglantons les mains. »

Alphonse Daudet s’est installé à Vigneux- sur-Seine dès après son mariage, en 1867, avec Julia Allard. C’est dans le château de son beau-père, où le couple séjourne cinq mois, qu’il fait connaissance avec cette terre qui deviendra l’Essonne. Il y poursuivra notamment l’écriture du « Petit Chose » qui paraîtra en 1868. Cette même année, le château de Vigneux est vendu et les Daudet louent, à Champrosay, une petite maison qui se trouve être l’ancienne demeure du peintre Delacroix. « Nous habitons entre la Seine et la forêt de Sénart une petite maisonnette où il y a deux chambres en trop. À une demi-heure de là mon beau-père a sa chasse en pleine forêt de Sénart : lièvres, perdrix, faisans, lapins, même chevreuil. Venez passer quelques jours avec nous… Les jours où vous ne chasseriez pas, nous irons à Paris qui est à une demi-heure en chemin de fer », écrit, à l’été 1868, Daudet à un ami.


Deux ans plus tard, ses beaux-parents achètent une grande maison à Champrosay. Celle-ci compte trois appartements, dont un habité par le couple Daudet lorsqu’il séjourne aux beaux jours en Essonne. Le reste de l’année, l’écrivain désormais connu dans toute l’Europe réside à Paris. En 1887, Alphonse Daudet acquiert, toujours dans le village, sa propre maison. Les amis – nombre d’entre eux sont célèbres – se succèdent. L’accueil convivial des Daudet est réputé. Ainsi, Maupassant, Renoir, Gambetta, Zola ou encore Paul Féval y partageront de chaleureux repas.


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Les séjours de l’écrivain à Champrosay sont source d’inspiration et son œuvre littéraire s’inspire très largement de situations vécues. Dans le roman « Jack », le héros, Raoul Dubief, est un jeune homme qui vivait près de la forêt de Sénart en 1868. Un autre personnage est inspiré par le docteur Rouffy, célèbre à l’époque à Draveil. Quant à la banlieue comprise entre Boissy-Saint-Léger et Corbeil, elle donnera son cadre à « La Petite Paroisse ».


Enfin, l’action de « Robert Helmont », roman inspiré par la guerre de 1870, se déroule également dans les environs de Draveil. Alphonse Daudet meurt à Paris, rue de l’Université, le 16 décembre 1897. Deux ans après, les maisons Allard et Daudet de Champrosay sont vendues.