Le Blog de Michel Benoit

06 novembre 2017

Le Commissaire Merle à Nevers le 19 novembre

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Le 19 novembre prochain, sortie dédicace des dernières enquêtes du Commissaire Merle rassemblées sous le titre Rue Des Boucheries et éditées chez de Borée Centre France éditions.

Pour cette occasion, la rue des Boucheries à Nevers aura l'occasion de retrouver son plus célèbre habitant qui n'est autre que le fameux commissaire nivernais Augustin Merle.

C'est en effet dans cette rue, au premier étage d'un immeuble situé face au restaurant le Zochar, que l'auteur de la série des enquêtes du commissaire Merle vous rencontrera pour signer ce nouvel opus. Phil, le mime bien connu des Bourguignon, sera également présdent avec son orgue de barbarie pour animer la rue et lui redonner une touche mystérieuse, chère à l'auteur. C'est sous un barnum, en compagnie de Wilfrid Séjeau,le libraire du Cyprès, que Michel Benoit signera ces nouvelles enquêtes, Viandox et café au programme.

Rue Des Boucheries à Nevers, de 14H30 à 19H

Pour en savoir plus sur Rue des Boucheries :

Dans la première enquête de ce nouvel opus, Augustin Merle est pour la première fois la cible d’un assassin sans scrupule. Immobilisé chez lui, rue des Boucheries, il devra revisiter une affaire déjà jugée mais qui n’a pas encore livré tout ses secrets. Il pistera le criminel de personnages bien singuliers, lesquels décrits avec force et justesse, seront toujours plus vrais que nature. Même la justice ne sera pas épargnée alors que ces enquêtes le mèneront de Moulins sur Allier à Revin en passant par Nevers et Sancoins, jusqu’à Clamecy, près de  l’écluse N°47 bis où le corps d’une nouvelle victime sera découverte.

« Rue des Boucheries » est l’occasion pour l’auteur de dévoiler toujours plus l’intimité du célèbre commissaire nivernais. Blessé, mis en danger, épuisé physiquement, rien ne lui sera épargné, pas même la mort de sa femme Muguette qui partira sans un mot et sans qu’il n’ait le temps de lui dire au revoir.

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18 octobre 2017

19/20 de France 3 Bourgogne du 14 octobre 2017 Naissance de Saint-Just

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17 octobre 2017

Le discours intégral prononcé lors de l'inauguration de la naissance de Saint-just

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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Citoyennes, citoyens,

Bienvenu à toutes et à tous pour cette commémoration nationale fêtant la naissance de Louis Antoine  saint-Just, enfant nivernais qui deviendra l’un des hommes incontournables de notre révolution française, cet évènement encore jamais égalé, qui devait éclairer de par sa lumière philosophique l’avenir de nos ancêtres, de leurs descendances et celui de toutes les populations du monde. La révolution des lumières que la terre entière nous envie.

Cela fait maintenant deux ans que nous travaillons sur cet évènement pour vous donner le meilleur de nous même et faire en sorte que cette commémoration soit à la hauteur de cet événement.

Nous avons donc pris date et aujourd’hui, la Nièvre a rendez-vous avec l’Histoire.

L’anniversaire de la naissance de Saint-Just ne pouvait pas se limiter au dépôt d’une gerbe de fleurs. Pour ma part et dans l’esprit de ceux qui furent à mes côtés dès le 1er jour pour préparer cet événement, nous ne pouvions nous contenter de si peu car qui oublie son Histoire est condamné à la revivre ! C’est pourquoi nous souhaitions donner un véritable sens à ces journées que  nous vous proposons pour cette occasion.

Dans l’Histoire de France, ce qui fait sens, c’est la rupture et pas la continuité  et la grande rupture, la grande déchirure pour le monde entier, ce moment dont Goethe dit que c’est le début de l’ère moderne ; c’est la grande révolution de 1789. Cette révolution qui proclama  la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, cette révolution qui décida de l’abolition des privilèges et qui, alors que la France entière s’apprêtait à périr sous la hache des armées coalisées,  proclama la première République, le 21 septembre 1792. Cette révolution qui osait proclamer l’éradication de la misère devant ceux qui tenaient le pouvoir depuis tant d’années.

Saint-Just était alors député au sein de cette jeune assemblée, la Convention, celle qui vota tant de lois en faveur du peuple de France, et c’est lui qui proclama du haut de la tribune, alors que l’on hésitait encore sur le sort à réserver au roi, qu’un roi devait régner ou périr !

Dès lors, tout était dit ! La France par le jugement de son assemblée, en se débarrassant du roi et du système monarchique écrasant la population depuis plus de mille ans, allait sauter dans le vide et accentuer la grande déchirure, inexorablement.

Saint-Just fit partie de ces hommes, tout comme Robespierre, qui permirent à nos ancêtres de rêver à la liberté, à plus d’égalité et à la fraternité des hommes et des peuples unis par la pensée.

Le monde allait assister à l’émergence d’un peuple, où les hommes portés par de mêmes valeurs allaient se servir de celles-ci comme de boucliers pour combattre celles de l’ancien régime.

Si nous avons un passé commun, quels que soient nos ancêtres, c’est la grande révolution qui nous rend égaux, c’est ce que dit la déclaration des droits de l’homme et du citoyen imaginée par ces hommes : nous sommes tous semblables, nous sommes tous égaux en droit et il y a des droits universels et ce sont les droits de tout être humain !

Nous descendons tous de ces hommes-là, ceux qui travaillaient la terre pour nous nourrir, ceux qui chaque jour grossissaient les files de travailleurs venus à la porte de ces nouveaux employeurs, sortit du néant avec les prémices de l’ère industrielle, ceux qui pouvaient enfin occuper un poste intellectuel ou un grade militaire sans pour ceci être de sang bleu.

Voilà notre identité et c’est cet héritage-là que nous devons transmettre, ces valeurs que nous devons préserver d’une génération à l’autre.

Et si nous sommes les enfants de quelque chose, c’est de cette extraordinaire illumination de l’histoire des êtres humains.

Comment ne pas avoir une pensée en ce jour pour ces hommes, pour ce jeune homme, penseur d’acte et homme d’action, qui devait mourir à 26 ans par la main de ceux-là même, qui avaient usurpé leurs pouvoirs sur tout le territoire de la République, en associant à jamais les mots sang, terreur, guillotine à celui de révolution populaire.

Saint-Just pensa, jusqu’à son dernier jour, que l’homme n’avait pas d’autre maître que lui-même ! Et nous, aujourd’hui, tout comme lui, n’avons aucun autre recours, que notre intelligence, pour décider de ce qui est bon et de ce qui est mauvais !

C’est grâce à ces hommes et à leurs actions que nous pouvons croire ou ne pas croire et que la liberté de conscience est devenue le fondement de toutes les libertés.

C’est aussi grâce à ses hommes que chacun d’entre nous sait qu’il est lui-même, parce qu’il est libre de penser différemment sur des sujets et différemment au cours de sa vie.

Nous sommes les enfants des lumières et les enfants de la grande révolution de 1789.

Nous sommes les héritiers de cet effort permanent du peuple pour sortir de l’ombre et se hisser sur la scène de l’Histoire, prenant en main son destin et organisant sa vie avec le souci des autres.

Je remercie vivement tous les acteurs qui ont participé de près ou de loin à la réussite de ces commémorations et en particulier le conseil départemental de la Nièvre et son Président Patrice Joly, mon ami Jean-Louis Balleret, conseiller général, qui est chargé de la Culture. Merci également à Denis Pellet-Many le directeur de l’action culturelle, à Anne Berthier et toute l’équipe de la DAC, à Jean-Pierre Château, maire de Guérigny et aux élus de la ville de Guérigny, qui ont également soutenu ce projet, au conseil régional et à sa présidente, sans oublier Pascale Massicot, lesquelles soutiennent avec force le théâtre des Forges royales.

Merci à tous les employés municipaux qui nous ont aidés aussi dans ce projet.

 Merci aussi à Anne Magnard, professeur d’Histoire et au lycée Horticole de Varzy ainsi qu’aux élèves de la classe de seconde travaux paysagés.

Merci aux archives départementales de la Nièvre, à Jean-François Lefebure et la Médiathèque François Mitterrand à Nevers. Merci à Dominique Baran, Bruno Boutet et Bruno Prévotat pour s’être impliqués avec autant de talent et de passion dans ce projet afin de nous proposer une heure de musique d’époque avec l’orchestre de l’harmonie municipale de Nevers. Merci encore aux musiciens de Tambours Battants qui seront parmi nous dès demain.  Enfin, un grand merci à mon ami Jean-Philippe Bertin et aux journalistes qui couvrent cet évènement et au Journal du Centre, sans qui le rayonnement local, régional et national destiné à promouvoir la Nièvre par le biais de cet événement culturel, en rapport avec son histoire, n’aurait pas pu voir le jour.

Je voulais également adresser un grand merci aux comédiens de la troupe du Carambol théâtre et en particulier à mon vieux complice et ami Pascal Tedes, directeur artistique des Forges royales, auteur et comédien, lequel a participé à l’écriture de la pièce de théâtre qui vous sera présentée en avant-première dans quelques heures et qui s’intitule : «  d’entre les morts ». Sans lui, sans eux, ces festivités auraient eu un tout autre visage.

Au cours de ces journées, nous vous proposerons une conférence animé par l’historien decizois Pierre Volut qui nous parlera de la jeunesse de Saint-Just dans la Nièvre, de la musique d’époque, du théâtre, du cinéma avec la venue de Pierre Santini et un grand débat organisé par le Journal du Centre et modulé par Yannick Petit de Radyonne. Un débat qui aura pour thème cette période de la révolution qui nous oppose bien souvent encore : La Terreur. A ce propos, comment ne pas remercier de leurs présences Anne Quennedey et l’association des amis de Saint-Just à Blérancourt, Alcide Carton et Bernard Vandeplas de l’association des amis de Robespierre venus d’Arras, ainsi que mes amis Historiens Bernard Vinot, Marcel Dorigny et Jean Vigreux qui nous font l’honneur de leur participation à cette commémoration.

 

 Enfin, si vous voulez en savoir plus sur le sujet et que vous avez quelques instants, je vous proposerai de me retrouver autour du livre : Saint-Just la liberté ou la mort qui vient d’être édité par les éditions de Borée Centre France et à propos duquel Patrice Joly, président du conseil départemental de la Nièvre, a bien voulu écrire l’avant propos.

Bonnes festivités et belle commémoration !

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05 septembre 2017

Théâtre " D"Entre les morts " une pièce de Michel Benoit avec la collaboration de Pascal Tedes bientôt aux Forges de Guérigny

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Nous sommes fin prêt... Enfin presque... !! Nous travaillons dans l'ombre d'arrache-pied pour que les cérémonies autour de la naissance de Saint-Just dans la Nièvre soient réussies. Une cérémonie qui se déroulera durant trois jours les 14-15 et 16 octobre prochain aux Forges royales de Guérigny. Les Forges seront réservées au Théâtre où l'on jouera ma pièce écrite en collaboration avec mon ami Pascal Tedes, " D'entre les morts " tandis que la salle François Mitterand accueillera la conférence de Pierre Volut sur la jeunesse de Saint Just, l'harmonie municipale de Nevers qui jouera des pièces musicales d'époque, le groupe de percussions Tambours Battants, le Grand débat du Journal du Centre dirigé par Yannick Petit de Radyonne et dont le sujet tournera autour de ' Que reste-t-il des valeurs de la 1ère République aujourd'hui. Le lundi sera lui consacré plus essentiellement aux scolaires avec la présence du comédien Pierre Santini qui viendra parler de ses débuts à la Caméra Explore le temps avec la diffusion du téléfilm Robespierre. La pièce " D'entre les morts " sera rejouée et un débat pourra s'instaurer entre les comédiens, l'auteur et les jeunes Lycéens.

Trois jours pour l'Histoire, trois jours qui devront marquer la saison culturelle nivernaise et pourquoi ne pas le dire, la saison culturelle nationale avec l'association de disciplines artistiques sur un même thème telles que la musique, la littérature, l'exposition de documents sortis tout droit des archives départementales, le cinéma et le théâtre. Trois jours enfin où se retrouveront autour d'une même table les Historiens les plus pointus sur le sujet pour débattre avec le public sur les valeurs de notre République et sur l'instauration de la terreur en 1793.

Rendez-vous les 14-15 et 16 octobre aux Forges royales de Guérigny

 

 

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25 août 2017

Les Forges royales et Saint-Just en octobre 2017

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Voici le programme officiel des cérémonies concernant le 250ème anniversaire de la naissance de Saint-Just dans la Nièvre. Ce dernier est édité par le Théâtre des Forges royales de Guérigny.

Je vous invite à réserver vos places sans plus attendre !

Voici ci-dessous le lien à utiliser :

http://theatredesforgesroyales.com/events/le-carambole-theatre-dentre-les-morts/

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20 août 2017

Saint-Just assassiné une deuxième fois !

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Si seulement Saint-Just n'était pas né à Decize!

Non, plutôt si la petite cérémonie n'avait pas été organisée par la municipalité Thermidorienne de cette ville... Car hier, tout avait l'aspect de la foire au pain d'épices, de la fête à neuneu où encore à une prolongation des fêtes de la pentecôte. Je ne vous parlerai pas du niveau culturel de cette manifestation, qui s'était dit festive, et qui ressemblait fort à celle qui avait été organisée au pied levé par les assassins de Robespierre et Saint-Just le lendemain de leurs arrestations, le 10 thermidor et qui après avoir occupée la rue Saint-Honoré avait envahi la place de la Révolution dans l'attente de l'exécution de nos grands hommes, fondateur de la République. D'ailleurs, la rue du commerce, par son étroitesse, remontant jusqu'à la mairie de Decize, avait comme des airs de rue Saint-Honoré en ce 19 août 2017. Mais que le boss et ces lieutenants représentant cette ville se rassurent, il n'était pas question hier d'évoquer la mort infâme de Saint-Just, son assassinat sans le moindre jugement et celle de ses amis députés, dont Robespierre et Couthon, sans oublier une bonne centaine de leurs camarades les jours suivants: non, ces nouveaux petits marquis avaient décidé de se contenter d'apposer une plaque sur la maison, face à la Loire, pour annoncer à la population et aux éventuels touristes que le jeune Saint-Just était né dans celle-ci. Ils pensaient ainsi éviter de rentrer dans le fond du sujet et de parler du rôle de Saint-Just, défenseur du petit peuple, des affamés, des laisser pour compte, organisateur de la victoire aux frontières contre l'ennemi royaliste et à jamais fondateur de la première République.

Je suis resté discret ce 19 août, caché sous un porche, comme l'aurait fait Philippe Lebas s'il ne s'était pas suicidé la veille, persuadé que le peuple avait perdu la bataille face à la bourgeoisie qui s'était donnée la mission de remplacer les royalistes aux commandes de la France afin de s'enrichir toujours plus... Je suis resté discret, ayant fait un cauchemar la veille mettant en scène le premier magistrat de cette ville et son armée toute dévouée de petit bourgeois, voire pire, d'incultes... debout devant la maison du père Robinot, grand-père de Saint-Just, aspergeant la façade de cette dernière avec un balaie, le sang d'un bovin versé dans un sot pour la circonstance, comme l'avait fait un célèbre inconnu sur la maison Duplay le 10 thermidor.

Le seul point positif sera les deux conférences que livrera Pierre Volut en fin d'après-midi sur la jeunesse de Saint-Just à Decize et Decize sous la période révolutionnaire. J'y serai ! Je connais le travail honnête que ce dernier effectue et je suis certain qu'il pourrait intéresser un grand nombre de curieux et de decizois en cette fin d'après-midi.

J'espère toutefois que les sbires du seigneur, son altesse le maire de Decize, manqueront à l'appel comme certains d'entre eux qui, élus pourtant par un électorat avisé, et devant représenter ceux qui souffrent depuis toujours et qui demeurent quoi-qu'on en dise aussi corvéables que leurs ancêtres, ne viendront pas chanter la rengaine habituelle que la bourgeoisie au pouvoir nous impose depuis l'école primaire, à savoir que Saint-Just et Robespierre n'étaient que des tyrans assoifés de sang.

Il est vrai que pour nombre d'entre eux, ils ne sont plus à cela près, certain ayant commencé leur carrière politique locale sur une liste totalement opposée à l'image qu'ils veullent bien montrer d'eux aujourd'hui. C'est grave docteur ? Non, c'est simplement à l'image de notre époque qui décidément a bien des points communs avec celle où vivait Saint-Just.

Michel Benoit 

 

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15 août 2017

Premier débat sur la laïcité en 1790 Lettre de Reubell à Desmoulins

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C'est en cherchant quelques fragments de discours de députés célèbres ayant vécu sous la révolution française que j'ai trouvé cette petite perle : Une lettre du député Jean-François Reubell né à Colmar, membre de l'assemblée Constituante et siégeant aux côtés des Feuillants ( le parti le plus à droite de l'assemblée avec la noblesse et le clergé ) député du tiers état aux Etats généraux il sera par la suite président du Directoire et sera remplacé par Sieyes qui livrera la France à Bonaparte.

Voici cette lettre :

Lettre du député Reubell à Camille.

8 janvier 1790. Paris, rue Saint-Honoré N. 382.

Monsieur,

Votre prospectus des révolutions de France et de Brabant nous ayant été distribué, je me suis ressouvenu de vous avoir vu, entendu et lu avec le plus grand intérêt dans le temps que j’étais membre du comité des recherches, et aussitôt je me suis fait inscrire au nombre de vos abonnés. En parcourant le n° 5, j’ai remarqué qu’une exclamation de ma part sur les juifs vous avait paru extraordinaire. Je n’en ai pas moins succombé à la tentation de vous expliquer le sens de mon opposition à l’admission des juifs aux droits de citoyens français. Je doute fort que dans toute l’assemblée il y ait quelqu’un de plus tolérant que moi. Le culte sans doute ne peut être un motif d’être exclu ; mais s’il est lié à des principes civils et politiques, incompatibles avec les principes de la société à laquelle vous voulez être admis, cela commence à devenir problématique. Voudriez-vous vous donner la peine, monsieur, de lire l’adresse des juifs de Metz, des trois évêchés d’Alsace et de Lorraine du 31 août dernier, ci-jointe, et méditer sur la quatrième partie de leurs conclusions portant : « Nous serons maintenus dans le libre exercice de nos lois, rits et usages, et nous conserverons nos synagogues, nos rabbins et nos syndics de la même manière que le tout existe aujourd’hui. » Que pensez- vous d’individus qui veulent devenir Français et cependant exister en corps de nation ; qui veulent participer à tous les emplois civils, militaires et administratifs français, et cependant conserver des administrateurs juifs, des juges juifs, des notaires juifs, le tout exclusivement ; qui veulent avoir d’autres lois sur les successions, sur les mariages, sur les tutelles, sur la majorité, etc., que les citoyens français leurs voisins ; qui veulent conserver des boucheries, boulangeries, cabarets séparés, et continuer à maintenir pour principes qu’ils ne pourront ni boire, ni manger, ni se marier avec des Français! Vous voyez que ce n’est pas moi qui exclus les juifs ; ils s’excluent eux-mêmes. Votre bon esprit vous fera apercevoir aisément qu’il y aura encore beaucoup de choses à dire, lorsque la question de leur admissibilité sera traitée. Quand le juif, en sortant de sa synagogue, pourra dire : Je rentre dans la foule et je suis les mêmes lois de police, civiles et politiques que mes voisins, alors comme alors ; mais jusques là il sera au moins permis de suspendre son jugement sur la possibilité de leur admission, et si vous aviez eu la satisfaction d’habiter seulement pendant six mois parmi ces messieurs en Alsace, vous en auriez une idée un peu moins vague. Que ne puis-je, monsieur, vous en imposer la pénitence ! votre humanité au bout de quelques heures de séjour vous porterait à coup sûr à employer tous vos talents en faveur de cette classe nombreuse, laborieuse et brave de mes infortunés compatriotes opprimés et pressurés de la manière la plus atroce par la horde cruelle de ces Africains entassés dans mon pays. Si vous désiriez d’ailleurs avoir une idée de mes principes, je vous joins de quoi vous satisfaire. Que vous lisiez ou non les manuscrits, je vous prie de me les renvoyer avec l’adresse imprimée des juifs, qui me sera peut-être encore nécessaire.

J’ai l’honneur d’être avec la plus parfaite considération, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Reubell, député.

Plus de cent ans avant les lois sur la laïcité, le débat est lancé !

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11 juillet 2017

Saint-Just la liberté ou la mort !

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Préface de Saint-Just, la liberté ou la mort !

Editions de Borée 7/2017

Il était jeune, beau, intelligent, éloquent et séduisant. Il était animé par le génie de l’action. À Paris, il était de toutes les séances aux Jacobins, à la Convention et au Comité de salut public où il a signé des centaines d’arrêtés. Il composait des projets de constitution, préparait des discours et des rapports sur tous les sujets et lorsqu’il fallait convaincre, même en des combats douteux, les comités le déléguaient à la tribune. Son verbe même était action. À aucun moment il n’a esquivé la responsabilité de missions aux armées. Du Rhin à l’Oise, de Landau à Fleurus, le plus souvent en selle, il a passé près de 150 jours sur les champs de bataille, partageant la pitance et les nuits sans sommeil des soldats. De son père, brave officier de cavalerie, il avait hérité la rigueur, la raideur, l’esprit de décision et l’instinct de survie.

Et voilà que le 9 thermidor, sur le coup de midi, dès les premières phrases d’une intervention de soutien à Robespierre, il se laisse interrompre par les hommes du complot, renonce et se tait jusqu’à la mort. Le contraste est trop violent pour ne pas interpeller tous ceux qui se penchent sur cet exceptionnel destin. Et en premier lieu naturellement les historiens qui depuis deux siècles tournent et retournent les témoignages d’inégale qualité et souvent contradictoires pour aboutir à des conclusions pas toujours convaincantes tant manquent et – on peut l’affirmer aujourd’hui – manqueront toujours les preuves irréfutables.

On peut bien sûr toujours pallier ce vide, évoquer le sens de la légalité, la déception en l’humaine nature, voire, pourquoi pas, la déconvenue amoureuse, la fatigue physique ou psychologique, le dégoût de cette terreur « qui a blasé le crime comme les liqueurs fortes blasent le palais », le sentiment de s’être engagé dans une impasse ou d’avoir trop sacrifié à l’utopie… les pistes ne manquent pas.

On l’a exprimé dans le passé de bien des façons, dans des biographies à l’ancienne par exemple, mêlant factuel rigoureux et interprétations enjolivées, par l’abstraction poétique encore, tel René Char évoquant ces « volets de cristal à jamais tirés sur la communication », ou simplement dans des romans habiles à camoufler la nullité derrière les grands noms de l’Histoire.

Michel Benoît, lui, ne s’avance pas masqué. Il présente son essai comme un « ouvrage de fiction » s’inscrivant dans « une démarche historique », à l’interface de l’histoire et du roman. Les citations de Saint-Just s’intègrent, avec ou sans guillemets, dans le style de l’auteur selon un genre qui n’est pas nouveau. Avec Robespierre, derniers temps, Le Seuil, 1984, Jean-Philippe Domecq l’a porté à un tel niveau de qualité qu’il a retenu toute la considération de Michel Vovelle, alors titulaire de la chaire de la Révolution française à la Sorbonne, et que ce titre figure dans la biographie pourtant très sélective qui accompagne l’article Robespierre (Cl. Mazauric) dans le dictionnaire de la Révolution d’A. Soboul. Michel Benoît habite à Decize, cette île entre deux bras de Loire, empreinte de charme, attachante, où Saint-Just a passé son enfance. Je me souviens avoir entendu Maurice Genevoix, né en face, en parler avec émotion, et aussi Marguerite Monot. Michel Benoît qui respire cet air, qui se délasse sur cette célèbre promenade de platanes dont Saint-Just a vu planter les plus anciens n’est probablement pas le plus mal placé pour entrer dans l’intimité du jeune Conventionnel et interpréter ses silences. En refermant le livre fait d’émotions, de réflexions, d’aveux, au milieu des amis célèbres et obscurs, les amis d’aujourd’hui qui vont mourir et ceux d’hier qui vont survivre, on est tenté de se dire : « pourquoi pas » ?

 

Bernard Vinot,

Agrégé de l’Université, docteur en Histoire, membre du Conseil de la Société des Études Robespierristes.

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28 juin 2017

D'entre les morts ! de Michel Benoit et Pascal Tédes

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Des festivités seront organisées aux Forges royales de Guérigny les 14-15 et 16 octobre 2017 à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Louis Antoine Saint-Just il y a 250 ans. Parmi les nombreux spectacles, débats etc... qui vous seront proposés aux Forges de Guérigny, il y aura en exclusivité la représentation de ma pièce de théâtre écrite en collaboration avec mon vieux complice Pascal Tédes : " D'Entre les morts " Je vous offre l'affiche ci-dessous, réalisée par Thibaut Bouday, laquelle affiche est également reproduite en couverture du recueil imprimé chez Laballery à Clamecy et comprenant le texte de la pièce et l'intégralité de la constitution de 1793.

Une pièce de théâtre Historique ? Oui mais pas vraiment vu la situation des deux principaux personnages de cette dernière ( Robespierre et Saint-Just).....Mais quel est ce lieu où apparaissent, d’entre les morts, l’âme de ceux qui attendent le convoi qui les mènera vers l’ultime destination, vers l’éternité absolue… Seule la mère Raskin, la gardienne des lieux, en connaît le secret. Alors que le jeune Saint-Just et Robespierre viendront rejoindre leurs victimes, leur donnant l’occasion de se retrouver pour une improbable et ultime rencontre, la gardienne des lieux dévoilera-t-elle ce secret qu’elle conserve depuis la nuit des temps…

Vous le découvrirez en venant aux Forges royales de Guérigny le 14 et 15 octobre à 20h30 pour y voir la pièce " D'Entre les morts " et le lundi 16 octobre à 15 heures représentation qui sera suivie d'un débat avec le comédien Pierre Santini.

Michel Benoit

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17 juin 2017

Dernier Fric Frac polar de Michel Benoit

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Le journal du Centre a publié il y a quelques jours un article concernant la sortie de mon polar : " Dernier Fric Frac " , un polar scénario que j'ai écris en hommage à Michel Audiard et à mon oncle Sylvain Levignac, lequel fit parti de ces comédiens, deuxième ou troisième couteau, sans lesquels les films n'auraient pas connu le succès.

Mais l'écriture de ce polar, qui en amènera un autre l'année prochaine, lequel est déjà dans les tiroirs de mon éditrice qui veille au grain, est surtout l'occasion de créer des dialogues dans l'esprit d'Audiard. En voici quelques uns pour le plaisir :

-         Tu vois, la môme Yo-yo, c’est de moi qu’elle était amoureuse à l’époque… Mais moi, j’avais autre chose à penser… L’aventure, pas la petite, la grande aventure… les mers du sud… Le Képi blanc qui sent l’mouton… Les bordels de Managua, de San José… La course au trésor… Enfin la vraie vie, tu vois, celle que je n’avais pas connue chez mes vieux à Pantin ! 

Simon s’était assis quelques instants et écoutait Marcel débiter sa vie en quelques minutes… 

-         Et j’ai donc pris le bateau à Toulon un beau matin et c’est Joe le Nantais qui s’est occupé de Yolande. Une belle gamine d’ailleurs ! Mais que je ne regrette pas …Car moi je n’aurai pas su rester toute ma vie dans la même taule avec la même plante… D’ailleurs, sans faire offense, elle a dû s’emmerder la môme… Car tu vois mon vieux Simon, en fait, les gonzesses, faut leur donner du voyage, des espaces verts, le grand canyon ou les plaines de Sibérie, mais l’été, à condition de leur offrir un drive avec un glaçon dans le verre…En fait il faut les faire rêver quoi…Au lieu de ça, monsieur Joe leur offre le catalogue de la Redoute, un vrai passeport pour la dépression….De quoi foutre le bourdon à n’importe quelle candidate pour la grande aventure ! 

-         ça j’avoue…reprit Simon en attrapant les hanses de son sac qu’il mit en bandoulière pour sortir dans la cour.

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-         Du grabuge sur l’trottoir, ce n’est pas beau à voir… poursuivi Marcel Le Brestois, pourtant quand il faut… Il faut ! Tu vois, la mort c’est simple, ça tiens à peu de chose, elle est au bout de ton flingue, et quand tu la sollicite, tu lui demande de venir faire une ballade de santé au bout de ton canon, tu la vois presque en chair et en os s’approprier le paquet de graisse et d’eau que tu tenais en joue avant d’appuyer sur la gâchette.

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-         Tu m’expliques ? 

-         Quoi ? répondit-elle. 

-         Je t’ai déjà dit que je ne voulais pas voir ce mecton ici ! 

-         Eh, pourquoi ? Ou plutôt… Et pourquoi pas ? 

-         Parce qu’ici c’est comme ça ! Et que je vais te faire comprendre une bonne fois pour toutes… lança-t-il en levant sa main. 

C’est dans ces moments qu’elle excellait le mieux la môme Yo-yo, elle lui resservit une fois de plus ses yeux langoureux et ses chatoiements. En quelques secondes, sa main était retombée et s’était transformée en caresse. 

-         Tu vois, j'étais v'nu ce soir avec des fleurs pour te dire que j't'aime toujours. Mais avec c'que tu viens de me dire j'aurai du venir avec de la béchamel… 

-         Ba pourquoi ? 

-         Pour faire d'la morue à la portugaise.

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-         Tiens, au train où les mectons se font refiler, j’me dis que j’aurai dû écouter ma pauvre mère et rentrer chez Franchetti, le marbrier et Pompe funèbre de la rue du Pré. La distinction sur la carte de visite, l’élégance  dans l’costard et les horaires fixes, sans oublier les congés payés ! Une vraie vie de bureaucrate en fait, à passer sa journée à ouvrir et fermer des tiroirs, sauf  que chez Franchetti contrairement à la sécu, ce n’est pas des dossiers qu’on met au frais, mais des macchabées…

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-         Tu vois Franceschi, je te présente Émile petite patte, un virtuose, que dis-je…Un troubadour de la rue de la graine… Un type qui passait ses nuits sur une estrade avec quelques complices à branler des boutons sur un piano à bretelles pour faire danser la ménagère qui venait chaque fin de semaine s’acoquiner sur la piste de danse.

-         Eh oui, commissaire, répondit Emile, on commence par danser du musette chez Emile et on finit par la danse du ventre à Tyr, dans la Mouhafazah du Sud-Liban, pour aguicher les touristes venus se plonger dans la grande tradition du Moyen orient. 

-          Une vieille connaissance de nos services, un ami sincère… en quelque sorte… N’est-ce pas Émile ? assura Le Goffic en posant l’une de ses mains sur l’épaule de l’homme.

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Posté par michelbenoit à 10:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]