Le Blog de Michel Benoit

02 juillet 2016

Le Tour de France 2016 sur le départ !

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La 103ème édition du Tour de France verra s’élancer demain, du Mont-Saint-Michel, 198 coureurs cyclistes. Le parcours, qui s’achèvera le 24 juillet, comprend cette année 21 étapes pour une distance totale de 3519 kms. Cinq formations françaises seront sur la ligne de départ. Comme pour les années précédentes, les coureurs français auront forte affaire au cours de cette compétition riche en émotion et en rebondissements.
Réussir un départ du Tour c'est ne pas se laisser déborder par la marée montante du peloton ou s'enliser dans les sables du Mont-Saint-Michel comme ce pourrait être le cas aujourd'hui.
Cette première étape longue de 188 kms sera propice aux sprinters qui ne manqueront pas de se donner en spectacle et qui, à l’image de Du Guesclin, ne devraient pas manquer de franchir la ligne d’arrivée heaumes contre heaumes en espérant que ce combat des « roulants » ne leur fera pas perdre la tête et ne favorisera pas les chutes qui pourraient venir gâcher la fête, comme ce fut le cas lors du tour précédent.
Car on l’avait bien cru habité par un esprit frappeur ce tour 2015, avec un maillot jaune paraissant maudit au point que personne ne veuille l’endosser par peur de chuter comme ceux qui l'avaient revêtu auparavant, d’être blessé et ne pas pouvoir prendre le départ de la nouvelle étape.
Les leaders d’équipes prestigieuses tels que Bardet, Pinot Quintana ou encore Nibali et Gallopin sans oublier le maillot jaune 2015 Chris Froome devraient veiller au grain. Mais le fameux gorille de Rostock, André Greipel, l’allemand au solide gabarit, profiterait bien de cette étape sur mesure pour prendre le large et endosser le premier maillot jaune 2016.
Ainsi, si tout se passe bien, ce ne sont pas moins de 198 coureurs qui débarqueront sur Utah Beach avant de se diriger sur St Lo où ils pourront goûter à un premier repos réparateur histoire de prendre des forces pour se rendre à Cherbourg...
Mais ceci est une autre histoire..
Michel Benoit

 

 

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28 juin 2016

Bob Morane et L'idole Viking de Brice Tarvel.

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Brice Tarvel Vient de publier le 27 avril son sixième roman inscrit dans la série très prestigieuse des Bob Morane et intitulé l'Idole Viking. Ecrire et poursuivre les aventures de Bob Morane après son créateur le célèbre écrivain belge Henri Vernes, ce n'est pas rien ! Brice Travel est né à Reims et réside toujours dans cette ville. L’action de certains de ses romans ou nouvelles se situe d’ailleurs dans la Cité des Sacres ou aux environs, quand il ne vous entraîne pas dans une dimension parallèle ou sur Pluton. Possédé dès le plus jeune âge par la passion de lire et d’écrire, abordant tous les genres ou presque, il a publié de nombreuses nouvelles dans divers magazines et anthologies.

Durant une quinzaine d’années, il écrit des scénarios de bandes dessinées, dont les séries Sylve (Éditions Arboris), Mortepierre, Florie – les contes de Mortepierre, Les Traîne-ténèbres (Soleil Productions), Les aventures de Boogy et Rana (Éditions Joker). Certains albums seront traduits en plusieurs langues et l’un d’eux,L’étang qui rétrécissait, obtiendra l’Alph-Art Jeunesse à Angoulême en 1997.

Parallèlement, il est l’auteur de livres illustrés pour enfants et, sous le pseudonyme de François Sarkel, a écrit cinq romans pour différentes collections des Éditions Fleuve Noir (Dépression, La chair sous les ongles, Silence rouge, La vallée truquée, Les chasseurs de chimères), ainsi que Destination cauchemar pour les Éditions Black Coat Press, collection Rivière Blanche. Outre des participations à des anthologies, Malpertuis tomes 1 et 2Les mondes de Masterton, Dimension compagnie des glaces, Riposte apo, Rétro fictions, Légendes d’Afrique, la liste s’allonge avec Le bal des iguanes (un thriller), Éditions Lune Écarlate, Le démon du grenier et Le château des somnambules(romans jeunesse), Éditions Les Lucioles.

S’ajoutent à cela Les dossiers secrets de Harry Dickson, tomes 1, 2, 3, et 4 aux Éditions Malpertuis, ainsi que les enquêtes de Nuz Sombrelieu, parutions en fascicules à l’ancienne édités par Le Carnoplaste, dont les deux premiers opus, Les prisonnières du silence et La nuit sinueuse permettent de faire la connaissance d’un détective cul-de-jatte dans la France des années 20. Signalons encore, L’Or et la Toiseaux Éditions Mnémos, premier tome de Ceux des eaux mortes, roman de fantasy qualifié par certains de rabelaisien, suivi la même année du tome 2, Au large des vivants.

Le sombre roman de SF Dépression devrait être réédité prochainement aux Éditions Lune Écarlate et, en bande dessinée, avec La Maison borgne, une nouvelle aventure inédite de Harry Dickson est disponible depuis quelque temps aux Éditions Grand West/Pascal Galodé Éditeurs.

Il convient de ne pas oublier pour autant les récentes parutions de La Forteresse des nuages, Le Murmure des ombres et Brutux, trois aventures de Bob Morane, auxquelles viendront s’ajouter bientôt d’autres récits mettant en scène le célèbre héros d’Henri Vernes sous le label des Éditions Ananké. Toutes dernières sorties : Charogne tango chez Trash Éditions, ainsi que Pluie de plomb sur Pluton au Carnoplaste.

Pour en savoir plus sur Brice Tarvel : bricetarvel.canalblog.com

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27 juin 2016

Les grandes rencontres de l'Histoire. Robespierre intime.

2 Robesspierre chez lui ( anonyme)

La rue Saint-honoré est calme en ce début juin 1794. Les parisiens se reposent d’une journée historique et harassante vécue hier, ancien jour de la pentecôte, où une grande cérémonie a été organisée à deux pas d’ici, au Champ de Mars. Quatre cent mille personnes étaient venues en l’honneur de la fête de l’Être suprême. Comme hier, le thermomètre indique 18 degrés, il fait beau et sec, bien qu’un peu frais.  Je m’arrête devant le numéro 366, face au porche amenant dans une cour où des ouvriers menuisiers s’affairent sur une poutre imposante. Le bruit des rabots couvre les conversations de ces hommes, revêtus d’une carmagnole. Au fond, la maison du propriétaire, le menuisier Duplay. C’est là que Maximilien Robespierre se sentant menacé, s’était réfugié le soir du 17 juillet 1791. Maurice Duplay lui avait proposé de l’héberger. Un hébergement provisoire qui était devenu définitif.

Un homme vient vers moi. Il a une trentaine d’année et porte un bonnet phrygien. Il se présente : Léopold Nicolas, imprimeur au tribunal révolutionnaire où il est également juré. Il me demande ce que je veux. Au loin, une jeune femme veille sur le devant de la porte de la maison d’habitation familiale. Elle se rapproche. Je lui annonce que je viens rendre visite à Maximilien Robespierre. L’homme me fouille tandis que la jeune femme me regarde attentivement. Un homme d’une cinquantaine d’année, Maurice Duplay certainement, l’appelle :

- Eléonore ? Que se passe-t-il ?

Le bruit des rabots s’arrête. Tous les ouvriers écoutent à présent.

- Un citoyen vient rendre visite à Maximilien !

Maurice Duplay me regarde. Il m’a déjà aperçu plusieurs fois dans les tribunes où siège la Convention.

- C’est d’accord… poursuit l’homme en dégageant un grand sourire.

La jeune femme de la maison répondant au prénom d’Eléonore m’entraîne alors dans un petit escalier en bois, grâce auquel on peut aller vers les chambres des parents et des filles de la maison d’un côté, et de l’autre vers d’autres pièces en enfilade. Eléonore frappe à la porte de l’une d’elle timidement. Puis, elle tourne légèrement la poignée de la porte qui s’entrouvre et me laisse entrer dans une pièce exiguë de deux mètres de large au plus, éclairée par une étroite fenêtre donnant sur la cour. Un lit est dressé dans une petite alcôve. Robespierre est assis à son bureau, entouré de livres dont il prend référence ; le contrat social et l’Emile de Rousseau. C’est tout juste si le conventionnel me regarde, beaucoup trop occupé à rédiger un discours qu’il lira ce soir au Club des Jacobins qui est à deux pas d’ici. Je m’hasarde à lui poser une première question :

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- Que pensez-vous de la situation aux armées ? La guerre a entraîné la terreur et cette dernière, la crainte du gouvernement révolutionnaire… Êtes-vous toujours partisan d’une armée dont le seul objectif serait de défendre nos frontières ?

- La plus extravagante idée qui peut naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à mains armées chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés…répondit-il avec une grande assurance.

Je poursuis :

- Ne craignez-vous pas qu’un jour et fort de nos victoires, un coup d’état militaire vienne mettre un terme à la révolution ?

Robespierre semble réfléchir un instant !

- Le pire de tous les desspotismes, c'est le gouvernement militaire.

Je sens Robespierre tendu. Sa peau est blanche, d’une blancheur livide. La porte de la chambre vient de se refermer. J’entends le pas de la jeune femme redescendre l’escalier en colimaçon.

Robespierre entame alors un long monologue…

  • Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu, sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier, qu'une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie.

 

  • Vous apparaissez à ce jour comme l’unique défenseur du peuple depuis que vos ennemis Dantonistes et Hébertistes aient été confondus…

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Robespierre se raidit tout à coup :

  • D'abord, apprenez que je ne suis point le défenseur du peuple; jamais je n'ai prétendu à ce titre fastueux; je suis du peuple, je n'ai jamais été que cela, je ne veux être que cela, je méprise quiconque à la prétention d'être quelque chose de plus.

Cette réponse n’appelle pas d’autres questions sur le sujet. Pourtant je tente une question à laquelle il ne s’attendait pas :

  • Pensez-vous que le peuple vous ait soutenu lors de l’arrestation et du procès de Danton ?

 

Après un léger temps d’arrêt, il me lance, passablement irrité :

- Ce qu'on a dit de Danton ne pouvait-il pas s'appliquer à Brissot, à Pétion, à Chabot, à Hébert même, et à tant d'autres qui ont rempli la France du bruit fastueux de leur patriotisme trompeur? Quel privilège aurait-il donc? En quoi Danton est-il supérieur à ses collègues, à Chabot, à Fabre d'Églantine, son ami et son confident, dont il a été l'ardent défenseur? en quoi est-il supérieur à ses concitoyens? Est-ce parce que quelques individus trompés, et d'autres qui ne l'étaient pas, se sont groupés autour de lui pour marcher à sa suite à la fortune et au pouvoir? Plus il a trompé les patriotes qui avaient eu confiance en lui, plus il doit éprouver la sévérité des amis de la liberté.

 

  • Vous persistez à penser qu’un comité de clémence aurait été néfaste à La Nation ?

 

  • La clémence qui compose avec la tyrannie est barbare !

 

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Il arrête soudain d’écrire et glisse sa main sous le bureau. J’entends un doux grognement raisonner dans la petite pièce. C’est celui de Brount, le chien de Maximilien. Tout à l’heure, il l’emmènera se promener sur les chemins fleuris des Champs Elysées, juste avant la séance des Jacobins. Mais l’homme est maintenant en confiance et poursuit :

- La vertu produit le bonheur comme le soleil la lumière, car la royauté est anéantie, la noblesse et le clergé ont disparu, le règne de l'égalité commence.

Je profite de cette allusion pour parler de la royauté :

  • Lors des débats sur le jugement de Capet j’avais déclaré : « Louis doit mourir parce qu'il faut que la patrie vive » j’aurai pu ajouter que : « l'assemblée a été entraînée à son insu loin de la véritable question. Il n'y a point ici de procès à faire; Louis n'est point un accusé. Vous n'êtes point des juges. Vous êtes, vous ne pouvez être que des hommes d’État et les représentants de la nation. Vous n'avez pas une sentence à rendre pour ou contre un homme mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer. »

Certes on ne peut être plus clair. On frappe à la porte. Une femme assez âgée tend le cou à travers l’entrebâillement de la porte. C’est certainement madame Duplay mère qui vient s’assurer que tout se déroule bien. Robespierre est bien gardé. Sais-t-il à cet instant que son plus grand danger lui vient de lui-même ?

  • Vous venez de faire revenir un certain nombre de représentants en mission à Paris afin qu’ils s’expliquent sur leurs exactions. Parmi eux il y a des députés comme Fouché, Tallien, Carrier…
  • Je suis fait pour combattre le crime et non pour le gouverner !

Puis il ajoute en se levant tout en agitant une main longue et fine :

  • La force peut renverser un trône ; la sagesse seule peut fonder une république. Démêlez les pièges continuels de nos ennemis ; soyez révolutionnaires et politiques ; soyez terribles aux méchants et secourables aux malheureux ; fuyez à la fois le cruel modérantisme et l'exagération systématique des faux patriotes : soyez digne du peuple que vous représentez ; le peuple hait tous les excès ; il ne veut ni être trompé ni être protégé, il veut qu'on le défende en l'honorant.

 

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L’homme qui est face à moi est fatigué. Il ôte ses lorgnons et les essuie avec une peau de chamois. A l’extérieur, les voix se sont tuent et le bruit des instruments employés par les ouvriers menuisiers également. Il se verse un verre d’eau et racle sa gorge à plusieurs reprises. Hier, la Convention et Maximilien Robespierre, s’étaient rendus autour du bassin rond du jardin des Tuileries. On y avait élevé le symbole de l’Athéisme représenté par un monstre. Robespierre, portant son habit bleu et l’écharpe tricolore de représentant de la Nation, tenant un bouquet de fleurs et d’épis à la main avait précédé le cortège des députés de l’assemblée nationale jusqu’au Champ-de Mars où l’hymne à l’Être suprême avait été chanté par la foule.

  • Parmi les députés présents à la fête de l’Être suprême, certains se sont moqués de la cérémonie, allant jusqu’à refuser de marcher au pas comme l’avait indiqué le peintre David, grand maître de la fête. Ne pensez-vous pas que ce culte,  loin de créer l'unité morale entre les révolutionnaires, risque de susciter une crise politique au sein du gouvernement.

 

Robespierre, joint ses deux mains et déclare :

 

  • L'idée de l'Être Suprême et de l'immortalité de l'âme est un rappel continuel à la justice elle est donc sociale et républicaine.
  • Pensez-vous triompher des méchants et vaincre la corruption ?

Le tribun se lève, je sais qu’il souhaite écourter notre conversation à présent. Il me regarde et me confie d’une voix faible et aigue :

 

  • La ligue des méchants est tellement forte, que je ne puis pas espérer de lui échapper. Je succombe sans regret, je vous laisse ma mémoire elle vous sera chère et vous la défendrez. Il est plus facile de nous ôter la vie que de triompher de nos principes… 

Puis, d’un ton ferme n’appelant aucun autre commentaire :

 

  • La mort est le commencement de l’immortalité ! 

L’homme s’est de nouveau assis, il a repris l’écriture de son discours d’une plume habile. Je quitte la petite chambre en le regardant une dernière fois. Je remarque qu’il est fidèle à sa réputation et qu’il s’est fait poudrer sa perruque, comme tous les matins : son seul luxe et sa dernière passerelle envers l’ancien régime. Léopold Nicolas m’attend en bas de l’escalier en colimaçon donnant vers la cour. J’entends des voix tout près et croise un homme qui se véhicule à l’aide d’une drôle de machine, c’est le député Couthon, paralytique… Près de lui, un grand jeune homme au teint pâle, d’une extrême élégance, l’accompagne vers la maison d’habitation des Duplay. C’est Saint-Just. Je regarde la fenêtre de Robespierre donnant sur la cour. Il est debout, rideau écarté, près de lui Eléonore, la jeune femme de la maison, qui me fusille du regard… Son père, Maurice Duplay me raccompagne et referme le porche. Dans un peu plus d’un mois, on jettera des sceaux de sang sur les murs de la maison du menuisier alors que Robespierre effectuera son dernier voyage, rue Saint-honoré, pour rejoindre la place de la Révolution où l’attend la guillotine. Dans un mois, la corruption aura eu raison de la vertu et laissera sa place, dans quelques temps, à la dictature d’un jeune général corse qui embrasera le monde…

 

Michel Benoit

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13 juin 2016

Les grandes rencontres de l'Histoire. Anatole Deibler, le passant d'Auteuil.

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La Machine à remonter l'Histoire: Anatole Deibler, le passant d’Auteuil.

Avec la rencontre avec Anatole Deibler, je poursuis cette série de rencontres, débutées dans le magasine " Les grandes affaires de l'Histoire " et brutalement interrompu il y a peu de temps. En lisant ces chroniques, en vous glissant à l'époque de ces personnages célèbres que je vous propose de rencontrer régulièrement, je vous emmène avec moi dans un autre monde grâce à ma machine à remonter l'Histoire pour vous faire partager la vie, les habitudes, les pensées des plus grands personnages historiques.

Anatole Deibler ne fut pas un bourreau comme les autres. Il officia 47 ans et coupa 395 têtes sous la IIIème République.

 

La maison de la Villa Dufresne.

 La petite impasse est étroite, bordée de maisons imposantes, tantôt entourées de murs et tantôt de hautes grilles, rehaussant de bas murets. La voie est recouverte de cailloux blancs, mais l’herbe tente de reprendre ses droits et vient envahir les dalles posées au milieu de l’allée.  Ici, bien qu’à quelques centaines de mètres de la porte d’Auteuil, tout sent la province. Je m’arrête au numéro 12 de la petite voie privée et aperçois loin derrière la grille noire qui clôture la petite propriété, une maison belle bourgeoise. C’est la Villa Dufresne, la demeure familiale des Deibler, bien qu’aucun signe n’y fasse allusion. Dans la cour, un acacia disperse ses feuilles sur l’allée menant au perron. Un homme vient m’ouvrir. Un petit homme à la barbiche blanche, portant béret. Ses vêtements simples lui donnent l’allure d’un bon grand-père. Sa taille est courte, ses épaules solides ; c’est une force de la nature. Il me toise d’un regard perçant. Ses yeux, bleus clairs, me dévisagent comme s’ils évaluaient en quelques secondes ma taille et mon poids. Un frisson me parcours, un gène que j’ai du mal à dissimuler. L’homme s’en rend compte et me propose d’entrée chez lui. Aucun doute n’est possible, je suis bien en présence d’Anatole Deibler.

La salle à manger est étroite, sur meublée. Je prends place sur une chaise cannelée. Près de moi, de nombreux cadres de photos souvenirs sont disposés sur un grand buffet Henri II. Ici, le feuilleton d’une vie y est résumé en un clin d’œil. On y voit, entre autre, Rosalie Deibler, son épouse et Marcelle, leur fille, posant sur la plage de Royan.

J’ai préparé un grand nombre de question mais c’est lui qui prend l’initiative de la conversation.

-         Vous voyez, j’ai des passions ! La photographie en est une. Ma fille Marcelle en est une autre. Elle seule arrive à me consoler de la disparition de son frère, le petit Roger, à l’âge de deux mois, mort d’une maladie infantile. Alors, le jeudi, alors que Rosalie allait faire son marché, avenue de Versailles, et qu’elle marchandait le prix des poireaux, j’emmenais ma fille sur les manèges à chevaux de bois de la porte d’Auteuil et surveillais les tours de piste en écoutant l’orgue de Barbarie.

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Les premiers pas dansle métier

J’aperçois un chien, assis entre la cuisine et la pièce où nous sommes.

-         C’est Rip-Rip, mon bon griffon noir, nous sommes inséparable… C’est avec lui que j’aime à me promener le soir sur les berges de la Seine. Me dit-il amusé, mais je suppose que c’est l’exécuteur que vous êtes venu voir ?

-         Effectivement… Il est connu de tous que vous ne travaillez qu’en famille ?

-         Tout à fait, on n’est jamais mieux servi que par les siens, c’est pourquoi mes aides sont mes beaux frères Louis et Eugène Rogis, entre autres, sans oublier mon neveu le jeune Obrecht qui est très prometteur

-         Vous exercez ce métier depuis longtemps…

-         Oui, j’ai débuté ma vie professionnelle comme vendeur en confection, et puis un jour, je venais d’avoir dix-neuf ans, c’était un 30 mars et habitions rue Vicq d’Azir, mon père Louis Deibler, bourreau de France, m’annonça : «  J’ai reçu tout à l’heure ma réquisition pour un nommé Lantz, un parricide. C’est pour demain matin. Et cette fois, je t’emmène, je souhaite qu’au moins tu viennes voir. Je te réveillerai vers minuit. Va dormir ! » C’était ma première tête en tant qu’aide.

Je regarde Anatole, son regard semble triste. Il poursuit :

-         C’est Joseph, mon grand-père qui avait renoué avec la tradition ancestrale en acceptant la vacance de l’un des aides du bourreau de Dijon. Louis, mon père, devait lui succéder. Je n’avais guère envie d’entrer dans «  la carrière » et le service militaire pouvait me servir d’échappatoire, bien qu’exempt de cette obligation de par la fonction de mon père. Mais voyez-vous, je savais que je ne pouvais échapper à mon destin et je cédais en m’embarquant pour Alger où je devenais bourreau aux côtés de mon grand-père maternel. Je devais y rester six ans !

À l’autre bout de la pièce, mon regard croise un petit bureau où sont déposés des carnets reliés. L’ordre règne dans cette maison à l’image de l’homme qui est assis face à moi. Au mur, un calendrier est accroché où sont apposées quelques annotations : c’est l’itinéraire des prochaines vacances à la Baule. On s’y rendra avec la Panhard flambante neuve qui ne dépasse guère les 50 kms/heure. C’est aussi l’organisation des voyages professionnels, les horaires du Chemin de fer, les départs, arrivés, les réservations d’hôtel, car Deibler aime avoir la précision d’un chirurgien et se comporter en bon greffier.

-         À regarder vos notes, j’ai l’impression que rien n’est laissé au hasard…

-         Tout à fait, me répond l’homme d’un ton paternel, mais ne vous trompez pas, je ne suis pas un fonctionnaire zélé, mais un simple contractuel. L’organisation est importante pour répondre en temps et heure aux exigences du ministère de la Justice dont je dépends. Voyez-vous, bien que l’on me surnomme Monsieur de Paris, il m’arrive de parcourir un véritable tour de France pour couper quatre ou cinq têtes à la suite…

Souvenirs de voyage.

Sur une armoire, deux grands sacs de cuir dépassent légèrement de la casquette. Ce sont sans doute des sacs de voyage que Deibler utilise régulièrement et une question me vient à l’esprit :

-         Comment se compose votre emploi du temps lorsque vous partez en mission professionnelle ?

-         Mes aides et moi restons groupés, dernièrement nous étions de passage à Rennes et avons visité les vieux quartiers avec ses maisons typiques, puis nous avons été déjeuné et avons fait un excellent repas, car en Bretagne, il n’y a pas que les crêpes et le cidre !

-         Sauf votre respect, on pourrait penser que vous vivez comme un rentier ?

-         Un rentier qui doit couper parfois trois têtes en trente secondes… Ne croyez pas tout ceci, il faut surveiller « la bécane », se coucher de bonne heure, se lever, arriver avec le fourgon devant la prison, monter la guillotine devant la porte de la maison d’arrêt sans faire de bruit et sonner, très précisément vingt minutes avant le lever du jour, à la porte de l’administration pénitentiaire  pour prendre en charge le condamné comme le veut la loi.

Nous nous sommes levés, j’aperçois par la fenêtre, Rosalie jetant à la volée des graines aux poules et aux canards qui sont au fond du terrain. Anatole pose la main sur l’un des carnets déposés sur le bureau.

-         Je ne sais pourquoi je note tout ceci… Peut-être pour me disculper d’un éventuel sentiment de culpabilité que je n’aurai sans doute jamais ! Mais pourtant ma main ne tremble pas ! Dans ceci, poursuit-il, je relate les derniers instants, les dernières paroles des condamnés, pour la postérité…

-         Justement à ce propos, avez-vous déjà douté de la culpabilité de ceux que vous avez exécutés ?

-         Je n’ai aucun scrupule religieux, ni de cas de conscience, les « savants spécialistes » ayant parlé, il ne reste qu’à mettre en œuvre et exécuter.

-         Au fur et à mesure des exécutions, vous êtes devenu un homme populaire Anatole Deibler, il est vrai que toute la France connaît le nom de Deibler ! Votre nom, à l’image de la famille Sanson, semble demeurer éternellement attaché à l’instrument que vous utilisez : la guillotine…

-         Pourtant cette réputation je la dois autant à l’image que je porte qu’à la publicité qui m’en est faite par les petits truands, les assassins, les « Apaches » qui règnent sur les fortifications aux limites de la Capitale et des banlieues. C’est également le cas en province où mon nom fait peur.

-         On vous met en chanson et il n’est pas rare d’écouter la complainte de la Veuve à la terrasse d’un café ou dans le fond d’une cour d’immeuble, fredonnée par des chanteurs à l’image de la grande Damia ?

Anatole semble réfléchir quelques instants. Puis, l’œil pétillant se met à murmurer :

« Voici venir son prétendu,

Sous le porche de la Roquette,

Appelant le mâle attendu,

La Veuve à lui semble coquette,

Pendant que la foule autour d’eux,

Regarde frissonnante et pâle,

Dans un accouplement hideux,

L’homme crache son dernier râle,

Car ses amants claquant du bec,

Tués dès la première épreuve,

Ne couchent qu’une fois avec la Veuve… »

 

Devant mon étonnement, il s’arrête soudain :

-         Mais rassurez-vous, elle n’est pas ici la Veuve…elle est dans un hangar, au 60 bis de la rue de la Folie Regnault où elle se repose et cuve son sang !

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Une exécution ne dure pas « trente secondes », mais trois !

L’homme a de l’humour, c’est le moins qu’on puisse dire. Ainsi, par le meilleur des hasards, je découvre deux Deibler : l’un petit-bourgeois, aimant le luxe, l’automobile, la photographie, une vie paisible, entouré de son chien, de ses animaux de basse-cour qu’il refuse de tuer et l’autre, l’homme rigoureux, zélé, organisé, discret à souhait, mais sans aucun scrupule, partisan farouche de la loi et de l’ordre établi, mettant sa main armée au service de l’état, une main vengeresse qui a le privilège d’avoir le droit officiel de tuer.

Je sais que notre conversation va bientôt s’achever et je me permets de poser quelques questions supplémentaires :

-         Pensez-vous avoir contribué à la diminution de la souffrance des condamnés que vous avez exécutés ?

-         Oui, tout à fait dit-il d’un air fier, durant des années on savonnait les Rainures de bois dans lesquelles glissaient les flancs du « mouton ». Il y avait des ratés… On s’employa à les garnir de cuivre. J’y ajoutai des roulettes latérales afin que la descente soit rapide et sans frein. Ensuite, en bout de course et après que la tête ait été tranchée, le couperet restait libre, mais les extrémités du « mouton » venaient buter sur des boudins de cuir, puis de caoutchouc. J’y ai ajouté des ressorts placés au bout de chaque rainure latérale qui amortissent le choc.

-         D’autres choses ?

-         Et puis, bien sûr, ma grande idée, précise-t-il avec une grande fierté, l’ensemble mouton- couperet est retenu par une flèche d’acier engagée dans l’énorme pince. Il suffit par un système de tringles d’écarter ces ressorts, la pince s’ouvre, la flèche n’étant plus maintenue tombe alors avec le couperet ! Vous voyez !

Anatole Deibler se lève. Je regarde ses mains. Elles sont charnues. Ses doigts sont petits et boudinés. Nous sortons sur le perron. Madame Deibler est revenue du marché. Demain, c’est Anatole qui fera la cuisine, car demain, comme tous les dimanches, le couple Deibler reçoit des amis, les proches, les Rogis, les Defourneaux, les troisièmes aides, Martin, peut-être Sablin et le neveu de la famille, le préféré d’Anatole, Obrecht, l’amoureux transit de Marcelle, bien que ces deux-là soit cousin. Au point du jour, Anatole s’enfermera dès le petit matin pour concocter à ses amis un pot au feu dont il a le secret. Tout ce petit monde parlera vacances, à Royan, à la Baule… On plaisantera sur le nom qu’on empruntera pour changer de patronyme afin de déjouer la curiosité des journalistes…

Le petit homme est venu avec moi jusqu’à la grille de fer forgé. J’aperçois sa femme qui guette à la fenêtre de la cuisine. Je remercie le vieil homme et m’engage sur la voie lorsqu’Anatole m’interpelle. Ce n’est pas le petit bourgeois discret qui s’adresse à moi une dernière fois, mais l’homme autoritaire, le chef de meute, qui ne s’en laisse pas compter :

-         Juste quelques précisions avant de vous quitter : Je n’ai jamais été fonctionnaire malgré mes demandes et mon insistance, mais un contractuel ! Une exécution ne dure pas « trente secondes », mais trois ! Et mon rôle ne se réduit pas à peser sur le déclic comme beaucoup peuvent le penser, mais je suis responsable des exécutions et j’ai coupé plus de trois cent cinquante têtes à ce jour…

Je n’ai pas le temps de répondre. L’homme a disparu derrière les hautes grilles noires protégeant la villa des curieux. Je ne le reverrai pas, bien que ce vieil homme sans âge qui vient de fêter ses soixante-dix ans paraisse d’une solidité à toute épreuve. Je m’étonne encore d’avoir eu accès à l’intimité de l’un des derniers bourreaux de la République, mais déjà le canon gronde en Europe et la condition de vie d’un exécuteur des hautes œuvres et de ses futures victimes n’est plus dans l’urgence de l’actualité. Car l’avenir s’annonce sombre, et une question me vient à l’esprit : que pèseront demain, les trois cent cinquante têtes coupées par Anatole Deibler face aux horreurs d’une guerre qui comptera plus de six millions de morts.

Michel Benoit

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25 mai 2016

Quelques nouvelles d'un scribe à ses lecteurs et amis. N°5

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Je poursuis par cette petite lettre, qui vous est destinée, un bulletin que je souhaite informatif et qui vous fait part de l'avancée de mes projets, en sachant bien entendu, que ce bulletin n'existe que grâce à vous, lectrices et lecteurs.

Ce premier trimestre 2016 fut l’occasion de la sortie nationale d’un ouvrage historique édité par Eyrolles : « Les morts mystérieuses de l’histoire » et de trois nouvelles enquêtes du commissaire Merle : Vendanges mortelles, Fleur de gare et La nuit du pénitent, édités sous le titre Merle voit rouge par les éditions de Borée.


Le commissaire Merle se porte bien pour tout vous dire. Les Éditions de Borée, tout récemment rachetées par le groupe Centre France La Montagne, souhaitant renouveler ses publications et créer une collection dédiée aux romans policiers, vont rééditer les quatre premiers romans des enquêtes du commissaire Merle dès le 22 septembre prochain sous le titre : Qui êtes-vous Merle ? Puis ce seront à l’automne 2017 la réédition des trois suivantes sous le nom de Rendez-vous avec Merle.


J’écris actuellement trois enquêtes du commissaire Merle qui devraient voir le jour à l’automne 2017 sous le titre : Rue des Boucheries. (clin d’œil aux puristes qui comprendront que cette rue n’est autre que l’adresse personnelle d’Augustin Merle) avec trois nouveaux titres dont l’évadé de Moulins et Merle et les « Bons enfants »
Ce printemps, je serai quelque part en France, Forcalquier, St Étienne les Orgues, Banon, Cosne-sur-Loire... dans les salons du livre ou bibliothèques et librairies, pour y donner des conférences et rencontrer mes lecteurs.
Comme l’an passé, avec l’association Lire à Saint-Pierre, nous préparerons le 2ème Salon du livre de Saint-Pierre-le-Moûtier qui aura lieu le 30 octobre 2016 et qui rassemblera plus d’une vingtaine d’auteurs venus de toute la France et qui auront le plaisir de vous présenter leurs ouvrages.
Cette année, c’est mon ami Michel Huvet, écrivain, homme de culture, ancien rédacteur en chef de la dépêche et ancien président de la Société des Auteurs de Bourgogne qui sera l’invité d’honneur du salon de Saint-Pierre.


Alors, vous voyez bien que tout va bien !...
Et s'il me faut une canne de temps à autre pour me déplacer, c'est tout naturellement pour traîner avec moi les kilos de projets que j’emmagasine chaque nuit dans mes pensées ou qui sortent tout droit de mes rêves.
A bientôt donc dans les maisons de la presse, librairies, salons et fêtes du livre, ou encore sur mon blog ou sur Facebook à mon adresse ou sur la page officielle du commissaire Merle !
Amicalement,
Michel Benoit

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23 mai 2016

Lettre d'une lectrice au commissaire Merle

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Une correspondance comme on en rêve lorsqu'on écrit et que je vous livre sans autre commentaire que celui de l'éternel remerciement pour cette échange magnifique. Merci !

Au Commissaire Merle,
 
Au-delà de l’intrigue ce sont des tranches de vie que j’ai partagé, des humanités que j’ai rencontré comme dans la vraie vie. Rien de fictif, de factice, une réalité criante du possible devenir de certains d’entre nous.
Les imbroglios qui concourent à multiplier les rebondissements où l’on perd parfois l’âme des personnages (ou tout bon ou tout méchant) font que je ne suis pas adepte des romans policiers ; comme à l’inverse quand on a la quasi-certitude dès le début du roman de connaître l’assassin qui, dans un ultime soubresaut n’en est pas un, tout au plus un être exécrable qui s’est trouvé au mauvais moment au mauvais endroit et qui doit son mauvais sort à un personnage sorti de nulle part. Je ferme le livre déçue ! Sans parler de ces inspecteurs ou commissaires d’une vulgarité sans précédent ou aux moeurs débridées. Chez Merle, rien de tout cela au contraire. Un espace-temps commun, des personnages attachants, ordinaires qui du fait de n’être que des hommes n’en sont pas pour autant dotés de faiblesses, comme tout un chacun, il en va de soi. Une banalité de la vie dans des situations de la vie courante. Ni mauvais, ni bons, les personnages sont ce qu’ils sont, des êtres humains. Tous différents et tous avec leur propre histoire, celle qui fait ce que nous sommes ou ce que nous devenons au travers des rencontres, des échanges qui nous font avancer ou au contraire vivre à travers le passé, celui que l’on ne voulait pas perdre parce qu’il semblait ne pas y avoir d’avenir plus radieux que l’instant présent, celui des regrets sans doute (celui peut-être de Muguette, dont aucun spécialiste ne parvient à déceler les causes de sa maladie et dont Merle n’est nullement responsable, puisqu’à mon sens chacun est responsable de soi). Elle incarne aussi pour moi une citation de Cioran « naître c’est déjà mourir ». Si ce personnage est loin d’être central de par ses rares apparitions dans les nouvelles, elle est, à ma lecture, le personnage central, celui qui relie tous les autres dans leurs faiblesses et leurs forces. Je devine qu’elle a été très forte avant, avant de vivre dans sa tête et plus parmi les hommes. Elle les suit de son silence. Elle est la complice de Merle, son alliée la plus fidèle et la plus fiable. De quoi tiendrait-il son instinct si ce n’est pour moi de cette relation très intime qu’il entretient avec elle ? D’ailleurs pourquoi ne parler que d’elle au présent et jamais de ce qu’elle fût (à moins que dans les autres nouvelles vous ne révéliez cet aspect de sa vie que je connais pas) ?
Ce n’est que mon point de vue, celui qui me réconcilie avec le genre policier dont Agatha Christie (et d’autres …) m’avait éloignée…. Je ne vois chez vous aucun lien avec ses enquêtes policières, mais des récits originaux, à plus d’un titre, écrits avec toute la simplicité et la justesse des mots qui font que je n’ai pas lâché le livre avant la fin, que je n’ai pas cherché à savoir qui était l’assassin, mais à faire la connaissance de chacun des personnages. Pas un ne domine l’autre, ne vole la vedette à l’autre et si Merle est celui qui résout les enquêtes il ne serait rien sans Muguette, Marchand et tous les personnages qui l’entourent. Une belle leçon d’humanisme. C’est aussi pourquoi Archimède, Muguette, la place Guy Coquille suffisent à mes yeux à la connaissance de ce personnage… les intervenants de chaque nouvelle, les lieux historiques qu’il parcourt au fil de ses enquêtes nous en apprennent à chaque fois un peu sur lui plus à dose homéopathique. Il faut rencontrer l’autre pour apprendre à le connaître. A chacun de nouer des relations et puis vous ne pouvez pas tout révéler de vous ! (à moins que je ne me trompe, mais c’est après un échange, des mots, que l’incarnation du personnage par son auteur m’a semblé une évidence….). Ne me répondez pas à ce sujet j’ai bien l’intention de lire les autres aventures du commissaire (et d’en savoir un peu plus) et d’acquérir quelques titres pour le Cdi du lycée dans lequel je travaille. L’accessibilité de la lecture, le genre littéraire et les intrigues devraient trouver son public auprès des élèves.
C’est en cela que j’aime lire, être ailleurs tout en étant proche du genre humain. Le plus grand bonheur est d’être entouré (ce n’est pas de moi mais de Matthieu Ricard). Les êtres des livres sont ceux que l’on peut croiser dans la vie ! Et leur vie est parfois moins chaotique que celle de certains de mes amis….
 
Des impressions, rien de plus en attendant de vous lire à nouveau,
Bien à vous,
Anne  correspondante de presse pour le JDC (depuis peu …)
 

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05 mai 2016

Merle voit rouge !

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Le 22 avril les éditions de Borée publiaient trois enquêtes inédites du commissaire Merle sous le titre Merle voit rouge. Trois enquêtes qui nous emmènent dans les vignes de Pouilly avec Vendanges mortelles, dans le quartier de la gare de Nevers avec Fleur de gare et dans les rues sombres et pavées de la Charité sur Loire avec la nuit du pénitent. On y retrouve un Augustin Merle en pleine forme pour enquêter sur des meurtres dont la réponse à l'énigme vous sera dévoilée qu'aux toutes dernières pages de ces récits. Ce nouvel opus publié en format poche n'a pas à rougir devant les sept autres enquêtes déjà éditées, les récits toujours plus intimistes ne cesse d'épaissir et Merle n'est pas près de prendre du repos. 

A l'occasion de la sortie de ce livre, l'auteur à souhaité revenir sur les lieux du crime, du moins pour l'une de ses enquêtes : Fleur de Gare. Un lancement parfait en présence de l'éditeur et des amis du commissaire Merle, accompagné musicalement par Fabio et son orgue de barbarie, le tout grâce à l'aimable autorisation du service de communication de la SNCF Bourgogne Franche Comté. 

En voici un extrait extirpé spécialement de Fleur des gares :

"Les deux hommes marchaient sur le ballast maintenant, évitant les rails, et s’éclairant chacun de leur lampe. La lumière accompagnait le rythme de leurs pas et semblait se balancer d’avant en arrière. Ils inspectèrent ainsi durant de longues minutes les voies de service, affectées aux manœuvres, les voies d’évitement permettant aux trains circulant à contre sens sur une voie unique de se croiser et les trois voies de garage affectées au stationnement du matériel roulant. Ils se trouvaient à l’opposé du hangar où travaillaient les mécaniciens. Lemoine heurta un objet qui, propulsé vers les rails, résonna dans la nuit et se brisa contre l’acier."

Cette sortie éditoriale donnera lieu à de nombreusess signatures en librairies, bibliothèques, Maisons de la presse et autres salons du livre.

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24 avril 2016

Hiroshima mon amour est née à Bucchenwald !

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Monsieur «  Jo » résistant nivernais.

Résistant de la toute première heure, Georges Girard, alias Monsieur Jo, devait connaître la torture, l’incarcération, la déportation et être, peut-être, à l’origine sans le vouloir, du chef d’œuvre d’Alain Reisnais, Hiroshima mon amour, scénarisé par Margueritte Duras, ancienne épouse de son compagnon de peine Robert Antelme.

Georges Girard, né à Paris le 22 mars 1903, habitait le faubourg de Mouesse à Nevers. Il avait été mis en pension dans la Nièvre, à Nevers, chez Madame Champaux qui exerçait la profession de nourrice. Enfant, il recevait de temps à autre, la visite de sa mère, Constance, une jolie femme, d’une grande élégance…on prétend qu’elle était employée de maison chez un fourreur parisien, et que ce dernier pouvait fort bien être son père.
Quelques années plus tard, le couple devait partir pour les États unis sans laisser d’adresse.
Ne recevant plus de visite, il est confié officiellement à l’assistance publique.
Comme tous les enfants dans sa situation, il est destiné à travailler dans les champs, mais il s’y refuse et à l’âge d’acquérir son indépendance financière, Georges va alors s’engager dans l’armée. Cette expérience, sera la cause de son antimilitarisme sans appel qui se conjuguera, d’ailleurs, avec un anticléricalisme tout aussi radical. Alors qu’il est question d’aller jouer des armes, lors de la guerre du Maroc, il se mutile pour y échapper en s’écrasant les doigts de la main avec un marteau, ce qui a pour conséquence de le rendre handicapé à vie.
Cet épisode montre sa force de caractère, force qui lui permettra de survivre, quelques années plus tard, durant sa captivité en Allemagne.
Il entre à la compagnie du Gaz et va s’intéresser vivement à la politique. Il se syndique et devient le secrétaire général régional de la CGT. À ce titre il rencontrera le futur ministre, Marcel Paul, qui est secrétaire général de la Fédération des services publics, hospitaliers, éclairage et force motrice (CGTU). Il s’oppose au parti communiste quand ce dernier se met à flirter avec Staline et intègre la SFIO.
Il se marie avec Irène Bonnamour, avec laquelle il aura deux enfants.
La guerre déclarée, Georges fait partie des premiers Mouessards (habitants du Mouesse, quartier populaire de Nevers) à avoir intégré un réseau de la résistance française. Pour lui ce sera l’O.C.M. (l’Organisation civile et militaire), l’un des huit mouvements qui constituèrent en mai 1943 le C.N.R. (Conseil National de la Résistance).
Il est connu des résistants sous le nom de « Jo ».
L’arrestation

Les Allemands sont sur leurs gardes, la Nièvre est classée en Zone rouge. La
Gestapo et les polices spéciales de Vichy arrêtent et torturent à l’École Normale de filles, boulevard Victor Hugo. Trente-deux résistants sont fusillés à Nevers, onze à Cosne. Albert Laragon, dit « Oncle Oscar », du mouvement « Vengeance » de Livry est arrêté le 16 janvier 1944, et sera déporté à Mauthausen. Julien Benevise, Commissaire de Police de Cosne, sera arrêté le 11 février 1944.

Georges Girard dit « Jo » est dénoncé à la Gestapo. Il aurait été prévenu de son arrestation quelque temps plus tôt, mais, souffrant d’une entorse, il reste chez lui et attend. Il est arrêté le 14/02/1944 à son domicile, Faubourg de Mouesse.
Les soldats veulent l’emmener et sa femme obtient qu’il puisse emmener des souliers. C’est sa fille qui, sous la menace d’un revolver, va les chercher à la cave de l’habitation. Elle en restera traumatisée toute sa vie.
Georges Girard est emmené au siège de la Gestapo à Nevers, au 2 rue Thévenot, puis au 24, rue Jeanne d’Arc, où il est interrogé et torturé durant 6 mois. Il est interné à la prison de Nevers, rue Félix Faure, aujourd’hui rue Paul Vaillant Couturier.
Selon une confidence faite à son fils peu avant sa mort : 
« Sa cellule aurait côtoyé celle d’un jeune résistant avec lequel il aurait communiqué en morse à l’insu de ses geôliers. Ainsi le jeune lui apprenait qu’il n’avait pas parlé, qu’il n’avait pas trahi et que l’ennemi ne savait pas quel était le rôle exact de «Georges Girard » dans la résistance. En un mot : « Jo, tu n’es pas Jo ! » En tout cas l’ennemi n’en savait rien. Georges Girard expliquera plus tard qu’au petit matin, il avait vu le jeune homme héroïque, s’en aller vers une mort certaine en compagnie de son cercueil et de ses assassins. »
Georges Girard, lui non plus, grand taiseux et dur à cuire devant l’éternel, pour la circonstance, ne parlera pas et personne, à part les résistants, ne pourra connaître son pseudonyme "Jo " !
Devant la poussée alliée et le développement des maquis, la Wehrmacht quitte Nevers en juillet et août 1944, se repliant lentement devant les forces alliées qui remontent du sud de la France... La Gestapo s’est débarrassée des prisonniers et les a transférés à Dijon, puis à Belfort où un train en partance pour Buchenwald est préparé. 

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En route pour Buchenwald, il prend le dernier train partant de France à Belfort.

Alors qu’à Nevers la libération est marquée par les fêtes et la liesse populaire, le train part de Belfort le 5/9/1944 avec Georges Girard et aussi ses camarades, André Michard de St Éloi, Emile Petitrenaud du maquis Julien et Emile Testard de Nevers, René Rousseau de Montsauche, Jean Thevenin et Jacques Petit de Cosne-sur-Loire et Louis Thevenot de Druy Parigny.
Le train est composé de 177 hommes et de 4 femmes.
Seulement 80 d’entre eux rentreront de déportation neuf mois plus tard. Les autres connaîtront une fin tragique. 174 sont français, mais il y a aussi deux Italiens, 1 américain, 2 Espagnols, 1 Hongrois et 1 Polonais parmi eux.
Arrivé à Buchenwald, on donne à Georges Girard le matricule 85173. Il devra l’apprendre par cœur en allemand si on lui en donne l’ordre sous peine d’être battu à mort par ses geôliers.
Il est ensuite affecté au Kommando Bad Gandersheim, situé à 80 km au sud-ouest de Brunswick, à peu de distance de Seesen et Münchehofe, et ce, dès le début du mois d'octobre 1944. Les détenus travaillent dans une usine, à la fabrication de carlingues d'avions Heinkel. Ils sont plus de 500 en janvier 1945.Ils sont logés dans une ancienne église désaffectée, à proximité de l’usine.
La rencontre et la marche de la mort.
Robert Antelme témoignera à ce propos : « Je rapporte ce que j’ai vécu. L’horreur n’y est pas gigantesque. Il n’y avait à Gandersheim ni chambre à gaz ni crématoire. L’horreur y est obscurité, manque absolu de repère, solitude, oppression incessante, anéantissement lent. Le ressort de notre lutte n’aura été que la revendication forcenée, et presque toujours elle-même solitaire, de rester, jusqu’au bout, des hommes. » 
Les détenus sont évacués de Bad Gandersheim à pied vers Bitterfeld, puis par train à Dachau.
C’est lors de l’évacuation et la marche forcée vers Bitterfeld, qu’il rencontre Robert Antelme. Alors que Georges Girard est d’allure imposante et robuste, Robert Antelme est malingre et fatigué. Les deux hommes savent que les trainards, lors des marches forcées, sont exécutés sans préavis par les gardes SS. Robert Antelme racontera la longue marche mortelle après l’évacuation du camp (les malades, à qui on promet l’hôpital, seront assassinés dans un bois) puis le train vers Dachau, et enfin, leur libération. Les soldats américains, gentils et respectueux, sont néanmoins incapables de comprendre ce qu’ils ont vécu – « effroyable », « inimaginable », il faudra se contenter de ces mots-là. 
Les deux hommes vont se lier d’amitié et Georges Girard va protéger Robert Antelme et l’aider à atteindre Bitterfeld. Dorénavant et à compter de ce jour, pour Robert, Georges sera “Jo”.
Robert Antelme écrira plus tard : “Il n'y a pas de différence de nature entre le régime "normal" d'exploitation de l'homme et celui des camps. Le camp est simplement l'image nette de l'enfer plus ou moins voilé dans lequel vivent encore tant de peuples »
Les deux hommes font connaissance. Robert est écrivain et poète. Il s’est marié en 1939 avec Margueritte Duras qui travaille alors pour une maison d'édition. Leur premier enfant, un garçon, meurt à la naissance en 1942. Tous deux entrent dans la résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens, Margueritte Duras réussit à s'échapper, aidée par Jacques Morland (nom de guerre de François Mitterrand), mais Robert Antelme est arrêté, emprisonné à Fresnes, puis envoyé à Buchenwald le 1er juin 1944.
Georges Girard sera libéré le 29 avril 1945 et envoyé immédiatement en sanatorium. Il y restera jusqu’en 1946.
Robert Antelme a plus de chance. François Mitterrand est devenu Secrétaire général aux Prisonniers, déportés et réfugiés PDR et accompagne le général Lewis comme représentant de la France pour la libération des camps de Kaufering et Dachau à la demande du général de Gaulle. C'est là, en compagnie de Pierre Bugeaud, qu'il découvre, « par un hasard providentiel », Robert Antelme, mari de son amie Marguerite Duras. Antelme est à l'agonie, atteint du typhus. Les mesures sanitaires interdisant de l'évacuer, il organise l'évasion de cet ancien membre de son réseau et le rapatrie en avion sanitaire jusqu’à Paris.
Margueritte Duras a tiré de cette époque hors norme un récit intitulé La Douleur.

 

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Nevers...retour à la maison.

Georges Girard, « Amaigri, perdu dans un costume gris- bleu, le regard lointain, il a été raccompagné dans son quartier par Monsieur Ozamon, son voisin,qui fait taxi et tient la station-service du mouesse ! »nous raconte sa petite fille.
Jaco, son fils à 22 ans en 1946 et nous l’avons rencontré, il demeure toujours au 125 faubourg de Mouesse à Nevers.
Effectivement, en sortant de ce qui restait de la gare défigurée par les bombardements, Georges Girard a contacté son voisin, Monsieur Ozamon. C’est lui qui viendra le cherché au volant de sa camionnette pour le ramener chez lui, parmi les siens...
Ne l'ayant absolument pas reconnu et, bouleversé par ce retour inattendu, il l'a accompagné jusqu'à l'impasse qui se trouve être en face de son magasin !
Puis, il a répandu très vite la nouvelle dans le quartier: " Monsieur Girard est de retour !"
Sa petite fille nous précise : « Lui, sans un mot, s'est dirigé vers " son chez lui ", a ouvert la porte de sa maison, se retrouvant face à sa femme, sa fille, pétrifiées devant ce mari, ce père revenu des camps de la mort !
Maman se souvient du cri de sa mère :" Georges !"
Dans les minutes qui ont suivi ce retour, le médecin, prévenu par les voisins, est arrivé précipitamment chez eux, ordonnant le repos et le calme ...
Les visites ont été interdites ! »

Duras, Antelme, Girard, et les autres…

C’est en se rendant en août 1947 à Paris, pour une réunion du CNR (comité national de la résistance) que Georges osera frapper à la porte de la demeure de Robert Antelme, alors marié avec Marguerite Duras.
« Profitant d'un court séjour à Paris, notre grand- père a eu envie de revoir Robert- Antelme.Marguerite Duras, dans un premier temps a fait barrage, mais quand le grand - père s'est présenté " jo ", elle a ouvert tout grand sa porte ...
Appartement grandiose, retrouvailles fraternelles !
Robert Antelme était couché dans sa chambre ...très, très fatigué ...ils sont restés seuls à l'abri des regards ! »
Robert Antelme vient de publier chez Gallimard son ouvrage : L’Espèce humaine. Le livre est dédié à Marie Louise, sa sœur morte en déportation. Robert Antelme y montre des déportés qui conservent leur conscience face aux "pires cruautés humaines". Les hommes qu'il décrit, réduits à l'état de "mangeurs d'épluchures", vivent dans le besoin obsédant, mais aussi dans la conscience de vivre.
Peu de temps auparavant, Robert Antelme avait fondé en 1945, avec Margueritte Duras, les éditions de la Cité universelle.
Hiroshima mon amour, né à Buchenwald ?

Robert Antelme divorce le 24 avril 1947. Duras épouse l’ami du couple, Dionys Mascolo, dont elle se sépare quelques années après. Jean leur fils naît le 30 juin 1947. Antelme et Duras devaient travailler encore ensemble. Lui, poursuivant un travail discret dans les milieux littéraires, collaborera aux Temps modernes et militera au Parti communiste français, dont il sera exclu en 1956, après la répression par les troupes du pacte de Varsovie de l'insurrection de Budapest. Pendant la guerre d'Algérie, il sera signataire du Manifeste des 121.

Ces années de retour de camps, Robert Antelme les a passés à se souvenir et à parler à ses proches, Margueritte Duras est de ceux-ci, de son amitié avec Georges Girard, nom de code de résistance « Jo », amitié qui était née d’une solidarité lui ayant permis d’éviter de périr au cours de la marche de la mort en direction de Bitterfeld.
Il lui a parlé de “Jo” certes, mais aussi de la ville où son ami habitait, Nevers. Margueritte Duras s’en serait souvenue certainement lorsqu’elle écrivit le scénario édité chez Gallimard “ Hiroshima mon amour” qui sera mis en image par Alain Reynais et où la ville de Nevers sera omniprésente.
On pourrait donc penser que Hiroshima mon amour serait né d’une amitié survenue entre deux déportés à Buchenwald, ou plutôt que le scénario, tel qu’on le connaît, n’aurait jamais existé si Robert Antelme n’avait pas rencontré Georges Girard à Buchenwald…
Idée farfelue, me direz-vous ? Peut-être, mais pourquoi pas… Les plus belles histoires ne viennent-elles pas de l’inconscient …et puis Hiroshima mon amour n’est-il pas un film dont le scénario est un large appel à la paix entre les peuples, comme l’avait été, quinze ans plus tôt, le serment prêté par les survivants du camp de Buchenwald, lesquels ayant pour idéal la construction d’un monde nouveau dans la paix et la liberté.
Georges Girard meurt des suites de ses maltraitances le 12 août 1949. Il est enterré au cimetière Jean Gautherin à Nevers. Son ami, Robert Antelme qui affirmait «  L'homme n'est rien d'autre qu'une résistance absolue, inentamable, à l'anéantissement » meurt le 26 octobre 1990.


Michel Benoit

* Les photographies de Georges Girard Collection personnelle

La photographie du camp de Bucchenwald Mémorial de la Shoa.

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21 avril 2016

L'Heure du crime.... Michel Benoit et Jacques Pradel sur RTL

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/marilyn-monroe-a-t-elle-ete-assassinee-7782879966

Voici le lien cconcernant l'émission réalisée autour de mon ouvrage Les Morts Mystérieuses de l'Hiistoire avec Jacques Pradel et plus particlulièrement où nous parlons du mystère de la mort de Maryline Monroe.

 

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15 avril 2016

Michel Benoit invité de Jacques Pradel sur RTL : L'Heure du crime !

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J'ai le plaisir de vous informer que je serai l'invité de Jacques Pardel sur RTL pour l'émission l'Heure du crime.

Nous parlerons principalement de la mort mystérieuse de Maryline Monroe à l'occasion de la sortie de mon nouveau livre : Les Morts Mystérieuses de l'Histoire.

LesMortsMysterieusesDeLhistoire

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