Le Blog de Michel Benoit

25 mai 2016

Quelques nouvelles d'un scribe à ses lecteurs et amis. N°5

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Je poursuis par cette petite lettre, qui vous est destinée, un bulletin que je souhaite informatif et qui vous fait part de l'avancée de mes projets, en sachant bien entendu, que ce bulletin n'existe que grâce à vous, lectrices et lecteurs.

Ce premier trimestre 2016 fut l’occasion de la sortie nationale d’un ouvrage historique édité par Eyrolles : « Les morts mystérieuses de l’histoire » et de trois nouvelles enquêtes du commissaire Merle : Vendanges mortelles, Fleur de gare et La nuit du pénitent, édités sous le titre Merle voit rouge par les éditions de Borée.


Le commissaire Merle se porte bien pour tout vous dire. Les Éditions de Borée, tout récemment rachetées par le groupe Centre France La Montagne, souhaitant renouveler ses publications et créer une collection dédiée aux romans policiers, vont rééditer les quatre premiers romans des enquêtes du commissaire Merle dès le 22 septembre prochain sous le titre : Qui êtes-vous Merle ? Puis ce seront à l’automne 2017 la réédition des trois suivantes sous le nom de Rendez-vous avec Merle.


J’écris actuellement trois enquêtes du commissaire Merle qui devraient voir le jour à l’automne 2017 sous le titre : Rue des Boucheries. (clin d’œil aux puristes qui comprendront que cette rue n’est autre que l’adresse personnelle d’Augustin Merle) avec trois nouveaux titres dont l’évadé de Moulins et Merle et les « Bons enfants »
Ce printemps, je serai quelque part en France, Forcalquier, St Étienne les Orgues, Banon, Cosne-sur-Loire... dans les salons du livre ou bibliothèques et librairies, pour y donner des conférences et rencontrer mes lecteurs.
Comme l’an passé, avec l’association Lire à Saint-Pierre, nous préparerons le 2ème Salon du livre de Saint-Pierre-le-Moûtier qui aura lieu le 30 octobre 2016 et qui rassemblera plus d’une vingtaine d’auteurs venus de toute la France et qui auront le plaisir de vous présenter leurs ouvrages.
Cette année, c’est mon ami Michel Huvet, écrivain, homme de culture, ancien rédacteur en chef de la dépêche et ancien président de la Société des Auteurs de Bourgogne qui sera l’invité d’honneur du salon de Saint-Pierre.


Alors, vous voyez bien que tout va bien !...
Et s'il me faut une canne de temps à autre pour me déplacer, c'est tout naturellement pour traîner avec moi les kilos de projets que j’emmagasine chaque nuit dans mes pensées ou qui sortent tout droit de mes rêves.
A bientôt donc dans les maisons de la presse, librairies, salons et fêtes du livre, ou encore sur mon blog ou sur Facebook à mon adresse ou sur la page officielle du commissaire Merle !
Amicalement,
Michel Benoit

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23 mai 2016

Lettre d'une lectrice au commissaire Merle

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Une correspondance comme on en rêve lorsqu'on écrit et que je vous livre sans autre commentaire que celui de l'éternel remerciement pour cette échange magnifique. Merci !

Au Commissaire Merle,
 
Au-delà de l’intrigue ce sont des tranches de vie que j’ai partagé, des humanités que j’ai rencontré comme dans la vraie vie. Rien de fictif, de factice, une réalité criante du possible devenir de certains d’entre nous.
Les imbroglios qui concourent à multiplier les rebondissements où l’on perd parfois l’âme des personnages (ou tout bon ou tout méchant) font que je ne suis pas adepte des romans policiers ; comme à l’inverse quand on a la quasi-certitude dès le début du roman de connaître l’assassin qui, dans un ultime soubresaut n’en est pas un, tout au plus un être exécrable qui s’est trouvé au mauvais moment au mauvais endroit et qui doit son mauvais sort à un personnage sorti de nulle part. Je ferme le livre déçue ! Sans parler de ces inspecteurs ou commissaires d’une vulgarité sans précédent ou aux moeurs débridées. Chez Merle, rien de tout cela au contraire. Un espace-temps commun, des personnages attachants, ordinaires qui du fait de n’être que des hommes n’en sont pas pour autant dotés de faiblesses, comme tout un chacun, il en va de soi. Une banalité de la vie dans des situations de la vie courante. Ni mauvais, ni bons, les personnages sont ce qu’ils sont, des êtres humains. Tous différents et tous avec leur propre histoire, celle qui fait ce que nous sommes ou ce que nous devenons au travers des rencontres, des échanges qui nous font avancer ou au contraire vivre à travers le passé, celui que l’on ne voulait pas perdre parce qu’il semblait ne pas y avoir d’avenir plus radieux que l’instant présent, celui des regrets sans doute (celui peut-être de Muguette, dont aucun spécialiste ne parvient à déceler les causes de sa maladie et dont Merle n’est nullement responsable, puisqu’à mon sens chacun est responsable de soi). Elle incarne aussi pour moi une citation de Cioran « naître c’est déjà mourir ». Si ce personnage est loin d’être central de par ses rares apparitions dans les nouvelles, elle est, à ma lecture, le personnage central, celui qui relie tous les autres dans leurs faiblesses et leurs forces. Je devine qu’elle a été très forte avant, avant de vivre dans sa tête et plus parmi les hommes. Elle les suit de son silence. Elle est la complice de Merle, son alliée la plus fidèle et la plus fiable. De quoi tiendrait-il son instinct si ce n’est pour moi de cette relation très intime qu’il entretient avec elle ? D’ailleurs pourquoi ne parler que d’elle au présent et jamais de ce qu’elle fût (à moins que dans les autres nouvelles vous ne révéliez cet aspect de sa vie que je connais pas) ?
Ce n’est que mon point de vue, celui qui me réconcilie avec le genre policier dont Agatha Christie (et d’autres …) m’avait éloignée…. Je ne vois chez vous aucun lien avec ses enquêtes policières, mais des récits originaux, à plus d’un titre, écrits avec toute la simplicité et la justesse des mots qui font que je n’ai pas lâché le livre avant la fin, que je n’ai pas cherché à savoir qui était l’assassin, mais à faire la connaissance de chacun des personnages. Pas un ne domine l’autre, ne vole la vedette à l’autre et si Merle est celui qui résout les enquêtes il ne serait rien sans Muguette, Marchand et tous les personnages qui l’entourent. Une belle leçon d’humanisme. C’est aussi pourquoi Archimède, Muguette, la place Guy Coquille suffisent à mes yeux à la connaissance de ce personnage… les intervenants de chaque nouvelle, les lieux historiques qu’il parcourt au fil de ses enquêtes nous en apprennent à chaque fois un peu sur lui plus à dose homéopathique. Il faut rencontrer l’autre pour apprendre à le connaître. A chacun de nouer des relations et puis vous ne pouvez pas tout révéler de vous ! (à moins que je ne me trompe, mais c’est après un échange, des mots, que l’incarnation du personnage par son auteur m’a semblé une évidence….). Ne me répondez pas à ce sujet j’ai bien l’intention de lire les autres aventures du commissaire (et d’en savoir un peu plus) et d’acquérir quelques titres pour le Cdi du lycée dans lequel je travaille. L’accessibilité de la lecture, le genre littéraire et les intrigues devraient trouver son public auprès des élèves.
C’est en cela que j’aime lire, être ailleurs tout en étant proche du genre humain. Le plus grand bonheur est d’être entouré (ce n’est pas de moi mais de Matthieu Ricard). Les êtres des livres sont ceux que l’on peut croiser dans la vie ! Et leur vie est parfois moins chaotique que celle de certains de mes amis….
 
Des impressions, rien de plus en attendant de vous lire à nouveau,
Bien à vous,
Anne  correspondante de presse pour le JDC (depuis peu …)
 

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05 mai 2016

Merle voit rouge !

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Le 22 avril les éditions de Borée publiaient trois enquêtes inédites du commissaire Merle sous le titre Merle voit rouge. Trois enquêtes qui nous emmènent dans les vignes de Pouilly avec Vendanges mortelles, dans le quartier de la gare de Nevers avec Fleur de gare et dans les rues sombres et pavées de la Charité sur Loire avec la nuit du pénitent. On y retrouve un Augustin Merle en pleine forme pour enquêter sur des meurtres dont la réponse à l'énigme vous sera dévoilée qu'aux toutes dernières pages de ces récits. Ce nouvel opus publié en format poche n'a pas à rougir devant les sept autres enquêtes déjà éditées, les récits toujours plus intimistes ne cesse d'épaissir et Merle n'est pas près de prendre du repos. 

A l'occasion de la sortie de ce livre, l'auteur à souhaité revenir sur les lieux du crime, du moins pour l'une de ses enquêtes : Fleur de Gare. Un lancement parfait en présence de l'éditeur et des amis du commissaire Merle, accompagné musicalement par Fabio et son orgue de barbarie, le tout grâce à l'aimable autorisation du service de communication de la SNCF Bourgogne Franche Comté. 

En voici un extrait extirpé spécialement de Fleur des gares :

"Les deux hommes marchaient sur le ballast maintenant, évitant les rails, et s’éclairant chacun de leur lampe. La lumière accompagnait le rythme de leurs pas et semblait se balancer d’avant en arrière. Ils inspectèrent ainsi durant de longues minutes les voies de service, affectées aux manœuvres, les voies d’évitement permettant aux trains circulant à contre sens sur une voie unique de se croiser et les trois voies de garage affectées au stationnement du matériel roulant. Ils se trouvaient à l’opposé du hangar où travaillaient les mécaniciens. Lemoine heurta un objet qui, propulsé vers les rails, résonna dans la nuit et se brisa contre l’acier."

Cette sortie éditoriale donnera lieu à de nombreusess signatures en librairies, bibliothèques, Maisons de la presse et autres salons du livre.

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24 avril 2016

Hiroshima mon amour est née à Bucchenwald !

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Monsieur «  Jo » résistant nivernais.

Résistant de la toute première heure, Georges Girard, alias Monsieur Jo, devait connaître la torture, l’incarcération, la déportation et être, peut-être, à l’origine sans le vouloir, du chef d’œuvre d’Alain Reisnais, Hiroshima mon amour, scénarisé par Margueritte Duras, ancienne épouse de son compagnon de peine Robert Antelme.

Georges Girard, né à Paris le 22 mars 1903, habitait le faubourg de Mouesse à Nevers. Il avait été mis en pension dans la Nièvre, à Nevers, chez Madame Champaux qui exerçait la profession de nourrice. Enfant, il recevait de temps à autre, la visite de sa mère, Constance, une jolie femme, d’une grande élégance…on prétend qu’elle était employée de maison chez un fourreur parisien, et que ce dernier pouvait fort bien être son père.
Quelques années plus tard, le couple devait partir pour les États unis sans laisser d’adresse.
Ne recevant plus de visite, il est confié officiellement à l’assistance publique.
Comme tous les enfants dans sa situation, il est destiné à travailler dans les champs, mais il s’y refuse et à l’âge d’acquérir son indépendance financière, Georges va alors s’engager dans l’armée. Cette expérience, sera la cause de son antimilitarisme sans appel qui se conjuguera, d’ailleurs, avec un anticléricalisme tout aussi radical. Alors qu’il est question d’aller jouer des armes, lors de la guerre du Maroc, il se mutile pour y échapper en s’écrasant les doigts de la main avec un marteau, ce qui a pour conséquence de le rendre handicapé à vie.
Cet épisode montre sa force de caractère, force qui lui permettra de survivre, quelques années plus tard, durant sa captivité en Allemagne.
Il entre à la compagnie du Gaz et va s’intéresser vivement à la politique. Il se syndique et devient le secrétaire général régional de la CGT. À ce titre il rencontrera le futur ministre, Marcel Paul, qui est secrétaire général de la Fédération des services publics, hospitaliers, éclairage et force motrice (CGTU). Il s’oppose au parti communiste quand ce dernier se met à flirter avec Staline et intègre la SFIO.
Il se marie avec Irène Bonnamour, avec laquelle il aura deux enfants.
La guerre déclarée, Georges fait partie des premiers Mouessards (habitants du Mouesse, quartier populaire de Nevers) à avoir intégré un réseau de la résistance française. Pour lui ce sera l’O.C.M. (l’Organisation civile et militaire), l’un des huit mouvements qui constituèrent en mai 1943 le C.N.R. (Conseil National de la Résistance).
Il est connu des résistants sous le nom de « Jo ».
L’arrestation

Les Allemands sont sur leurs gardes, la Nièvre est classée en Zone rouge. La
Gestapo et les polices spéciales de Vichy arrêtent et torturent à l’École Normale de filles, boulevard Victor Hugo. Trente-deux résistants sont fusillés à Nevers, onze à Cosne. Albert Laragon, dit « Oncle Oscar », du mouvement « Vengeance » de Livry est arrêté le 16 janvier 1944, et sera déporté à Mauthausen. Julien Benevise, Commissaire de Police de Cosne, sera arrêté le 11 février 1944.

Georges Girard dit « Jo » est dénoncé à la Gestapo. Il aurait été prévenu de son arrestation quelque temps plus tôt, mais, souffrant d’une entorse, il reste chez lui et attend. Il est arrêté le 14/02/1944 à son domicile, Faubourg de Mouesse.
Les soldats veulent l’emmener et sa femme obtient qu’il puisse emmener des souliers. C’est sa fille qui, sous la menace d’un revolver, va les chercher à la cave de l’habitation. Elle en restera traumatisée toute sa vie.
Georges Girard est emmené au siège de la Gestapo à Nevers, au 2 rue Thévenot, puis au 24, rue Jeanne d’Arc, où il est interrogé et torturé durant 6 mois. Il est interné à la prison de Nevers, rue Félix Faure, aujourd’hui rue Paul Vaillant Couturier.
Selon une confidence faite à son fils peu avant sa mort : 
« Sa cellule aurait côtoyé celle d’un jeune résistant avec lequel il aurait communiqué en morse à l’insu de ses geôliers. Ainsi le jeune lui apprenait qu’il n’avait pas parlé, qu’il n’avait pas trahi et que l’ennemi ne savait pas quel était le rôle exact de «Georges Girard » dans la résistance. En un mot : « Jo, tu n’es pas Jo ! » En tout cas l’ennemi n’en savait rien. Georges Girard expliquera plus tard qu’au petit matin, il avait vu le jeune homme héroïque, s’en aller vers une mort certaine en compagnie de son cercueil et de ses assassins. »
Georges Girard, lui non plus, grand taiseux et dur à cuire devant l’éternel, pour la circonstance, ne parlera pas et personne, à part les résistants, ne pourra connaître son pseudonyme "Jo " !
Devant la poussée alliée et le développement des maquis, la Wehrmacht quitte Nevers en juillet et août 1944, se repliant lentement devant les forces alliées qui remontent du sud de la France... La Gestapo s’est débarrassée des prisonniers et les a transférés à Dijon, puis à Belfort où un train en partance pour Buchenwald est préparé. 

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En route pour Buchenwald, il prend le dernier train partant de France à Belfort.

Alors qu’à Nevers la libération est marquée par les fêtes et la liesse populaire, le train part de Belfort le 5/9/1944 avec Georges Girard et aussi ses camarades, André Michard de St Éloi, Emile Petitrenaud du maquis Julien et Emile Testard de Nevers, René Rousseau de Montsauche, Jean Thevenin et Jacques Petit de Cosne-sur-Loire et Louis Thevenot de Druy Parigny.
Le train est composé de 177 hommes et de 4 femmes.
Seulement 80 d’entre eux rentreront de déportation neuf mois plus tard. Les autres connaîtront une fin tragique. 174 sont français, mais il y a aussi deux Italiens, 1 américain, 2 Espagnols, 1 Hongrois et 1 Polonais parmi eux.
Arrivé à Buchenwald, on donne à Georges Girard le matricule 85173. Il devra l’apprendre par cœur en allemand si on lui en donne l’ordre sous peine d’être battu à mort par ses geôliers.
Il est ensuite affecté au Kommando Bad Gandersheim, situé à 80 km au sud-ouest de Brunswick, à peu de distance de Seesen et Münchehofe, et ce, dès le début du mois d'octobre 1944. Les détenus travaillent dans une usine, à la fabrication de carlingues d'avions Heinkel. Ils sont plus de 500 en janvier 1945.Ils sont logés dans une ancienne église désaffectée, à proximité de l’usine.
La rencontre et la marche de la mort.
Robert Antelme témoignera à ce propos : « Je rapporte ce que j’ai vécu. L’horreur n’y est pas gigantesque. Il n’y avait à Gandersheim ni chambre à gaz ni crématoire. L’horreur y est obscurité, manque absolu de repère, solitude, oppression incessante, anéantissement lent. Le ressort de notre lutte n’aura été que la revendication forcenée, et presque toujours elle-même solitaire, de rester, jusqu’au bout, des hommes. » 
Les détenus sont évacués de Bad Gandersheim à pied vers Bitterfeld, puis par train à Dachau.
C’est lors de l’évacuation et la marche forcée vers Bitterfeld, qu’il rencontre Robert Antelme. Alors que Georges Girard est d’allure imposante et robuste, Robert Antelme est malingre et fatigué. Les deux hommes savent que les trainards, lors des marches forcées, sont exécutés sans préavis par les gardes SS. Robert Antelme racontera la longue marche mortelle après l’évacuation du camp (les malades, à qui on promet l’hôpital, seront assassinés dans un bois) puis le train vers Dachau, et enfin, leur libération. Les soldats américains, gentils et respectueux, sont néanmoins incapables de comprendre ce qu’ils ont vécu – « effroyable », « inimaginable », il faudra se contenter de ces mots-là. 
Les deux hommes vont se lier d’amitié et Georges Girard va protéger Robert Antelme et l’aider à atteindre Bitterfeld. Dorénavant et à compter de ce jour, pour Robert, Georges sera “Jo”.
Robert Antelme écrira plus tard : “Il n'y a pas de différence de nature entre le régime "normal" d'exploitation de l'homme et celui des camps. Le camp est simplement l'image nette de l'enfer plus ou moins voilé dans lequel vivent encore tant de peuples »
Les deux hommes font connaissance. Robert est écrivain et poète. Il s’est marié en 1939 avec Margueritte Duras qui travaille alors pour une maison d'édition. Leur premier enfant, un garçon, meurt à la naissance en 1942. Tous deux entrent dans la résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens, Margueritte Duras réussit à s'échapper, aidée par Jacques Morland (nom de guerre de François Mitterrand), mais Robert Antelme est arrêté, emprisonné à Fresnes, puis envoyé à Buchenwald le 1er juin 1944.
Georges Girard sera libéré le 29 avril 1945 et envoyé immédiatement en sanatorium. Il y restera jusqu’en 1946.
Robert Antelme a plus de chance. François Mitterrand est devenu Secrétaire général aux Prisonniers, déportés et réfugiés PDR et accompagne le général Lewis comme représentant de la France pour la libération des camps de Kaufering et Dachau à la demande du général de Gaulle. C'est là, en compagnie de Pierre Bugeaud, qu'il découvre, « par un hasard providentiel », Robert Antelme, mari de son amie Marguerite Duras. Antelme est à l'agonie, atteint du typhus. Les mesures sanitaires interdisant de l'évacuer, il organise l'évasion de cet ancien membre de son réseau et le rapatrie en avion sanitaire jusqu’à Paris.
Margueritte Duras a tiré de cette époque hors norme un récit intitulé La Douleur.

 

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Nevers...retour à la maison.

Georges Girard, « Amaigri, perdu dans un costume gris- bleu, le regard lointain, il a été raccompagné dans son quartier par Monsieur Ozamon, son voisin,qui fait taxi et tient la station-service du mouesse ! »nous raconte sa petite fille.
Jaco, son fils à 22 ans en 1946 et nous l’avons rencontré, il demeure toujours au 125 faubourg de Mouesse à Nevers.
Effectivement, en sortant de ce qui restait de la gare défigurée par les bombardements, Georges Girard a contacté son voisin, Monsieur Ozamon. C’est lui qui viendra le cherché au volant de sa camionnette pour le ramener chez lui, parmi les siens...
Ne l'ayant absolument pas reconnu et, bouleversé par ce retour inattendu, il l'a accompagné jusqu'à l'impasse qui se trouve être en face de son magasin !
Puis, il a répandu très vite la nouvelle dans le quartier: " Monsieur Girard est de retour !"
Sa petite fille nous précise : « Lui, sans un mot, s'est dirigé vers " son chez lui ", a ouvert la porte de sa maison, se retrouvant face à sa femme, sa fille, pétrifiées devant ce mari, ce père revenu des camps de la mort !
Maman se souvient du cri de sa mère :" Georges !"
Dans les minutes qui ont suivi ce retour, le médecin, prévenu par les voisins, est arrivé précipitamment chez eux, ordonnant le repos et le calme ...
Les visites ont été interdites ! »

Duras, Antelme, Girard, et les autres…

C’est en se rendant en août 1947 à Paris, pour une réunion du CNR (comité national de la résistance) que Georges osera frapper à la porte de la demeure de Robert Antelme, alors marié avec Marguerite Duras.
« Profitant d'un court séjour à Paris, notre grand- père a eu envie de revoir Robert- Antelme.Marguerite Duras, dans un premier temps a fait barrage, mais quand le grand - père s'est présenté " jo ", elle a ouvert tout grand sa porte ...
Appartement grandiose, retrouvailles fraternelles !
Robert Antelme était couché dans sa chambre ...très, très fatigué ...ils sont restés seuls à l'abri des regards ! »
Robert Antelme vient de publier chez Gallimard son ouvrage : L’Espèce humaine. Le livre est dédié à Marie Louise, sa sœur morte en déportation. Robert Antelme y montre des déportés qui conservent leur conscience face aux "pires cruautés humaines". Les hommes qu'il décrit, réduits à l'état de "mangeurs d'épluchures", vivent dans le besoin obsédant, mais aussi dans la conscience de vivre.
Peu de temps auparavant, Robert Antelme avait fondé en 1945, avec Margueritte Duras, les éditions de la Cité universelle.
Hiroshima mon amour, né à Buchenwald ?

Robert Antelme divorce le 24 avril 1947. Duras épouse l’ami du couple, Dionys Mascolo, dont elle se sépare quelques années après. Jean leur fils naît le 30 juin 1947. Antelme et Duras devaient travailler encore ensemble. Lui, poursuivant un travail discret dans les milieux littéraires, collaborera aux Temps modernes et militera au Parti communiste français, dont il sera exclu en 1956, après la répression par les troupes du pacte de Varsovie de l'insurrection de Budapest. Pendant la guerre d'Algérie, il sera signataire du Manifeste des 121.

Ces années de retour de camps, Robert Antelme les a passés à se souvenir et à parler à ses proches, Margueritte Duras est de ceux-ci, de son amitié avec Georges Girard, nom de code de résistance « Jo », amitié qui était née d’une solidarité lui ayant permis d’éviter de périr au cours de la marche de la mort en direction de Bitterfeld.
Il lui a parlé de “Jo” certes, mais aussi de la ville où son ami habitait, Nevers. Margueritte Duras s’en serait souvenue certainement lorsqu’elle écrivit le scénario édité chez Gallimard “ Hiroshima mon amour” qui sera mis en image par Alain Reynais et où la ville de Nevers sera omniprésente.
On pourrait donc penser que Hiroshima mon amour serait né d’une amitié survenue entre deux déportés à Buchenwald, ou plutôt que le scénario, tel qu’on le connaît, n’aurait jamais existé si Robert Antelme n’avait pas rencontré Georges Girard à Buchenwald…
Idée farfelue, me direz-vous ? Peut-être, mais pourquoi pas… Les plus belles histoires ne viennent-elles pas de l’inconscient …et puis Hiroshima mon amour n’est-il pas un film dont le scénario est un large appel à la paix entre les peuples, comme l’avait été, quinze ans plus tôt, le serment prêté par les survivants du camp de Buchenwald, lesquels ayant pour idéal la construction d’un monde nouveau dans la paix et la liberté.
Georges Girard meurt des suites de ses maltraitances le 12 août 1949. Il est enterré au cimetière Jean Gautherin à Nevers. Son ami, Robert Antelme qui affirmait «  L'homme n'est rien d'autre qu'une résistance absolue, inentamable, à l'anéantissement » meurt le 26 octobre 1990.


Michel Benoit

* Les photographies de Georges Girard Collection personnelle

La photographie du camp de Bucchenwald Mémorial de la Shoa.

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21 avril 2016

L'Heure du crime.... Michel Benoit et Jacques Pradel sur RTL

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/marilyn-monroe-a-t-elle-ete-assassinee-7782879966

Voici le lien cconcernant l'émission réalisée autour de mon ouvrage Les Morts Mystérieuses de l'Hiistoire avec Jacques Pradel et plus particlulièrement où nous parlons du mystère de la mort de Maryline Monroe.

 

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15 avril 2016

Michel Benoit invité de Jacques Pradel sur RTL : L'Heure du crime !

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J'ai le plaisir de vous informer que je serai l'invité de Jacques Pardel sur RTL pour l'émission l'Heure du crime.

Nous parlerons principalement de la mort mystérieuse de Maryline Monroe à l'occasion de la sortie de mon nouveau livre : Les Morts Mystérieuses de l'Histoire.

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14 avril 2016

L'ombre d'un doute !

 

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Voici une critique de mon dernier ouvrage signé Mickael Barbato

Essayiste, auteur de théâtre, écrivain d’ouvrages historiques et de romans (dont lesEnquêtes du Commissaire Merle), blogueur, Michel Benoit est un homme que l’on peut aisément qualifier d’actif. Son amour du fait historique, couplé avec une passion pour la narration indéniable donne l’ouvrage Les Morts Mystérieuses de L’Histoire, sous titré 16 récits extraordinaires du prince de Condé à Marilyn Monroe. Le concept, que nous allons découvrir, mène l’auteur à rassembler des éléments établis afin de les utiliser dans des contre-enquêtes toutes plus passionnantes les unes que les autres.

Les Morts Mystérieuses de L’Histoire dresse seize portraits, ou tout du moins tout autant de destins tragiques. En bon fouineur, Michel Benoit profite de l’ombre projetée par des doutes dont la nature même nous passionne jusqu’à aujourd’hui, pour nous livrer, via plusieurs récits, une sorte de polar historique dont les différentes victimes ont bel et bien existé, toute reliées par un fil rouge terrifiant : les décès sont expliqués, mais non élucidés. Qu’ils soient séculaires ou quasiment contemporains, les cas abordés dans Les Morts Mystérieuses de L’Histoire ont cela en commun qu’ils laissent la place à différentes théories. Robespierre s’est-il réellement suicidé, ou a-t-il été « aidé » ? Pourquoi le corps de Léon Gambetta fut incroyablement éparpillé après une autopsie pour le moins particulière ? Adolf Hitler est-il réellement mort sans son bunker ? Pourquoi l’enquête autour du décès de Marilyne Mondroe fut à ce point bâclée ?

Ces quelques questions, et d’autres que nous vous laisserons découvrir, habitent Les Morts Mystérieuses de L’Histoire. Chacune des affaires est admirablement replacée, avec une foultitude de détails qui ne peuvent fleurir que dans ce genre d’ouvrage, et sous la plume d’un authentique passionné. Replacer le contexte de ces décès est d’une importance évidente, afin de mieux embrayer sur la deuxième phase des différents cas finement sélectionnés par Michel Benoit. Mais avant d’aborder le point des contre-enquêtes précisons que si, parfois, il faudra s’accrocher sur la profondeur des précisions apportées, cet ouvrage ne demande cependant pas de niveau particulier et peut tout à fait être abordé par un nouveau venu tout d’abord attiré par l’odeur du souffre, et qui finira surtout par capter l’excitation provoquée par les différentes remises en question des récits établis… que l’on pourrait même qualifier d’autorisés.

Mais attention, ce n’est pas parce que Les Morts Mystérieuses de L’Histoire donne dans la prise en compte de théories parfois différentes des officielles qu’il faut penser que Michel Benoit se tourne vers la théorie du complot (et ce même si ce dernier est une notion réelle). On reste tout du long dans le domaine du plausible, l’auteur pose des questions plus qu’il n’y répond, et c’est tant mieux : cela apporte une dimension dramatique, creusant finalement encore plus le fossé de nos ignorances. En feuilletant Les Morts Mystérieuses de L’Histoire, le lecteur se rend compte de certaines zones d’ombre, on peut citer le cas du général Leclerc, absolument bluffant tant l’on ne peut vous cacher que le rédacteur de cet article ignorait le cas de ce treizième homme présent et jamais identifié dans l’accident d’avion mortel. Nous ne vous en dirons pas plus, mais chacune de ces histoires, qui font partie de la grande, a de quoi enfiévrer n’importe quel esprit curieux.

Nous oublions de plus en plus que l’Histoire est parsemée d’événements mystérieux et terriblement intéressants, qui feraient presque passer les meilleurs scénarios de thrillers actuels pour de gentils contes de fées (ou presque). Les Morts Mystérieuses de L’Histoire est un ouvrage qui fascine de la première à la dernière page, et les démonstrations de Michel Benoit provoquent évidemment une multitude de questions plus qu’elles n’y répondent, mais surtout nous font comprendre que l’Histoire est un domaine à zones d’ombre parfois véritablement stupéfiantes. Un livre palpitant, à découvrir sans hésiter.

Les Morts Mystérieuses de L’Histoire, écrit par Michel Benoit. Aux éditions Eyrolles, 192 pages, 10€. En librairie le 17 Mars 2016.

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13 avril 2016

7ème Festival du Livre à La Chapelle Saint-André.

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7ème Festival du Livre à La Chapelle Saint-André.

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Mon ami Alain Deneaux vous invite pour la 7ème année à ce rendez-vous, devenu incontournable, et qui animera cette petite ville de la Chapelle Saint-André, située à deux pas de Menou et à trois lieux de Clamecy. L'ambiance y sera formidable à n'en pas douter, les locaux magnifiques, les bénévoles de l'association aux petits soins pour les auteurs et pour les lecteurs qui pousseront la porte afin de découvrir un grand nombre d'auteurs de talent, des romanciers, des poètes... 

J'y serai comme tous les ans afin de vous retrouver et vous présenter mes nouvelles publications : 

Comment vous dire - aux Editions rue des Boucheries - un récit autobiographique qui à ne pas laisser entre toutes les mains.

Thérèses est morte- aux Editions rue des Boucheries - La septième enquête du commissaire Merle. Une énigme policière qui se déroule à Nevers.

Les morts mystérieuses de l'Histoire - aux Editions Eyrolles - 16 récits palpitants sur les derniers instants de personnages célèbres dont la mort reste un mystère.

Et bien d'autres encore....

Alain Deneaux nous informe :

Pour la septième année consécutive, le festival du livre s'inscrit dans le cadre des manifestations annuelles organisées par la bibliothèque municipale de La Chapelle Saint-André et de l'association Avenir de la Jeunesse Chapelloise autour du livre.
Son objectif premier est l'incitation à la lecture comme premier pas dans l'univers littéraire.
Le festival offre, en libre accès et de manières conviviale, à un large public, la possibilité de dialoguer avec des auteurs originaires ou implantés dans notre région, pour la plupart. Ceux-ci contribuent par leurs publications mais aussi par leur présence assidue aux salons, féstivals, dédicaces, à l'enrichissement culturel du territoire.
Le Festival du livre de La Chapelle Saint-André est un lieu de partage, il réunit une vingtaine d'auteurs sur deux jours. En plus du contact direct avec les lecteurs, il leur donne l'occasion d'échanger entre eux leurs expériences, leurs difficultés, leurs succès, leurs projets.

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12 avril 2016

La bibliothèque de Gloubik a lu les Morts Mystérieuses de l'Histoire

 

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Une critique trouvée sur le net à propos de la sortie des Morts mystérieuses de l'Histoire : 

Autant avouer entrée de jeu que je ne suis pas un fan de ce genre d’ouvrage, mais puisque c’était une première proposition de SP (service presse) de la part de cet éditeur, je ne voulais pas refuser. Bien m’en a pris. Bon. Je ne suis toujours pas un inconditionnel de ce genre de livre. Toutefois j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire, et c’est déjà ça.

Bien sûr, la liste de ces affaires de décès suspect ne se limite pas à ces seize-là, et l’auteur a fait un choix. Douze d’entre elles concernent des événements s’étant déroulés en France ou impliquant des français. Vous y apprendrez plein de petites choses sur les conditions du décès de personnages aussi célèbres que Napoléon ou Staline, aussi sur de parfaits inconnus s’ils n’avaient pas été pris dans une affaire des plus louches tels les victimes du courrier de Lyon.

Beaucoup de ces morts sont coincées entre les manques d’informations (Les moyens techniques de la police n’étaient pas les mêmes que maintenant), la légèreté (la gouvernante de Marilyn Monroe qui lave les draps de la victime avant l’arrivée de la police) ou les raisons d’état. Et c’est très certainement une des principales raisons de leur non résolution. Même sans être un amateur d’Histoire, qu’elle soit grande ou petite, je me suis laissé avoir à lire ce livre de la première à la dernière ligne. Ce qui m’a permis de maugréer plus d’une fois sur la faiblesse du style de l’auteur qui utilise des tournures de phrase pas toujours très heureuses... Mais, bien sûr, maintenant que je rédige ma chronique, je n’en retrouve aucune. Point intéressant, le livre se termine par une bibliographie proposant, en moyenne, une demi-douzaine de références vous permettant d’en savoir plus sur chacun des cas.

En bref : Un bon moment de lecture. Et je n’hésiterais pas, surtout pour 10 €, a acheter un éventuel tome II si l’occasion se présentait.

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06 avril 2016

Les morts mystérieuses de l'Histoire sur RTL Lundi 11 avril !

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Les Morts Mystérieuses de l'Histoire

sur RTL  dans l'émission :

LA CURIOSITÉ EST UN VILAIN DÉFAUT

Thomas Hugues / Sidonie Bonnec

Un mot d’ordre pour cette nouvelle émission : être passionné et passionnant ! Du lundi au jeudi de 20h à 22h, Sidonie Bonnec et Thomas Hugues invitent les auteurs et les acteurs des histoires et des aventures les plus fascinantes à RTL

 

C'est Lundi 11 avril 2016 de 20 h à 22 h 

Je répondrai aux questions de Thomas Hugues et Sidonie Bonnec.

LesMortsMysterieusesDeLhistoire

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