AVT_Claude-Tillier_6147C’est le 17 septembre 1905, qu’installé à l’emplacement d’un puits, le buste en pierre et bronze de Claude Tillier a été inauguré en présence du ministre de l’Instruction publique Jean-Baptiste Bienvenu-Martin et du sculpteur Boisseau. Ainsi, depuis bientôt quarante ans, les passants se remémorent la vie et l’œuvre de l’homme et de l’écrivain que fut Claude Tillier.

Dans la nuit du 3 avril 1941, les nazis, contrariés par le symbole de résistance et de démocratie que la statue représentait au sein de la population, avaient jeté le buste à terre, bien décidés à effacer de la mémoire collective les causes et les combats pour lesquels Claude Tillier a lutté durant sa vie entière.

Mais c’était sans compter sur la réaction de la population clamecyçoise et son esprit de résistance à l’occupant.

Trois maquisards ont la présence d’esprit de cacher le buste pour mieux le soustraire à l’ennemi, en l’immergeant dans le canal. Le 25 août 1942, l’architecte Avarre, prévenu de la baisse des eaux, avertit les trois hommes qui récupèrent le buste et le dissimulent dans les caves de l’hôtel de ville, situées à deux pas de la Kommandantur.

Après la fuite de l’occupant, le buste sera remis à sa place le 12 septembre 1944 et la ville entière célèbrera sa libération.

Ainsi, cent ans après sa mort, Claude Tillier, le grand écrivain clamecyçois, renaîtra une fois de plus de l’oubli et de la conspiration du silence doublée du mépris dont il fût victime. Ses idées politiques et sociales autant que son anticléricalisme affirmé, en auront été les raisons principales.

 

img337Ce maître d’école a lutté sa vie entière contre les bien-pensants, les intrigants et les pouvoirs de toutes sortes, en dénonçant sans relâche les déviances monarchiques de la société française dans le journal local de Clamecy : L’indépendant.

Bien avant Lamartine, l’homme politique Tillier lutte pour la liberté et l’instauration du suffrage universel. Tillier, l’écrivain, publiera quant à lui un roman : Belle-plante et Cornélius en 1841 où il y fait un portrait acide de la société clamecyçoise dont il connaît les moindres secrets. Mais c’est en 1843, un an avant sa disparition, avec la publication de Mon oncle Benjamin, qu’il s’imposera dans le roman populaire, satyrique et gargantuesque. Ainsi, tout en situant son intrigue au XVIIIème siècle, il décrira avec force détails et rigueur, mais aussi avec humour, la vie des habitants de sa région, s’imposant en littérature comme le précurseur du roman provincial longtemps avant Flaubert et Maupassant.

A la fin des années soixante, le réalisateur Edouard Molinaro reviendra sur les pas de Claude Tillier et de son héros en faisant ressurgir cette œuvre et l’inscrira au patrimoine cinématographique français. Tourné en grande partie dans la région de Corbigny et de Clamecy, le film connaîtra un réel succès grâce notamment à une distribution prestigieuse, Jacques Brel et Claude Jade y tenant les rôles principaux.

 Extrait : Les grands évènements du nivernais Editions de Borée 2009 Michel Benoit