Le Tryptique de l'Aube d'Irène Duboeuf
Il y a quelques temps j'avais édité sur ce blog un magnifique poème d'Irène Duboeuf extrait de son recueil La trace silencieuse. La poètesse nous revient, toujours par l'intermédiaire des éditions Voix d'encre avec la parution d'un second recueil : "Triptyque de l'aube".
Écrit en demi-teintes, le Triptyque de l’aube est un recueil « d’une grande sensibilité » comme le note le grand Philippe Jaccottet dont les vers figurent en épigraphe. Si le thème de la mort occupe la partie centrale de cette suite poétique, la vie y règne de part et d’autre et c’est dans une nature métaphorique que l’auteur, à l’appel de l’aube, nous invite à « faire le tour du monde ou de soi-même ». Un voyage sans cesse renouvelé, entre ombre et lumière, entre ce qui n’est plus et qui n’est pas encore, au cours duquel rien n’est jamais sûr. « Parce que la vie est un pacte avec l’inconnu, vivre est un acte d’amour absolu ».
UNE LUEUR CONFUSE S’EMPARE DE LA TERRE
Une lueur confuse s’empare de la terre.
Une hypothèse
dans les marges du ciel.
J’écarte le silence : à trop vouloir l’entendre
l’oreille s’habitue à sa voix
rare est le silence qui ne soit habité.
Des moineaux impatients se disputent le jour.
Toute crainte s’envole
dans un battement d’ailes.
L’aube a la voix de l’oiseau.
Irène Dubœuf, « L’Heure blanche » in Triptyque de l’aube, Voix d’encre, 2013, page 13. Peintures de Michel Verdet. Grand Prix de la ville de Béziers 2013.
Magnifiquement illustré par quinze peintures de Michel Verdet, l'ouvrage de 72 pages est paru en octobre 2013 au prix de 18 euros.

