Résistance N° 2
La rentrée c’est demain ! Déjà…Et voici déjà mon deuxième billet. Il est donc temps de se retourner sur les 100 jours du gouvernement Hollande. 100 jours qui auraient pu être l’occasion pour ce gouvernement de se positionner carrément à gauche en faisant voter par le parlement majoritairement socialiste des lois essentielles pour les plus démunis mais aussi pour stopper le cours de l’histoire écrit par la droite depuis des décennies . Bien mal de constater que ce ne fut pas le cas, les prix flambent toujours plus et comme je l’écrivais avec un peu d’humour il y a quelques temps : « le prix des nouilles explose, on mangera bientôt nos lacets ! ». Aux invectives lancées par ceux qui n’ont jamais cessé de se faire les porte-parole du peuple français, pas celui qui s’enrichit sur le dos de ses compatriotes, pas celui qui trouve refuge à l’étranger pour être exempté d’impôts, ni celui qui gère ses entreprises par la menace en agitant le fanion de licenciements collectifs, mais celui qui attendait avec espoir des gestes simples, des lois justes, ces nouveaux dirigeants répondent qu’ils ont cinq ans pour résoudre ces problèmes !
Le fossé se creuse entre les bobos libéraux sociaux- démocrates, à qui il n’aura fallu que cent jours pour s’enfermer dans leur tour d’ivoire, et le peuple français. Il se creuse avec une vitesse et une force encore jamais égalée à ce jour. Le changement, c’est tout de suite, c’est maintenant ! D’accord, nous voulons donc des résultats tout de suite et immédiats. Ce que veut le peuple c’est son dû ! Son dû, cela signifie le fruit social et écologique du rapport de force démocratiquement obtenu avec la droite, la finance, le Medef. Ce sont des choses très concrètes, des lois très précises comme celle contre les licenciements boursiers, l’amnistie des syndicalistes condamnés pendant le règne de Sarkozy et ainsi de suite et non la valeur d’un carambar pour illustrer l’augmentation honteuse du SMIC .
La gauche, la véritable gauche, aura joué le jeu démocratique jusqu’au bout, jusqu’au dernier bulletin de vote déposé dans les urnes à l’occasion des élections législatives. Il est donc normal que ces ayant droits réclament leur dû ! Mais y- aurait-il donc deux gauche ? Eh bien oui, et c’est Michel Sapin qui l’a déclaré sur les ondes d’Europe 1. La gauche gouvernementale et l’autre, celle qui est dans la rue, dans les bureaux, dans les écoles, dans les usines. Mais pour cette deuxième gauche, le débat n’est pas clos, il ne le sera jamais. Il ne faut pas qu'il le soit. Pour elle la démocratie ne se limite pas au jour du vote ! Le vote fait la décision légitime, certes, mais le combat est un combat de tous les instants et le peuple refuse de se laisser chloroformer par les sociaux libéraux qui par leur inaction, conformisme, nécrose... sont complices volontaires des politiques libérales mortifères. Le parti socialiste n’est plus un parti de gauche. Et bien disons-le bien fort, et au nom de quoi le peuple avalerait-il les couleuvres des sociaux libéraux alors qu'il a refusé d’avaler ces mêmes couleuvres proposées par la droite. Les vagues de licenciements se multiplient ? Rien de plus normal quand on observe le comportement mollasson du fameux ministre du « redressement attentiste » D’ailleurs, face à la vague de licenciements en cours, le ministre a déclaré qu'il était « urgent d’attendre » …cinq ans. Il s’agirait plutôt d’un ministère de la suppression rationalisée d’emplois; ou encore d’un Ministère d’organisation de la misère en période d’austérité. Les centres de distribution de soupe populaire sont-ils déjà fonctionnels ? Il y a des licenciés qui ont faim ! Mais chut ! Le ministre responsable est « très dévoué ». Il y a bien longtemps qu’il ne rêve plus de sixième république et qu’il a avalé sa casquette.
En son temps, Robespierre n'avait pas cru que la démocratie résidait tout entière dans les seules formes politiques. Il avait proclamé dès la Constituante que la démocratie serait sociale ou qu'elle ne serait pas la démocratie. Et le penseur et homme d’action de la Révolution française ajoutait encore :
" Législateurs, vous n'avez rien fait pour la liberté si vos lois ne tentent pas à diminuer, par des moyens doux et efficaces, l'extrême inégalité des fortunes."
