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Le Blog de Michel Benoit
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Le Blog de Michel Benoit
17 septembre 2010

Le coq et le merle

le_chant_du_coq2Il était une fois un jardin ombragé par des tilleuls et toute une multitude d'arbres fruitiers devenus, depuis quelques années, le paradis des oiseaux. Dans cet espace se donnait des récitals lorsque le temps le permettait et selon l'humeur du jour, les volatiles chantaient les grands espaces, New York, l'océan, l'aventure des oiseaux migrants..Mais les oiseaux comme leur public s'ennuyaient.
Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des jardins et chacun y trouvait sa place. Les oiseaux s'entendaient à merveille, cygnes majestueux, sereins et pies, roitelets et corneilles, pigeons et coqs, étant tous heureux de faire découvrir leur dernier chant, leur toute dernière aubade, leur reprise standard des chants de printemps, mais veillant tous également à se partager le gâteau. J'entends par là, le public des musaraignes, des mulots, des grenouilles et des libellules qui, tout comme eux, étaient d'authentiques autochtones, versant leur mince obole dans le panier à fruits en guise de récompense pour le bien être apporté par les volatiles.
Pourtant, un matin, un drôle d'oiseau, venu d'ailleurs, un merle tout de noir vêtu, inspiré certainement par l'éclat des lieux, se mit à chanter la beauté du paysage et l'histoire de ce jardin magnifique.
Bien mal lui en prit, car aussitôt fait, un conseil d'oiseaux locaux se tînt sur la plus haute branche du tilleul pour le faire taire sans préavis.
--Comment ! ce que nous n'avons pas su chanter depuis des années pourrait-il l'être par un merle étranger ! dit le coq.
--Et puis, qui c'est celui-là ! Il en a de drôles d'idées ce merle, il aurait ty bien une idée de derrière la houppe que ça ne m'étonnerai pas ! lui répondit le cygne.
merle_noir_variete_1Aussitôt dit, aussitôt fait, on empêcha donc le merle de pousser ses ritournelles en employant les moyens les plus bas, les "on dit" les plus vils et on alla jusqu'à faire comprendre aux oiseaux que, s'ils souhaitaient poursuivre la chansonnette avec ce merle chanteur de bien mauvais augure, ils seraient à leur tour privés de fruits...
Bien que certains avaient fait force provisions de ces mets délectables et que leurs greniers débordaient, ils se soumirent tous, lâchement, comme des "gagne petit" qu'ils étaient, aux ordres du conseil des volatiles et prirent pour résolution d'éviter de se montrer auprès du merle poète qui en fut fort dépité, lui qui ne souhaitait en fait que valoriser ce magnifique paysage et faire partager à tous son bonheur d'y séjourner.
Depuis ce jour, le jardin a retrouvé son ennui, les feuillages sont moins éclatants et les roses se fanent bien plus vite au printemps renaissant. Les oiseaux autochtones ont repris leurs bonnes habitudes et ne sifflent plus que pour eux, fermés au monde extérieur, leurs chants s'appauvrissent et, en conséquence, les fruits du panier se font de plus en plus rares et sans saveur.
Il paraitrait que certains volatiles, dont le coq, se seraient appropriés les chants du merle poète en prenant bien soin de ne pas le citer comme auteur. Ce même coq se changeant même en coucou pour le besoin de cette cause indigne.
Qu'importe après tout, le merle poète est parti vers d'autres cieux, plus accueillants, un monde où chacun y trouve sa place légitime et chante à présent pour quelques fruits ou tout simplement pour le plaisir de ceux qui l'écoute.

Il peut chanter les plus belles ritournelles et s'extasier devant les plus beaux paysages, le coq ne chantera jamais que le matin. Le merle, lui, chantera toujours.......
Michel Benoit

merle_couleurs

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Commentaires
D
Mais, rassures-moi, Michel, ceci est une fable et ne pourrait en aucun cas se passer chez nous... de nos jours... Ah non ? mais alors ?...<br /> Mais n'oublions pas que:<br /> "...Quand nous chanterons le temps des cerises,<br /> Sifflera bien mieux le merle moqueur !"<br /> <br /> Jean Baptiste Clément<br /> - Le temps des cerises - 1867 -
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M
J'aime beaucoup la moralité de ton histoire et tu le sais, Michel, le coq n'est que le roi de sa "basse-cour", faible compensation... Très agréable à lire ta fable, par ailleurs...
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V
cette jolie fable me rappelle un monde fort inquiétant et bien réel !!!! merci pour ce beau texte à bientôt amitiés véro
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M
C'est peu de le dire que "le jardin a retrouvé son ennui" ....
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