P1000260

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Citoyennes, citoyens,

Bienvenu à toutes et à tous pour cette commémoration nationale fêtant la naissance de Louis Antoine  saint-Just, enfant nivernais qui deviendra l’un des hommes incontournables de notre révolution française, cet évènement encore jamais égalé, qui devait éclairer de par sa lumière philosophique l’avenir de nos ancêtres, de leurs descendances et celui de toutes les populations du monde. La révolution des lumières que la terre entière nous envie.

Cela fait maintenant deux ans que nous travaillons sur cet évènement pour vous donner le meilleur de nous même et faire en sorte que cette commémoration soit à la hauteur de cet événement.

Nous avons donc pris date et aujourd’hui, la Nièvre a rendez-vous avec l’Histoire.

L’anniversaire de la naissance de Saint-Just ne pouvait pas se limiter au dépôt d’une gerbe de fleurs. Pour ma part et dans l’esprit de ceux qui furent à mes côtés dès le 1er jour pour préparer cet événement, nous ne pouvions nous contenter de si peu car qui oublie son Histoire est condamné à la revivre ! C’est pourquoi nous souhaitions donner un véritable sens à ces journées que  nous vous proposons pour cette occasion.

Dans l’Histoire de France, ce qui fait sens, c’est la rupture et pas la continuité  et la grande rupture, la grande déchirure pour le monde entier, ce moment dont Goethe dit que c’est le début de l’ère moderne ; c’est la grande révolution de 1789. Cette révolution qui proclama  la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, cette révolution qui décida de l’abolition des privilèges et qui, alors que la France entière s’apprêtait à périr sous la hache des armées coalisées,  proclama la première République, le 21 septembre 1792. Cette révolution qui osait proclamer l’éradication de la misère devant ceux qui tenaient le pouvoir depuis tant d’années.

Saint-Just était alors député au sein de cette jeune assemblée, la Convention, celle qui vota tant de lois en faveur du peuple de France, et c’est lui qui proclama du haut de la tribune, alors que l’on hésitait encore sur le sort à réserver au roi, qu’un roi devait régner ou périr !

Dès lors, tout était dit ! La France par le jugement de son assemblée, en se débarrassant du roi et du système monarchique écrasant la population depuis plus de mille ans, allait sauter dans le vide et accentuer la grande déchirure, inexorablement.

Saint-Just fit partie de ces hommes, tout comme Robespierre, qui permirent à nos ancêtres de rêver à la liberté, à plus d’égalité et à la fraternité des hommes et des peuples unis par la pensée.

Le monde allait assister à l’émergence d’un peuple, où les hommes portés par de mêmes valeurs allaient se servir de celles-ci comme de boucliers pour combattre celles de l’ancien régime.

Si nous avons un passé commun, quels que soient nos ancêtres, c’est la grande révolution qui nous rend égaux, c’est ce que dit la déclaration des droits de l’homme et du citoyen imaginée par ces hommes : nous sommes tous semblables, nous sommes tous égaux en droit et il y a des droits universels et ce sont les droits de tout être humain !

Nous descendons tous de ces hommes-là, ceux qui travaillaient la terre pour nous nourrir, ceux qui chaque jour grossissaient les files de travailleurs venus à la porte de ces nouveaux employeurs, sortit du néant avec les prémices de l’ère industrielle, ceux qui pouvaient enfin occuper un poste intellectuel ou un grade militaire sans pour ceci être de sang bleu.

Voilà notre identité et c’est cet héritage-là que nous devons transmettre, ces valeurs que nous devons préserver d’une génération à l’autre.

Et si nous sommes les enfants de quelque chose, c’est de cette extraordinaire illumination de l’histoire des êtres humains.

Comment ne pas avoir une pensée en ce jour pour ces hommes, pour ce jeune homme, penseur d’acte et homme d’action, qui devait mourir à 26 ans par la main de ceux-là même, qui avaient usurpé leurs pouvoirs sur tout le territoire de la République, en associant à jamais les mots sang, terreur, guillotine à celui de révolution populaire.

Saint-Just pensa, jusqu’à son dernier jour, que l’homme n’avait pas d’autre maître que lui-même ! Et nous, aujourd’hui, tout comme lui, n’avons aucun autre recours, que notre intelligence, pour décider de ce qui est bon et de ce qui est mauvais !

C’est grâce à ces hommes et à leurs actions que nous pouvons croire ou ne pas croire et que la liberté de conscience est devenue le fondement de toutes les libertés.

C’est aussi grâce à ses hommes que chacun d’entre nous sait qu’il est lui-même, parce qu’il est libre de penser différemment sur des sujets et différemment au cours de sa vie.

Nous sommes les enfants des lumières et les enfants de la grande révolution de 1789.

Nous sommes les héritiers de cet effort permanent du peuple pour sortir de l’ombre et se hisser sur la scène de l’Histoire, prenant en main son destin et organisant sa vie avec le souci des autres.

Je remercie vivement tous les acteurs qui ont participé de près ou de loin à la réussite de ces commémorations et en particulier le conseil départemental de la Nièvre et son Président Patrice Joly, mon ami Jean-Louis Balleret, conseiller général, qui est chargé de la Culture. Merci également à Denis Pellet-Many le directeur de l’action culturelle, à Anne Berthier et toute l’équipe de la DAC, à Jean-Pierre Château, maire de Guérigny et aux élus de la ville de Guérigny, qui ont également soutenu ce projet, au conseil régional et à sa présidente, sans oublier Pascale Massicot, lesquelles soutiennent avec force le théâtre des Forges royales.

Merci à tous les employés municipaux qui nous ont aidés aussi dans ce projet.

 Merci aussi à Anne Magnard, professeur d’Histoire et au lycée Horticole de Varzy ainsi qu’aux élèves de la classe de seconde travaux paysagés.

Merci aux archives départementales de la Nièvre, à Jean-François Lefebure et la Médiathèque François Mitterrand à Nevers. Merci à Dominique Baran, Bruno Boutet et Bruno Prévotat pour s’être impliqués avec autant de talent et de passion dans ce projet afin de nous proposer une heure de musique d’époque avec l’orchestre de l’harmonie municipale de Nevers. Merci encore aux musiciens de Tambours Battants qui seront parmi nous dès demain.  Enfin, un grand merci à mon ami Jean-Philippe Bertin et aux journalistes qui couvrent cet évènement et au Journal du Centre, sans qui le rayonnement local, régional et national destiné à promouvoir la Nièvre par le biais de cet événement culturel, en rapport avec son histoire, n’aurait pas pu voir le jour.

Je voulais également adresser un grand merci aux comédiens de la troupe du Carambol théâtre et en particulier à mon vieux complice et ami Pascal Tedes, directeur artistique des Forges royales, auteur et comédien, lequel a participé à l’écriture de la pièce de théâtre qui vous sera présentée en avant-première dans quelques heures et qui s’intitule : «  d’entre les morts ». Sans lui, sans eux, ces festivités auraient eu un tout autre visage.

Au cours de ces journées, nous vous proposerons une conférence animé par l’historien decizois Pierre Volut qui nous parlera de la jeunesse de Saint-Just dans la Nièvre, de la musique d’époque, du théâtre, du cinéma avec la venue de Pierre Santini et un grand débat organisé par le Journal du Centre et modulé par Yannick Petit de Radyonne. Un débat qui aura pour thème cette période de la révolution qui nous oppose bien souvent encore : La Terreur. A ce propos, comment ne pas remercier de leurs présences Anne Quennedey et l’association des amis de Saint-Just à Blérancourt, Alcide Carton et Bernard Vandeplas de l’association des amis de Robespierre venus d’Arras, ainsi que mes amis Historiens Bernard Vinot, Marcel Dorigny et Jean Vigreux qui nous font l’honneur de leur participation à cette commémoration.

 

 Enfin, si vous voulez en savoir plus sur le sujet et que vous avez quelques instants, je vous proposerai de me retrouver autour du livre : Saint-Just la liberté ou la mort qui vient d’être édité par les éditions de Borée Centre France et à propos duquel Patrice Joly, président du conseil départemental de la Nièvre, a bien voulu écrire l’avant propos.

Bonnes festivités et belle commémoration !