J’imagine

J’imagine le temps d’un soupir

Qui se glisserai le soir venu,

Quand ton corps nu soudain s’étire

Sous un drapé déconvenue,

Attends encore, attends un peu,

Nous chasserons l’hiver ensemble

Guidés par le noir de tes yeux

Nos mains tendues s’ouvrent et tremblent.

 

Ici la terre est électrique,

Comme le brun de tes cheveux,

Et ta silhouette asymétrique

Dans ma mémoire a mis le feu.

Attends encore, attends un peu,

Le printemps chantera son hymne,

La belle chanson des jours heureux,

De nos pensées les plus intimes.

 

J’imagine la vie comme elle vient,

Du matin calme au soir couchant,

Tous les peuples main dans la main,

D’une seule voix, d’un seul chant.

Ils chanteront cette chanson,

Le temps du muguet renaissant,

Comme un refrain à l’unisson,

Devant un nouveau jour naissant.

 

Le temps s’en va, le temps m'entraine,

Sous un tonnerre de mille feux,

Vivre, vivre et briser ces chaînes,

Changer de vie, changer de lieux,

Attends encore, attends toujours,

Lorsque l’été nous sourira,

Un rose rouge chaque jour,

L’espoir perdu nous reviendra.

Michel Benoit