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Mathilde s'était endormie contre moi. Epuisé, je l'avais rejoins dans ce monde de rêve où l'amour règne sur l'infini, à jamais. Le petit matin était pourtant venu troubler ces instants délicieux. Je me surprenais à détester soudain le matin. La morsure de la gelée avait fait son oeuvre et ce matin s'annonçait verglacé. Au-delà des bois, la prairie semblait jaunie par la fraîcheur de l'aube, témoignage de la sévérité de cette fin d'hiver qui pourtant avait été loin d'être rigoureux dans le sud morvan.

Le Petit être à gauche de la Lune,
le soir,
Quand la ville dort.

Michel BENOIT

Editions Dominique Guéniot
52  Langres

En ce jour de Noel, comment ne pas vous faire partager la critique de ce livre parvenue ce jour par mail par Jean-Noel LEBLANC ( il a lu le livre, c'est certain..) Beau cadeau comme on en voudrait recevoir chaque jour.

Histoire d'amour. Pierre aime Mathilde, Mathilde aime Pierre. Mais Mathilde est mariée, et Pierre n'a vécu jusqu'ici que quelques histoires sans lendemain, sans force, sans conviction, dans un monde de bourgeois méprisants qui n'est pas le sien. Et voilà que soudain ces deux êtres découvrent que la vie peut être passionnée. D'une nuit au petit matin, Pierre roule vers l'aéroport, où Mathilde doit revenir de Lausanne, après avoir parlé à son mari. Long chemin, propice aux souvenirs, aux mises au point avec soi-même. Un café pour se défatiguer, la guerre en Irak qui se profile, et puis tous ces flash-backs, cette promesse qui revient sans cesse... Et cette incompréhension à l'aéroport, jusqu'au dénouement brutal, inattendu, d'un petit coin de ciel pas forcément bleu. La petite musique de Michel Benoït nous berce, de la mélancolie de Leonard Cohen à l'adagietto de Malher jusqu'à la violence qui affleure dans "L'Hymne à l'amour" de Piaf. Un roman fort, très fort, où nous sommes embarqués dans une passion qui emporte tout sur son passage. Bravo et encore merci, Michel !