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Le Blog de Michel Benoit
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Le Blog de Michel Benoit
15 mars 2012

Trois X Rien des Astres d'Isabelle Monin

Trois fois rien 1e couvJ'ai rencontré Isabelle il y a plusieurs années maintenant, elle était très jeune et déjà... Alors que nous présentions nos livres dans les salons champêtres, elle courait dans les bois, rêvassait sur les terrasses et récitait des poésies improvisées, un slam très prenant d'ailleurs, dans les rues de Saulieu, d'Anost ou de Bligny sur Ouches. Et bien voilà ! C'est fait... Avec Trois X rien des Astres, elle nous propose un recueil de poésies aux éditions Vermifuges. En voici un extrait :

 

APATRIDE, C’EST LE DEAL (derrière son Juke-box)

Elle se tire

Et l’inspire quand elle fait la gueule

Entre deux lèvres serrées un max

Son Juke-box était froid 

Ne plus se cacher derrière, faire face

Les mots en l’air, dit-elle

Il l’entend se tordre sous ses promesses

Son Juke-box était froid 

Il obéit à sa voix d’ombre

Tiquée bancale

Comme hivernale

Sans se soucier du sol qui manque

A chiffrer ou à perdre

Ni de ses pas qui se dérobent

Dans l’axe 

Il l’a sondée de toute son haleine

Mais son Juke-box restait froid

Son Juke-box restait froid 

T’as pas idée du manque à vivre

A l’ouest du Juke-box 

Apatride, c’est le deal

Cinglantes peurs balafrent son exil

Quotidien

Il relance sans relâche

Sa traversée funiculaire

Mais son Juke-box restait froid

Son Juke-box restait froid 

Chaînes des liées

En maillons de chiffres

Fausses sceptiques

Et bâillon délicatement roulé

Au fond des gorges chaudes 

Dessine-moi un pays pour les apatrides

Tire pour eux d’un trait une langue

Pré-synchrone, post-

Natale

Et son Juke-box, Juke-box… 

Choisis ton disque et deviens

Claqueur de doigts derrière le Juke-box… 

En attente d’une parenthèse chloroforme

De son ingérence = inhalation sous forme d’inhibition

D’une fausse couche     naufrageuse

                                               orageuse

Son Juke-box était froid

 Seul comme un trognon de savon sur le bord de             l’évier

                                                                                                              paillasse 

D’une maison de passes

En crue salasse

D’eau de vie déclassée 

Tu t’essouffles à fumer ta journée

Pendant qu’elle t’enfume

Autour du brasero

zéro

Et calcule l’écho d’

Une feinte d’(ter) 

enfance en infusion

adolescence en perfusion

adulescence en infraction

p’têt’ que tu vieillis mal ta soumission 

Alors 

Dessine-moi un pays pour les apatrides

Tire pour eux d’un trait une langue

Pré-synchrone, post-

Natale

Et son juke-box, juke-box… 

Choisis ton disque et deviens

Claqueur de doigts derrière le juke-box…

Isabelle Monin

 Copie de Photo 007

 

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