12 décembre 2009
Les Sables Roses
Les Sables Roses…..
J’en ai passé des nuits sous les ponts de la Loire,
A regarder danser les ombres du passé,
Vestiges bien innocents pour les amants d’un soir,
Dessinant sur les pierres leurs prénoms enlacés.
J’en ai passé des heures à écouter sans bruits,
Le discours des poivrots s’en retournant chez eux,
Quand les rues s’ensommeillent juste après minuit,
Les plus belles avenues appartiennent aux gueux.
Sous le pont de Decize, j’ai souvent regardé
Si Genevoix revenait sur l’autre rive,
Nous parler de la paix sur un ton décidé,
Et du bonheur de vivre pour seule perspective.
Ce bon vieux pont de pierres aux allures royales,
Avait alors encore toute sa bonne tenue,
Abrité sous les arches on déployait les malles,
Le réchaud à café chauffait en continue.
Le saucisson d’alors avait un gout de sang
Et le pichet de rouge ressemblait au vinaigre,
A six heures le gorgeon remplaçait les croissants,
Mais nos cœurs avaient chauds dans nos corps trop maigres.
On turbinait au blanc, on s’tourniquait la gueule,
Et c’était tous les jours fête en bas du pont,
Quand l’Aron débordait on s’bougeait les guibolles,
On sauvait s’qu’on pouvait, montant sur l’entrepont.
On avait peu de chose, quelques photos froissées,
Un duvet pour l’hiver, une paire de souliers,
Un clairon pour la gloire, vestige du temps passé,
Quelques instants de vie qu’on voulait oublier.
J’en ai passé des nuits sous les ponts de la Loire,
J’y repense souvent dans mes nuits de tourmentes,
M’évadant pour un temps, racontant des histoires,
Les sables roses ont des couleurs mouvantes……
Michel Benoit
18 novembre 2009
Ma Nana
Ma Nana,
T’habites dans un appartement,
Un p’tit logis qui sent l’printemps,
Décoré aux fleurs de ton âme.
Le désordre y règne en vainqueur,
Semant les pétales de ton cœur
Et les étoiles que tu enflammes
Eclairent tes yeux qui m’émerveillent.
C’est chouette,
Tes fringues qui s’entassent
Le long d’ta paillasse
Et qui s’amoncellent
C’est chouette
Tes dim’s qui côtoient
Un bouquin de Maurois
Et qui m’ensorcellent,
C’est chouette
Tes yeux qui roucoulent
Tes mains qui me soulent
Et que je retiens,
C’est chouette
Ta voix qui raisonne
Dans ton interphone
Et qui me dit viens.
Tu r’gardes pas la télévision,
Tu préfères chanter des chansons,
Dans ton bedroom quand tu t’maquilles.
Dans ton sac ta mis toute ta vie
Et moi qu’en aie tellement envie
J’voudrai m’glisser dans les jonquilles
Qui parfument le bleu de ton âme
C’est chouette,
Ton p’tit grain d’beauté
Que j’aime embrasser,
Dans ton coup doré,
C’est chouette,
Tes cheveux lissés
Que j’aime décoiffer
Sans te l’demander,
C’est chouette,
Ta jolie frimousse,
Ton corps qui s’trémousse,
Pour aller danser,
C’est chouette,
Tes lèvres qui murmurent
Tes yeux qui me jurent
Et qui me disent reste.
On vit de tout, souvent de rien,
On n’ dort pas tous les jours très bien,
Et l’on dîne de bric et de broc
Le matin, toi, tu fais des claquettes
Moi j’alimente les gazettes
De nouvelles écrites que je stock
On continue la vie d’artiste
C’est chouette,
Nos cœurs qui balancent,
En une cadence,
Qui nous ensorcellent,
C’est chouette.
Tes cheveux mouillés
Que t’as démêlé
Et qui me ruissellent
C’est chouette
Ton air révolté
Contre la société
Et notre vie d'bohème,
C’est chouette,
Tes lèvres pour toujours
Qui chantent l’amour
Et qui m’disent je t’aime.
Le 16/11/2009
25 octobre 2009
J'entends, j'entends.
J'en ai tant vu qui s'en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère
J'entends leurs pas j'entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi
Ce qu'on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m'arrache l'âme
Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond
Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J'y crois aussi moi par moments
Comme l'alouette au miroir
J'y crois parfois je vous l'avoue
A n'en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous
A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable
J'aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu'au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez
Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche
Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens
Quelle heure est-il quel temps fait-il
J'aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile
C'est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d'un trou
Jean Ferrat
22 octobre 2009
LA SOLITUDE
La SOLITUDE
C’est une lumière au petit matin,
Quand l’aube frémit pour un lendemain,
C’est une destinée qui te tend les mains,
La solitude
C’est un Picasso sans tous ses pinceaux,
C’est Marlon Brando dans l’dernier tango,
C’est un p’tit bistro pour un apéro,
La solitude
C’est quand t’as besoin de crier ta peur,
A n’importe qui, à n’importe quelle heure,
Et qu’on te déconne, en rentrant
chez toi.
§§§§§§§§§§§§
C’est un p’tit ciné dans un vieux quartier,
C’est un pardessus, un jeans délavé,
C’est la mort sympa qui te fait du pied,
La solitude
C’est trois cheveux blancs que tu as gardé,
C’est passer l’dimanche devant ta télé,
C’est un chien paumé que t’as fais piquer,
La solitude
C’est quand tu voudrais parler de ta vie,
Et que l’on t’écoute sans aucune envie,
Et qu’on te déconne, en rentrant
chez toi.
§§§§§§§§§§§§§§§
C’est un vieux piano que tu as brisé,
C’est une guitare toute désaccordée,
C’est une photo que t’as déchirée,
La solitude
C’est un paysage qui t’as fait rêver,
C’est un train d’banlieue qu’est super bondé,
C’est une page blanche que t’as griffonné,
La solitude
C’est quand tu voudrais crier ta tendresse,
Et qu’t’as oublié son nom, son adresse,
Et qu’on te dessaoule en rentrant chez toi.
§§§§§§§§§§§§§§§
C’est Paris by night un soir de janvier,
C’est une gitane laissée consumée,
C’est ton téléphone que t’as débranché,
La solitude
C’est une jolie môme qui t’as détourné,
C’est un parti d’gauche qui t’as cocufié,
C’est un revolver que tu as chargé,
La solitude
C’est un gosse qui crève de faim devant toi,
C’est la terre entière que tu n’comprends pas,
Et que tu dégueules, en rentrant chez toi,
La solitude.
La solitude.
Michel
BENOIT
21 octobre 2009
LE JEU DES DEPIPES
Ecrit il y a plus de 30 ans, rien n'a changé, désolé d'avoir eu raison.........Seule la fin reste à écrire, c'est pourtant une réelle désespérance......
LE JEU DEDEPIPES
Au jeu dédépipés,
Il faut deux gosses,
Au jeu dédépipés,
Il faut deux nouveaux nés,
Deux tous petits garçons,
Tout beaux, tout choses,
Un gosse de patron,
Un gosse d'ouvrier
La vie est un parcours,
Avec des cases,
Et puis pour avancer,
Il faut des dés.
Il y a des dés tout court,
Des dés d'occases,
Mais pour bien avancer
Il faut les acheter....
Au jeu dédépipés,
Il y a l'école,
Le jeu dédépipés
Est très scolarisé
Nos deux petits garçons
Ce n'est pas drôle
Doivent aller pour de bon
Un jour y étudier.
Mais pour les amuser
Il y a des barrières
Des paravents,
Fermés à clefs
Et pour réaliser
Une carrière,
La clef d'argent,
Il faudra l'acheter.....
Au jeu dédépipés,
Y'a des imasses,
Où l'enfant d'ouvrier
Devra se reposer
Pendant quelques années
Pöur une place
Il pourra s'amuser
Au chômage à pointer.
Et il l'a trouvera
Dans une usine,
Le fils de patron
Le guidera
Et il travaillera
Courbant l'échine
En donnant son pognon
A l'enfant qui est Roi....
Au jeu dédépipés,
Il faut deux gosses,
Au jeu dédépipés,
Il faut deux nouveaux nés,
Deux tout petits garçons
Tout beaux, tout choses,
Un gosse de patron,
Un gosse d'ouvrier
Pour ne pas se tromper
Il y a des règles,
Des règles d'or
Et puis d'argent,
Mais on peut les changer,
Toutes ces règles
Unis, les corps
D'ouvriers sont puissants.......
Daniel DURIEUX / Michel BENOIT
20 octobre 2009
J' IMAGINE
J’imagine
J’imagine le temps d’un
soupir
Qui se glisserai le soir
venu,
Quand ton corps nu soudain
s’étire
Sous un drapé déconvenue,
Attends encore, attends un
peu,
Nous chasserons l’hiver
ensemble
Guidés par le noir de tes
yeux
Nos mains tendues s’ouvrent
et tremblent.
Ici la terre est électrique,
Comme le brun de tes cheveux,
Et ta silhouette asymétrique
Dans ma mémoire a mis le feu.
Attends encore, attends un
peu,
Le printemps chantera son
hymne,
La belle chanson des jours
heureux,
De nos pensées les plus
intimes.
J’imagine la vie comme elle
vient,
Du matin calme au soir
couchant,
Tous les peuples main dans la
main,
D’une seule voix, d’un seul
chant.
Ils chanteront cette chanson,
Le temps du muguet
renaissant,
Comme un refrain à l’unisson,
Devant un nouveau jour
naissant.
Le temps s’en va, le temps
m’entraine,
Sous un tonnerre de mille
feux,
Vivre, vivre et briser ces
chaines,
Changer de vie, changer de
lieux,
Attends encore, attends
toujours,
Lorsque l’été nous sourira,
Un rose rouge chaque jour,
L’espoir perdu nous reviendra.
Michel BENOIT
12 octobre 2009
A DECIZE
Aquarelle de Jean-William Hanoteau
A Decize,
Y’a des filles qui sourient,
Quand on chante des chansons,
Et les toits des maisons
Qui jouent d’l’accordéon,
A Decize,
Sur L’Aron,
C’est la fête aux copains
La guinguette est ouverte
Et au son des flons flons
Les pêcheurs font la quête
Aux Poissons,
Y’a tes yeux,
Qui me disent je t’aime
Et ne me quittent pas,
Mais Decize c’est une ile,
Qu'on franchit pas à pas,
Par les ponts.
Y’a la Loire,
Qui s’écoule lentement
Au rythme des chansons,
Sous les yeux des amants
Qui se fiche des saisons,
A Decize.
Y’a le canal,
Quand l’printemps refleurit
Les écluses s’envolent,
Pour Avril ou Fleury
En une farandole
Sous les halles,
Au rocher,
Y’a Saint-Just
Qui nous parle,
Et qui nous tend les bras
Qui nous montre Paris,
Et nous dit ça ira
A Decize,
C’est l’été,
Sur un air de Monnot,
Genevoix fait des claquettes,
Et au fil de l’eau
L’piano joue à tue-tête
Au café.
Y’a des jours,
Venus de St Leger,
De Champvert ou d’Verneuil,
On vient pour partager
Le bonheur sur le seuil
De Decize.
Paroles Michel Benoit
Musique Dominique Boulé
08 octobre 2009
JE VOUS DIS QUE JE PARS....
JE VOUS DIS QUE JE PARS....
Pour ces mots que je ne vous ai jamais dits,
Pour tout ceux que je ne dirai plus,
Pour vos réponses furtives qui ne me contentent plus,
Pour vos leurs qui ont brisé ma vie,
Pour vos regards qui ne sont plus les miens,
Pour tous ces flous qui ne ressemblent à rien,
Pour vos absences réelles, la raideur de vos mains,
Pour vos projets d'avenir sans lendemain.
Je vous dis que je pars.
Pour la main tendue qui n'est jamais venue,
Pour cet équilibre que je n'ai jamais eu,
Pour cet amour, en retour jamais revenu,
Pour ce cœur meurtri qui saigne et n'en peut plus,
Pour l'enfance à jamais retrouvé,
Pour cette souffrance que je ne peux pardonner,
Pour ce rien qui me sépare du voyage vers la mort,
Pour ne vous laisser ni peine, ni remord,
Je vous dis que je pars.
Michel Benoit
01 octobre 2009
VOUS
Je meurs d'envie de me plonger
Dans la tiédeur de vos hivers,
Je meurs d'envie de m'incruster
Dans la chaleur de vos manières,
Je meurs d'envie de m'échapper
De mon immeuble à quatre sous,
Je meurs d'envie de me cacher
Dans la moiteur de vos dessous.
Je meurs de vous, je meurs pour vous,
Je meurs de tout ce qui est vous.
Je meurs d'envie de me baigner
Dans les ruisseaux de vos printemps,
Je meurs d'envie de me glisser
Sur les radeaux de vos étangs,
Je meurs d'envie de m'éclater
Sous la torpeur de vos soleils,
Je meurs d'envie de me jeter
Dans les humeurs de vos réveils,
Je meurs de vous, je meurs pour vous,
Je meurs de tout ce qui est vous,
Je meurs d'envie de me saigner
Dans les sillons de vos rizières,
Je meurs d'envie de me figer
A l'intérieur de vos frontières,
Je meurs d'envie de m'isoler
Dans la tendresse de vos vingt ans,
Je meurs d'envie de me sauver
Je meurs de vous tout simplement.
Je meurs de vous, je meurs pour vous,
Je meurs de tout ce qui est vous.
Michel Benoit
31 août 2009
LE BANC DE L' ETERNITE
Lorsque nous aurons fuit le monde des vivants,
Nous nous retrouverons sur les bords de l'Aron,
Pour y parler de tout, du bon vieux temps d'avant,
Voyageant vers hier par le vent nous irons.
Nous nous réunirons, tranquilles, sur un vieux banc,
Invisibles à tous ceux qui passent leur chemin,
Et rirons aux éclats en écoutant Leblanc,
Nous dévoilant des perles écrites à quatre mains.
Puis, pour quelques instants, notre vieux pont de Loire,
Sera le plus anglais des ponts mystérieux,
La brume dissipée, Leblanc viendra s'assoir,
Se caressant la barbe, rêveur et silencieux.
Desseux nous parlera des tous derniers instants
Des assassins paumés qui portèrent leur tête
Sur les bois de justice, amusant pour temps
Le peuple des faubourgs, goguenard et en fête.
Gavory griffonnant sur un papier journal
Refera les portraits d'une époque révolue,
Tandis que les poulbots ouvriront le grand bal
Des barricades figées aux quatre coins des rues.
Cougny nous fera rire, son béret à la main,
Ayant rejoint la Jeanne depuis quelques années,
Devant un verre de rouquin et quignon de pain,
Témoin d'un autre temps, d'une autre destinée.
J'évoquerai Saint-Just et ce petit être
Qui à gauche de la Lune semblait si différent.
Boulé de ses mains d'or refera renaître
La Monnot et la Piaf sur un clavier géant.
Le temps s'écoulera dans cette éternité,
Comme au vingt et un juin, le sourire de tes yeux
Annoncera joyeux le plus beau des été
Tu me diras je t'aime d'un p'tit air malicieux.
Lorsque nous aurons fuit le monde des vivants.....
Michel Benoit













