Le Blog de Michel Benoit

Blog littéraire et historique consacré aux livres édités et projets de publication de Michel Benoit, littérature, théâtre, poésie......

12 décembre 2009

Les Sables Roses

Les Sables Roses…..

 

 

J’en ai passé des nuits sous les ponts de la Loire,

A regarder danser les ombres du passé,

Vestiges bien innocents pour les amants d’un soir,

Dessinant sur les pierres leurs prénoms enlacés.

 

J’en ai passé des heures à écouter sans bruits,

Le discours des poivrots s’en retournant chez eux,

Quand les rues s’ensommeillent juste après minuit,

Les plus belles avenues appartiennent aux gueux.

 

Sous le pont de Decize, j’ai souvent regardé

Si Genevoix revenait sur l’autre rive,

Nous parler de la paix sur un ton décidé,

Et du bonheur de vivre pour seule perspective.

 

Ce bon vieux pont de pierres aux allures royales,

Avait alors encore toute sa bonne tenue,

Abrité sous les arches on déployait les malles,

Le réchaud à café chauffait en continue.

 

Le saucisson d’alors avait un gout de sang

Et le pichet de rouge ressemblait au vinaigre,

A six heures le gorgeon remplaçait les croissants,

Mais nos cœurs avaient chauds dans nos corps trop maigres.

 

On turbinait au blanc, on s’tourniquait la gueule,

Et c’était tous les jours fête en bas du pont,

Quand l’Aron débordait on s’bougeait les guibolles,

On sauvait s’qu’on pouvait, montant sur l’entrepont.

 

On avait peu de chose, quelques photos froissées,

Un duvet pour l’hiver, une paire de souliers,

Un clairon pour la gloire, vestige du temps passé,

Quelques instants de vie qu’on voulait oublier.

 

J’en ai passé des nuits sous les ponts de la Loire,

J’y repense souvent dans mes nuits de tourmentes,

M’évadant pour un temps, racontant des histoires,

Les sables roses ont des couleurs mouvantes……

 

Michel Benoit

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2009

Ma Nana

Ma Nana,

 

T’habites dans un appartement,

Un p’tit logis qui sent l’printemps,

Décoré aux fleurs de ton âme.

Le désordre y règne en vainqueur,

Semant les pétales de ton cœur

Et les étoiles que tu enflammes

Eclairent tes yeux qui m’émerveillent.

 

C’est chouette,

Tes fringues qui s’entassent

Le long d’ta paillasse

Et qui s’amoncellent

C’est chouette

Tes dim’s qui côtoient

Un bouquin de Maurois

Et qui m’ensorcellent,

C’est chouette

Tes yeux qui roucoulent

Tes mains qui me soulent

Et que je retiens,

C’est chouette

Ta voix qui raisonne

Dans ton interphone

Et qui me dit viens.

 

Tu r’gardes pas la télévision,

Tu préfères chanter des chansons,

Dans ton bedroom quand tu t’maquilles.

Dans ton sac ta mis toute ta vie

Et moi qu’en aie tellement envie

J’voudrai m’glisser dans les jonquilles

Qui parfument le bleu de ton âme

 

 

C’est chouette,

Ton p’tit grain d’beauté

Que j’aime embrasser,

Dans ton coup doré,

C’est chouette,

Tes cheveux lissés

Que j’aime décoiffer

Sans te l’demander,

C’est chouette,

Ta jolie frimousse,

Ton corps qui s’trémousse,

Pour aller danser,

C’est chouette,

Tes lèvres qui murmurent

Tes yeux qui me jurent

Et qui me disent reste.

 

On vit de tout, souvent de rien,

On n’ dort pas tous les jours très bien,

Et l’on dîne de bric et de broc

Le matin, toi, tu fais des claquettes

Moi j’alimente les gazettes

De nouvelles écrites que je stock

On continue la vie d’artiste

 

C’est chouette,

Nos cœurs qui balancent,

En une cadence,

Qui nous ensorcellent,

C’est chouette.

Tes cheveux mouillés

Que t’as démêlé

Et qui me ruissellent

C’est chouette

Ton air révolté

Contre la société

Et notre vie d'bohème,

C’est chouette,

Tes lèvres pour toujours

Qui chantent l’amour

Et qui m’disent je t’aime.

 

 

Le 16/11/2009

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2009

J'entends, j'entends.

ferrat2je9

J'en ai tant vu qui s'en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère

J'entends leurs pas j'entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi

Ce qu'on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m'arrache l'âme

Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond

Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J'y crois aussi moi par moments
Comme l'alouette au miroir

J'y crois parfois je vous l'avoue
A n'en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous

A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable

J'aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu'au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J'aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C'est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d'un trou

Jean Ferrat

 

 

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2009

LA SOLITUDE

Copie_de_Snap_2009





La SOLITUDE

C’est une lumière au petit matin,

Quand l’aube frémit pour un lendemain,

C’est une destinée qui te tend les mains,

La solitude

C’est un Picasso sans tous ses pinceaux,

C’est Marlon Brando dans l’dernier tango,

C’est un p’tit bistro pour un apéro,

La solitude

C’est quand t’as besoin de crier ta peur,

A n’importe qui, à n’importe quelle heure,

Et qu’on te déconne, en rentrant chez toi.

 §§§§§§§§§§§§

C’est un p’tit ciné dans un vieux quartier,

C’est un pardessus, un jeans délavé,

C’est la mort sympa qui te fait du pied,

La solitude

C’est trois cheveux blancs que tu as gardé,

C’est passer l’dimanche devant ta télé,

C’est un chien paumé que t’as fais piquer,

La solitude

C’est quand tu voudrais parler de ta vie,

Et que l’on t’écoute sans aucune envie,

Et qu’on te déconne, en rentrant chez toi.

 §§§§§§§§§§§§§§§

C’est un vieux piano que tu as brisé,

C’est une guitare toute désaccordée,

C’est une photo que t’as déchirée,

La solitude

C’est un paysage qui t’as fait rêver,

C’est un train d’banlieue qu’est super bondé,

C’est une page blanche que t’as griffonné,

La solitude

C’est quand tu voudrais crier ta tendresse,

Et qu’t’as oublié son nom, son adresse,

Et qu’on te dessaoule en rentrant chez toi.

 §§§§§§§§§§§§§§§

C’est Paris by night un soir de janvier,

C’est une gitane laissée consumée,

C’est ton téléphone que t’as débranché,

La solitude

C’est une jolie môme qui t’as détourné,

C’est un parti d’gauche qui t’as cocufié,

C’est un revolver que tu as chargé,

La solitude

C’est un gosse qui crève de faim devant toi,

C’est la terre entière que tu n’comprends pas,

Et que tu dégueules, en rentrant chez toi,

La solitude.

La solitude.

 

Michel BENOIT

 

 

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2009

LE JEU DES DEPIPES

Ecrit il y a plus de 30 ans, rien n'a changé, désolé d'avoir eu raison.........Seule la fin reste à écrire, c'est pourtant une réelle désespérance......

Jean_Sarkozy



LE JEU DEDEPIPES






Au jeu dédépipés,
Il faut deux gosses,
Au jeu dédépipés,
Il faut deux nouveaux nés,
Deux tous petits garçons,
Tout beaux, tout choses,
Un gosse de patron,
Un gosse d'ouvrier
La vie est un parcours,
Avec des cases,
Et puis pour avancer,
Il faut des dés.
Il y a des dés tout court,
Des dés d'occases,
Mais pour bien avancer
Il faut les acheter....

Au jeu dédépipés,
Il y a l'école,
Le jeu dédépipés
Est très scolarisé
Nos deux petits garçons
Ce n'est pas drôle
Doivent aller pour de bon
Un jour y étudier.
Mais pour les amuser
Il y a des barrières
Des paravents,
Fermés à clefs
Et pour réaliser
Une carrière,
La clef d'argent,
Il faudra l'acheter.....

Au jeu dédépipés,
Y'a des imasses,
Où l'enfant d'ouvrier
Devra se reposer
Pendant quelques années
Pöur une place
Il pourra s'amuser
Au chômage à pointer.
Et il l'a trouvera
Dans une usine,
Le fils de patron
Le guidera
Et il travaillera
Courbant l'échine
En donnant son pognon
A l'enfant qui est Roi....

Au jeu dédépipés,
Il faut deux gosses,
Au jeu dédépipés,
Il faut deux nouveaux nés,
Deux tout petits garçons
Tout beaux, tout choses,
Un gosse de patron,
Un gosse d'ouvrier
Pour ne pas se tromper
Il y a des règles,
Des règles d'or
Et puis d'argent,
Mais on peut les changer,
Toutes ces règles
Unis, les corps
D'ouvriers sont puissants.......

Daniel DURIEUX / Michel BENOIT

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2009

J' IMAGINE

J’imagine

J’imagine le temps d’un soupir

Qui se glisserai le soir venu,

Quand ton corps nu soudain s’étire

Sous un drapé déconvenue,

Attends encore, attends un peu,

Nous chasserons l’hiver ensemble

Guidés par le noir de tes yeux

Nos mains tendues s’ouvrent et tremblent.

 

Ici la terre est électrique,

Comme le brun de tes cheveux,

Et ta silhouette asymétrique

Dans ma mémoire a mis le feu.

Attends encore, attends un peu,

Le printemps chantera son hymne,

La belle chanson des jours heureux,

De nos pensées les plus intimes.

 

J’imagine la vie comme elle vient,

Du matin calme au soir couchant,

Tous les peuples main dans la main,

D’une seule voix, d’un seul chant.

Ils chanteront cette chanson,

Le temps du muguet renaissant,

Comme un refrain à l’unisson,

Devant un nouveau jour naissant.

 

Le temps s’en va, le temps m’entraine,

Sous un tonnerre de mille feux,

Vivre, vivre et briser ces chaines,

Changer de vie, changer de lieux,

Attends encore, attends toujours,

Lorsque l’été nous sourira,

Un rose rouge chaque jour,

L’espoir perdu nous reviendra.

Michel BENOIT

 

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2009

A DECIZE

aquarelle_decize




Aquarelle de Jean-William Hanoteau


A Decize,

Y’a des filles qui sourient,

Quand on chante des chansons,

Et les toits des maisons

Qui jouent d’l’accordéon,

A Decize,

Sur L’Aron,

C’est la fête aux copains

La guinguette est ouverte

Et au son des flons flons

Les pêcheurs font la quête

Aux Poissons,

Y’a tes yeux,

Qui me disent je t’aime

Et ne me quittent pas,

Mais Decize c’est une ile,

Qu'on franchit pas à pas,

Par les ponts.

Y’a la Loire,

Qui s’écoule lentement

Au rythme des chansons,

Sous les yeux des amants

Qui se fiche des saisons,

A Decize.

Y’a le canal,

Quand l’printemps refleurit

Les écluses s’envolent,

Pour Avril ou Fleury

En une farandole

Sous les halles,

Au rocher,

Y’a Saint-Just

Qui nous parle,

Et qui nous tend les bras

Qui nous montre Paris,

Et nous dit ça ira

A Decize,

C’est l’été,

Sur un air de Monnot,

Genevoix fait des claquettes,

Et au fil de l’eau

L’piano joue à tue-tête

Au café.

Y’a des jours,

Venus de St Leger,

De Champvert ou d’Verneuil,

On vient pour partager

Le bonheur sur le seuil

De Decize.

Paroles Michel Benoit

Musique Dominique Boulé

 

 

 

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 octobre 2009

JE VOUS DIS QUE JE PARS....

JE VOUS DIS QUE JE PARS....

Pour ces mots que je ne vous ai jamais dits,
Pour tout ceux que je ne dirai plus,
Pour vos réponses furtives qui ne me contentent plus,
Pour vos leurs qui ont brisé ma vie,


Pour vos regards qui ne sont plus les miens,
Pour tous ces flous qui ne ressemblent à rien,
Pour vos absences réelles, la raideur de vos mains,
Pour vos projets d'avenir sans lendemain.


Je vous dis que je pars.


Pour la main tendue qui n'est jamais venue,
Pour cet équilibre que je n'ai jamais eu,
Pour cet amour, en retour jamais revenu,
Pour ce cœur meurtri qui saigne et n'en peut plus,


Pour l'enfance à jamais retrouvé,
Pour cette souffrance que je ne peux pardonner,
Pour ce rien qui me sépare du voyage vers la mort,
Pour ne vous laisser ni peine, ni remord,


Je vous dis que je pars.

 

Michel Benoit

 

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 octobre 2009

VOUS

Je meurs d'envie de me plonger
Dans la tiédeur de vos hivers,
Je meurs d'envie de m'incruster
Dans la chaleur de vos manières,
Je meurs d'envie de m'échapper
De mon immeuble à quatre sous,
Je meurs d'envie de me cacher
Dans la moiteur de vos dessous.

Je meurs de vous, je meurs pour vous,
Je meurs de tout ce qui est vous.
Carole_2
Je meurs d'envie de me baigner
Dans les ruisseaux de vos printemps,
Je meurs d'envie de me glisser
Sur les radeaux de vos étangs,
Je meurs d'envie de m'éclater
Sous la torpeur de vos soleils,
Je meurs d'envie de me jeter
Dans les humeurs de vos réveils,

Je meurs de vous, je meurs pour vous,
Je meurs de tout ce qui est vous,

Je meurs d'envie de me saigner
Dans les sillons de vos rizières,
Je meurs d'envie de me figer
A l'intérieur de vos frontières,
Je meurs d'envie de m'isoler
Dans la tendresse de vos vingt ans,
Je meurs d'envie de me sauver
Je meurs de vous tout simplement.

Je meurs de vous, je meurs pour vous,
Je meurs de tout ce qui est vous.

Michel Benoit

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 août 2009

LE BANC DE L' ETERNITE

Lorsque nous aurons fuit le monde des vivants,
Nous nous retrouverons sur les bords de l'Aron,
Pour y parler de tout, du bon vieux temps d'avant,
Voyageant vers hier par le vent nous irons.

Nous nous réunirons, tranquilles, sur un vieux banc,
Invisibles à tous ceux qui passent leur chemin,
Et rirons aux éclats en écoutant Leblanc,
Nous dévoilant des perles écrites à quatre mains.

Puis, pour quelques instants, notre vieux pont de Loire,
Sera le plus anglais des ponts mystérieux,
La brume dissipée, Leblanc viendra s'assoir,
Se caressant la barbe, rêveur et silencieux.

Desseux nous parlera des tous derniers instants
Des assassins paumés qui portèrent leur tête
Sur les bois de justice, amusant pour temps
Le peuple des faubourgs, goguenard et en fête.

Gavory griffonnant sur un papier journal
Refera les portraits d'une époque révolue,
Tandis que les poulbots ouvriront le grand bal
Des barricades figées aux quatre coins des rues.

Cougny nous fera rire, son béret à la main,
Ayant rejoint la Jeanne depuis quelques années,
Devant un verre de rouquin et quignon de pain,
Témoin d'un autre temps, d'une autre destinée.

J'évoquerai Saint-Just et ce petit être
Qui à gauche de la Lune semblait si différent.
Boulé de ses mains d'or refera renaître
La Monnot et la Piaf sur un clavier géant.

Le temps s'écoulera dans cette éternité,
Comme au vingt et un juin, le sourire de tes yeux
Annoncera joyeux le plus beau des été
Tu me diras je t'aime d'un p'tit air malicieux.
Lorsque nous aurons fuit le monde des vivants.....

Michel Benoit

Posté par michelbenoit à 00:05 - POESIES - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »