20 février 2009
L'affaire des Chambrun d'Uxeloup
Ceux qui ont lu mon ouvrage Saint-Just Apogée d'un silence, dernier regard reconnaîtront aisément cette histoire concernant l'un des sept portraits dédiés à des personnages ayant vécu sous la révolution française dans la Nièvre.
"Consultant les archives départementales en 2002 dans le but de trouver quelque nivernais pouvant avoir un intérêt particulier, je tombais sur le nom d'un magistrat exécuté en compagnie de son fils à Paris en pleine terreur. Tout d'abord, hormis toute l'horreur de la situation, il me paraissait intéressant d'imaginer la mort du père et du fils, le même jour et de la même main, celle du bourreau Henri Sanson. Le nom, celui de Chambrun d'Uxeloup me fit penser immédiatement à ce petit village proche de Nevers, de Magny Cours et de Chevenon qui s'appelle aujourd'hui Luthenay Uxeloup. Ayant pris quelques notes aux archives, je décidais, séance tenante, de me rendre à la mairie de la petite commune pour tenter de trouver d'autres renseignements pouvant se rapporter à cette famille qui, sans aucun doute, avait du partager son histoire avec celle de cette commune. Je fus accueilli très aimablement par la secrétaire de mairie qui m'ouvrit les registres de l'état civil. Quelle chance pour moi de constater que ceux-ci étaient encore sur place et je pu les feuilleter depuis l'année 1790. Un homme entra dans la salle de mairie, un habitué certainement. Demandant à l'employée qui j'étais et ce que je faisais, installé à une table et recopiant les actes trouvés, elle lui fit part de mes recherches. Interessé par ma démarche et par mes recherches, il m'avoua être le maire de la commune, lui même passionné d'histoire et nous parlâmes ainsi durant de longues minutes. Il m'avoua qu'il venait d'acquérir un vieux moulin ayant appartenu à cette famille Chambrun et qu'au grenier il y avait une caisse.... avec des documents concernant la famille. Sans attendre, nous nous rendîmes tous deux au moulin et après l'ouverture de la caisse de bois, je découvris avec plaisir de véritables trésors, description de la famille Chambrun, description de la ferme fortifiée telle qu'elle était à l'époque révolutionnaire, description des meubles saisis et mis en vente après l'exécution des deux hommes.
Quel trésor avais-je alors trouvé ! De quoi reconstituer toute une vie. Heureux de m'avoir aidé dans ma démarche, il m'emmena ensuite près de la route allant sur Nevers, qui n'existait pas à l'époque, et nous nous rendîmes sur le lieu d'habitation où seuls demeuraient quelques bâtiments et une ferme. C'est là que les Chambrun avaient vécu sous la révolution, c'est là qu'ils avaient été arrêtés, le père pour avoir caché le fils revenant de l'immigration, l'oncle curé pour avoir refusé de préter serment à la constitution ( il mourra avec les 150 prêtres partis de Nevers par la Loire à destination de Brest ) la mère et les enfants pour avoir simplement porté le nom de Chambrun.
Je me souviens m'être assis sur un banc de pierre, près d'un vieux puits, et d'y être resté longtemps, immobile, à l'affut du moindre bruit pouvant m'indiquer qu'eux aussi étaient là, près de moi, ravis peut-être d'avoir guidé mes pas jusqu'à eux.
12 février 2009
NAPOLEON LE PETIT
Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait
? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en
huit mois un homme de génie eût changé la face de la
France,
de l'Europe
peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n'en
sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se
démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets
;
ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur
sa nullité ;
c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue
tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une
princesse étrangère,
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole,
les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui
brille, toutes les
verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent,
l'agio, la banque, la
Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les
satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si
petit
et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve
énorme,
il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque
surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule
aux pieds,
lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue
!
Triste spectacle que celui du galop, à travers
l'absurde,
d'un homme médiocre échappé
".
Victor HUGO, Napoléon, le
petit
Réédité chez Actes
Sud
Sacré Victor ! Si tu nous entend et nous regarde, pauvre de nous... Tu dois te dire que décidement, l'histoire se répète et que les hommes sont bien naïfs...!!!!
08 février 2009
La Rue LESUEUR du Bon Docteur PETIOT
Le proces du docteur petiot (1946)
Une page d'actualité cinématographique de l'époque nous montre la reconstitution effectuée rue Lesueur après l'arrestation du docteur Petiot.
Je vous confie à ce sujet cette anecdote familiale : Nous sommes en 1942 à Paris, l'hiver est froid, l'un des plus froid que l'on ait connu selon les témoignages, ma mère âgée de 15 ans, souffrant d'une forte angine, se rendit en compagnie de sa soeur, chez un médecin. Elle se rappelle qu'il la soigna parfaitement mais garda longtemps souvenir de ses yeux fixes, énormes, des yeux que l'on n'oublie pas. Ce médecin, connu de tous, était le docteur Petiot. Trois années plus tard, il était arrêté, condamné à mort et exécuté pour avoir assassiné un grand nombre de Juifs dans sa maison de la rue Lesueur.
Ci-dessus fausse pièce d'identité du docteur Petiot ( Musée de la préfecture de Police à Paris )
04 février 2009
Balades historiques
Guillotine
Malgré la modernisation, la destruction des rues, des ruelles, des maisons où tant d'évènements se sont déroulés à travers les siècles passés, nous pouvons encore de nos jours retrouver certains lieux qui sont chargés d'histoire dans la capitale. Voici un cours extrait d'une émission traitant de ce sujet, j'aime à arpenter moi aussi depuis ma plus tendre enfance, ces lieux secrets, partir à la découverte de ces pierres, ces maisons, ces jardins, témoins de tant d'évènements historiques. Je vous proposerai quelques lieux dans les jous prochain, retrouvés lors de mes promenades solitaires en espérant vous faire partager cette passion.
Ces pierres de la prison de la Roquette, aujourd'hui détruite, je les ai cherché longtemps avant de les découvrir au beau milieu de la chaussée. L'effet et la sensation est assuré, alors si vous passez par là, arrêtez-vous quelques instants....Partout, dans chaque ville, n'oublions jamais que nous marchons sur des morts.
10 septembre 2008
PORTRAIT DE LOUIS XVII A CHEVERNY
Une petite curiosité que je vous livre sur mon blog et que j'ai découverte l'année dernière en visitant le château de Cheverny. Le hasard, toujours lui ! Parti avec mon fils pour visiter le musée de Tintin et Milou, nous ne pouvions sincèrement quitter les lieux sans visiter les salles du Château. J'avais d'ailleurs visité celles-ci il y a longtemps, plus de trente ans, mais jamais je n'avais fais attention à cette toile, etait-elle là d'ailleurs.
C'est dans une salle qui doit se trouver près de l'aile droite du Château que je découvris ce tableau qu'aucun ne semblait voir, celui-ci étant si petit et passant totalement inaperçu du grand public. Après m'être arrêté de longues minutes devant celui-ci, je ne pouvais que conclure que ce portrait ne pouvait être autre que celui de Louis XVII.D'ailleursXVII.D'ailleurs, tout dans ce portrait me rappelais à lui. Un enfant, habillé d'une redingotte de l'époque, cheveux long, visage doux, posant sur un fond sans couleur, austère, rappelant peut-être les murs de sa prison au Temple.
Un enfant pourtant bien plus âgé que le fils de Louis XVI qui, s'il avait posé pour un peintre dans la prison du Temple, ce qui serait bien surprenant, pourraît être adolescent. Oui, mais voilà, le jeune Louis XVII n'avait que dix ans lors de sa détention à la prison du Temple..... Un enfant souriant, ce qui paraît encore moins vraisemblable si celui-ci est bien le dauphin et s'il fût peint lors de sa détention,car un portrait est aussi un message, et quel message le peintre a-t-il voulu envoyer à la postérité ? A moins que cet enfant soit libre et là..... Comment cette toile est-elle parvenue dans ce château ? Pourquoi la guide et la conservatrice de ce musée n'ont pu me renseigner sur l'identité de cet enfant ? Ont-ils d'ailleurs approfondi la question ?
Si vous avez quelques réponses à ce sujet, merci de m'en faire part, je reste convaincu que cet enfant est bien Louis XVII mais je ne connaissais pas ce portrait qui, pour ma part, est une énigme supplémentaire quant à la survivance de celui qui aurait dû prendre le titre de Louis XVIII sous la restauration.
Michel BENOIT










