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Nous assistons depuis plusieurs jours à l’avènement d’un nouvel âge identitaire, imposé par une poignée d’activistes et qui, au nom de l’antiracisme, s’acharnent à monter les êtres, les uns contre les autres, et installent un climat de peur et de violence sur la surface du globe. En France, pays de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, nous avons nous aussi notre lot de délits et de crimes commis au nom d’une préférence raciale, religieuse et ethnique… Lesquels ont toujours été ordonnés au nom du profit des plus puissants à l’encontre des plus pauvres. Toutefois,  nous avançons tous ensemble, dans le bon sens, pour rétablir l’égalité entre tous les hommes. Tout ceci nous rappelle le caractère fragile de notre unité nationale.

Face aux événements que nous vivons  depuis quelque jours, nos valeurs culturelles, de vivre ensemble, de tolérance et de partage, semble bien mises à mal. À l’heure où nous devrions partager l’essentiel de nos valeurs, la priorité de certains peut paraître à géométrie variable et force est de constater que tous ne font pas leurs, l’esprit devant se dégager d’une véritable Nation. Certains avancent, même sans aucune arrière-pensée, que la religion est prioritaire sur la nationalité. Il est peut-être temps de rappeler à tous ce qu’est une Nation.

La France n’est pas un pays, elle est bien plus, c’est une Nation ! Une Nation laïque construite idéologiquement.  Et qu’est-ce qu’une Nation laïque, sinon une conscience morale que chacun s’approprie au fur et à mesure des générations…

Alors qu’à la naissance de notre société, l’idée de Nation renvoyait à un groupe d’hommes aux mêmes origines communes, cette idée de Nation dépasse aujourd’hui le cadre ethnique ou tribal. Elle trouve sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le sentiment d’une appartenance commune. Elle est ainsi à la fois extérieure aux individus, en même temps qu’elle est intériorisée et transmise d’une génération à l’autre.

Une nation est une âme, un principe spirituel. En France comme dans d’autres pays, la Nation est liée à son histoire. L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dispose ainsi que "le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément."

Aujourd’hui, l’idée de Nation déplaît. Elle déplaît et elle gêne. Elle déplaît tant, qu’elle est mise à rude épreuve à chaque occasion. Par le terrorisme, l’intégrisme bien sûr, qui ne cherche qu’à faire éclater en morceaux cet esprit de Nation, mais pas seulement… Par la mondialisation d’une part, créée par la société libéralisée, que l’esprit de Nation gêne considérablement, devenant un frein à la libre exploitation des biens et des personnes. L’ordre financier mondial ne souhaitant qu’une seule chose ; que les pays s’effacent, face à l’enjeu d’un grand marché mondial où toute distinction, toute originalité, serait supprimée au bénéfice d’un profit toujours plus grandissant.

A l’heure où les plus grands dangers menacent nos libertés, soyons vigilants à ce que, plus que jamais, notre Histoire soit expliquée aux jeunes et aux moins jeunes afin qu’ils comprennent le cheminement qui amène à la tyrannie et pour que plus jamais la tentation d’une supériorité des uns sur d’autres ne viennent mettre en danger notre grande idée de Nation.

Refusons de glisser les drames de notre Histoire sous le tapis de la bonne conscience mais aussi, refusons de censurer les œuvres culturelles d’hier, quelles soient littéraires, cinématographiques ou autres… de déboulonner des statues, de rebaptiser le nom des rues, des monuments publics, d’effacer l’image ou le portrait de ces aïeux ayant participé de gré ou de force à ces exactions dans une autre vie car comme l’écrivait Camille Desmoulins peu avant sa mort : «  Brûler n’est pas répondre ! ».

Résistons contre la disparition ou la domestication de la France au service d’une volonté étrangère, identitaire ou communautariste ! Il serait désastreux pour l’humain, pour la liberté et la justice universelle que les forces des ténèbres, nous menaçant, gagnent du terrain, car l’homme, qu’il soit blanc ou noir, n’est ni esclaveni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. C’est la formation d’une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de cœur, que se crée une conscience morale qui s'appelle une nation.

Michel Benoit