Un petit retour sur ma pièce de théâtre D'entre les morts " jouée au Forges royales de Guérigny dans le cadre des 3 journées que j'avais organisées pour fêter le 250ème anniversaire de la naissance de Saint-Just dans la Nièvre, 3 journées organisées avec la participation du Conseil départemental de la Nièvre, des jeunes du Lycée Horticole de Varzy et leurs professeurs et du théâtre des Forges royales.

Un petit hommage à celle qui me fit la préface du livret de cette pièce historique mettant en scène Danton, Saint-Just et Robespierre le lendemain de leurs exécutions. Sa contribution à cette oeuvre fut importante et décisive, que ce soit au niveau de la conception de ces 3 journées qu'à l'organisation de l'exposition des archives qui fut proposée aux visiteurs dans la salle Olympe de Gouge attenante au théâtre. Ce livret reprenant l'intégralité du texte de la pièce " D'entre les morts " est encore disponible à ce jour chez l'auteur. si vous êtes interessés pour vous le procurer, il vous suffit de me contacter par le biais de ce Blog.

Couverure 257

Avant  Propos.

Une pièce en un acte, qui, de l’au-delà pose la réflexion du principe même de la Révolution et de son héritage. C’est dans un lieu inconnu des humains, le lendemain de leur mort que tous se retrouvent, Desmoulins, Danton, Saint-Just, Robespierre… avant que le destin de chacun, incertain (et qui le restera) ne soit scellé. Un temps pour évoquer ce qu’il aurait dû advenir de la République, celle voulue par les Révolutionnaires de 1789, morte avant d’avoir vécue. Tous guillotinés, tous conjurés au nom de leur dessein personnel pour donner l’illusion de l’avènement de l’esprit du peuple.
Il n’est question dans la pièce que d’un débat d’idées, d’un duel opposant les conceptions personnelles. Les actes sont laissés de côté ; ils appartiennent au collectif, au Comité de Salut public, à la Convention comme signataires des décisions du peuple.
Un duel de pensée donc où chaque protagoniste parle en son nom de ce qui restera de leur vision de l’esprit révolutionnaire, du principe démocratique. Une perception idéalisée du triomphe du peuple (grandeur des idées de Robespierre) ou une récupération personnelle du pouvoir au nom du peuple où argent, femmes, corruption ont force de loi (incarnée par Danton) ? Face à cet antagonisme, s’éternise le silence du peuple (interprété par Desmoulins), la foule de ceux qui suivent, de ceux qui n’ont pas compris, de ceux aussi qui, au nom de l’amitié (sincère ou profitable) défendent corps et âme ce qui ne tend pas à l’être et qui plongent dans le chaos sanguinaire quoi qu’il advienne.
Dans cette antichambre gardée par une femme du peuple, éloignée de toutes ces questions politiques, morales, idéologiques, reste l’éternelle question du devenir de chacun et de la trace laissée par les protagonistes de l’histoire, de ce qui lui survivra, selon qu’elle sera comprise ou incomprise, conceptualisée ou mise à profit, et, à quel profit : personnel ou collectif ? L’ignorance ou la lumière ? L’enfer ou le paradis ?
Une façon aussi pour son auteur, Michel Benoit, de dire toute l’intelligence que l’humanité aurait à gagner à écouter les uns et les autres dans ce qu’ils ont à dire pour le bien de l’humanité et à ne pas se perdre dans les interprétations et les récupérations personnelles qui ne visent qu’à ignorer le bonheur collectif.
Anne Magnard Professeur d’Histoire