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Voici l'histoire que j'aurai le plaisir d'évoquer aux élèves de seconde paysagère au Lycée Horticole de Varzy dans le cadre des cours d'Histoire que j'anime chaque semaine avec la professeur principale de cette classe. Le programme de ce second trimestre étant Les Grandes Découvertes, il était important de parler des derniers moments de celui qui avait amélioré considérablement les mesures de navigation, grand cartographe, et qui avait également permis aux médecins de mettre au point le système d’alimentation devant éviter le scorbut aux hommes embarqués plusieurs mois en mer et à la découverte de « l’écorce du Pérou » équivalente à la Quinine afin de lutter contre les maladies tropicales telles le paludisme.

 

La mort du Capitaine Cook- Fin du voyage-

 

C’est par un étrange fait du sort que Cook devait trouver la mort dans la Baie de Kealakekua. Lui et ses hommes avaient débarqué il y a plus d’un mois alors qu’ils venaient d’explorer l’archipel. Ce séjour avait pour but de réapprovisionner les marins en nourriture et en eau potable. L’arrivée du navire dans la Baie était survenue durant la période où les habitants de l’ile rendaient hommage  à Lono, le dieu de la paix. Pour la grande majorité d’entre eux, le dieu Lono avait revêtu les traits de James Cook, déifié pour la circonstance.  L’équipage et son capitaine avait ensuite regagné le large pour poursuivre leur route vers d’autres archipels mais une avarie du mat de misaine leur avait fait rebrousser chemin. De retour à Hawaï afin de procéder aux réparations nécessaires à la navigation du navire, c’est à un tout autre état d’esprit de la population que devaient être confrontés les marins de Hms Résolution.

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La période fêtant le dieu de la paix avait laissé sa place à celle honorant le dieu de la guerre et s’abandonnant aux pulsions guerrières, les Hawaïens cherchaient constamment  querelle aux hommes de Cook débarqués sur l’ile. Des bagarres se déclarèrent, les vols de matériel s’intensifièrent et devant une telle escalade de violence, James Cook prit la décision de prendre en otage Kalaniopu’u, le roi de la tribu principale, afin que les vols soient restitués.

Cette décision va être perçue comme une véritable provocation et une sorte de déclaration de guerre. Lono alias Cook déclarant la guerre à Ku, dieu de la guerre, alias Kalaniuopu’u. Une déclaration de guerre où seule la mort aura raison des deux camps.

Après avoir tenté de parlementer avec les chefs des tribus Hawaïennes, le capitaine Cook est prêt à s’embarquer avec ses hommes. Ils sont réunis sur la plage, près des petites embarcations qui leur permettront de regagner le navire Hms Résolution, quand soudain, un coup de feu claque et résonne sur toute la baie. C’est l’un des hommes de Cook qui a voulu faire peur aux occupants de l’ile rassemblés autour d’eux. Un indigène s’effondre sur le sable et aux cris et aux lamentations des indigènes Cook comprend immédiatement que l’homme qui vient de s’écrouler à ses pieds est l’un des chefs de la tribu présente. C’est une bavure épouvantable !

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Sans attendre un instant, les hommes menaçants et patibulaires se transforment en guerriers, ils se parent de peintures de combat et empoignent leurs armes. James Cook a compris. Il faut fuir au plus vite. Il enjambe le canot le plus proche pour quitter l’ile en évitant les jets de pierres lancés par les indigènes. L’une d’elle le touche au dos. Il se retourne pour se défendre, sort son pistolet et tire une volée de plombs en direction des hommes qui sont à présent bien décidés à se venger de la mort de leur chef. Un Hawaïen s’écroule, touché, mais le tir n’empêche pas les autochtones de se jeter sur les marins qui protègent James Cook. C’est à une ruée vengeresse et hurlante qu’assistent les hommes du lieutenant Clerke, restés sur le navire ancré au large de l’ile, impuissants…

Les pierres et les lances fusent sur les marins. Une pierre, plus grosse que la première reçue, atteint James Cook au visage, lequel perd l’équilibre et est poignardé par un indigène. Il s’écroule dans l’eau rougi par le sang des combats. Les Hawaïens poussent alors un immense cri général en guise de vengeance et de victoire et vont se ruer sur le corps du capitaine, le porter mourant sur la plage et le dévorer vivant aux yeux épouvantés des quelques marins qui ont réussi à prendre le large à bord de l’une des barques qui demeurait sur la plage.

Le lendemain soir, les marins restés en alerte sur le navire, devaient apercevoir quelques pirogues s’approchant de la proue du bateau. Deux hommes pagayaient depuis la plage vers l’embarcation. S’étant approché assez près des marins rescapés, ils assurèrent vouloir remettre quelque chose au lieutenant Clerke, des effets ayant appartenu au capitaine Cook. Les hommes du navire, prudents et sur leurs gardes, les firent monter sur le pont du bateau.

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Les indigènes se prosternèrent alors devant Clerke et l’un des deux guerriers, posant un petit ballot de toile aux pieds des marins, déclara ramener une partie du corps de James Cook. L’homme ouvrit l’étoffe devant une assistance épouvantée et il s’en dégagea un morceau de chair de dix livres. C’était tout ce qui restait du corps de James Cook, les autres chaires ayant été dévorées, les os bouillis afin de servir de talismans et le crane et le cuir chevelu exposé à la vue de tous en guise de pouvoir et de force.

Ainsi mourut James Cook, navigateur, explorateur britannique et l’un des plus grands cartophiles de l’Histoire. Il fut également celui qui mit au point le système d’alimentation devant éviter le scorbut aux hommes embarqués plusieurs mois en mer et à la découverte de « l’écorce du Pérou » équivalente à la Quinine afin de lutter contre les maladies tropicales telles le paludisme.

Le lieutenant Clerke devait prendre les commandes de l’expédition et ramener ses hommes en Angleterre. Parmi ces hommes figuraient le futur capitaine du Bounty, devenu célèbre pour sa mutinerie mais ceci est une autre histoire…

Michel Benoit