15168684_866646626805735_2000783501149148778_o

Ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement samedi soir pour se rendre à la salle Stéphan Hessel afin de venir écouter l'un de nos dernier grand poète frondeur : Reynald Halay. Des fidèles qui ne se lassent pas de ces textes hauts en couleur, toujours aussi frais, aussi rayonnants et d'une actualité criante même si l'on souhaiterait qu'ils fussent d'une autre époque tant ils nous prennent aux tripes et nous plantent devant un miroir réfléchissant, nous ramenant à nos craintes, à nos peurs et nos angoisses d'un début de XXIème siècle qui décidément ne tourne pas rond.

Un Halay qui se sert de sa guitare comme d'une fronde pour nous envoyer quelques vérités et quelques coups de pieds au cul à ceux qui ne partagent pas ses désirs de partage et d'amour des autres...

" Point trop n'en faut !" nous scande-t-il avec poésie et c'est effectivement le bijou de ces nouvelles compositions, un bijou que beaucoup pourraient envier à Reynald Halay tant cette chanson est belle et bien écrite :

Qui trop embrasse mal étreint,Il faut savoir sauter du train,risquer sa peau.

De vous, de nous le temps abuse,d'amour nos corps, nos âmes s'usent,

Point trop n'en faut.

Et le poète frondeur, vértitable corbeau blanc, en profite pour enfoncer le clou en direction de ces jeunes vieux qui pensent avoir trouvé une voie et une réponse à leur misère intellectuelle et sociale en se raliant derrière une Marine qui semble sortir tout droit d'un film de Leni Riefenstahl :  " Ces fils de rien, ces jeunes loups, tous ces voyous: Aux pieds de cette pauvre jeanne, qui viennent ranimer la flamme du barbecue "

Des bijoux, il y en a d'autres , beaucoup d'autres ...Témoin de son temps depuis pas mal d'années, Reynald Halay nous passe de petits messages, l'air de rien... :" La logique me dégoute, je n'en ai pas... Quand je suis dans le doute, Je ne m'abstiens pas... Si bien qu'à trop vouloir battre Descartes, il se pourrait qu'un soir je perde la carte..." Et puis, il y a son combat contre " Les Cons " et " les tartuffes " qu'il nous dépeint à nous faire mourir de rire.

La Corde et le Couteau...............Reynald Halay

Une superbe soirée en compagnie d'un véritable poète, accompagné par de très bons musiciens avec lesquels indéniablement il existe une complicité hors du commun et efficace. Une soirée qui passe même trop rapidement, qui l'espace d'un temps a vu le poète nous quitter après plusieurs rappels. Stéphane Deveau au Hautbois était excellent ainsi que Yann Leroquais au violon. Jean-Luc Arramys nous a montré tout son art à la contrebasse et tous trois se sont même permis le luxe de nous offrir chacun un solo magnifique.

C'était l'événement de ce samedi 19 novembre, et pour ceux qui auraient râté cette soirée, je vous rassure que d'autres suivront et nous retrouverons Reynald Haley en 2017 à Saint-Pierre-le-Moûtier pour un concert exceptionnel.

Michel Benoit