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En 1728, La Bourdonnaye de Blossac, président à mortier au parlement de Bretagne, fait édifier un hôtel particulier sur une parcelle en L qui jouxte l’hôtel de Brie, construit en 1624.

Le mur qui le sépare de la rue est dans son parti médian percé d’un portail à deux vantaux sculptés et comprend une imposte percée d’une ouverture ovale au monogramme du propriétaire. Bordé par deux pilastres à chapiteau ionique, il est surmonté d’un fronton triangulé dans lequel sont inscrites les armes et la couronne du marquis L. G. de La Bourdonnaye de Blossac.

L’hôtel particulier est placé entre la cour flanquée du porche et le jardin. La parcelle en L fait que la façade est alignée sur cour et sur jardin. Une grille de fer séparait autrefois ces deux fonctions.

La première bâtisse est rythmée par le granit au rez-de-chaussée, le tuffeau à l’étage et un toit à la Mansart. Elle compte sept travées. La seconde, toute en tuffeau, comporte un avant-corps central et deux ailes comptant neuf travées également réparties. Le travail en bossage du calcaire, en chaînage d’angle du pavillon médian, se retrouve aux extrémités des deux ailes. Sur les balcons du premier niveau, figure le monogramme du maître des lieux.

C’est le 30 septembre 1816 au second étage de cet hôtel, rue du Four du Chapitre à Rennes, que naît Paul Féval. Son père est conseiller à la Cour Royale de la ville, mais cette charge ne procure pas des revenus suffisants pour faire vivre une femme et cinq enfants, d’autant plus que Féval-père décède en 1827.

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À la suite d’une première expérience peu encourageante comme avocat, il avait été diplômé à Rennes en 1836, il part pour Paris l’année suivante. A partir de ce moment là, on lui connaît de nombreuses adresses, mais aucune à l’heure actuelle, n’est restée en l’état ou accueille un musée en sa mémoire. Citons en quelques unes : rue de la Cerisaie, près de la Bastille, 138 rue du Faubourg Saint-Denis (1854), le 7 rue d’Orléans à Saint-Cloud (1858), le 69 boulevard Beaumarchais (1860), le 80 rue Saint-Maur (1863), en 1868, il emménage 88 avenue des Ternes, puis 129 rue Marcadet. En 1870, il s’exile à Rennes.

Six ans plus tard, mal remis de la défaite de 1870, de deux échecs à l’Académie Française, d’une baisse de popularité et d’une débâcle financière qui met sa famille aux abois, il broie du noir et se relève en se reconvertissant haut et fort à la religion catholique. Ses dernières années, à partir de 1882, se déroulent dans la maladie. Il est accueilli aux Incurables, chez les frères Saint-Jean de Dieu, 19 rue Oudinot à Paris, où il meurt le 8 mars 1887.

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi… «  La fameuse réplique du Bossu résonne encore dans nos imaginaires d’enfant. C’est que le roman de cape et d’épée, dix fois porté à l’écran par d’illustres réalisateurs, a traversé son siècle et demi sans défaillir. N’oublions pas que Paul Féval qui fut plus lu que Balzac de son vivant et le rival incontesté d’Alexandre Dumas, est encore abonné au box-office.