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" Le bonheur est une recherche. Il faut y employer l’expérience et son imagination. "

 

La maison Lou Paraïs, est une maison du XVIIIe siècle de Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence. La maison, son jardin et le chemin qui y mène sont inscrits aux monuments historiques depuis le 1er mars 1996. La maison est labellisée « Maisons des Illustres » par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et label « Patrimoine du XXe siècle ».

En 1929 grâce au grand succès de son premier roman « Colline », Jean Giono achète cette maison et son jardin, l’adresse est à elle seule un manifeste : « Montée des vraies richesses ». Située au pied du Mont d’Or, à flanc de coteau, elle livre à la vue les toits et le clocher de Manosque (comment ne pas penser au « Hussard ») mais sa position en retrait ne doit rien au hasard. La maison va grandir au fil des ans , sa dernière métamorphose, que n’a pas connue Giono, a permis de relier deux nouvelles pièces par une grande baie vitrée ouverte sur un paysage plus méditerranéen que provençal. Ces deux pièces sont le siège de l’Association des amis de Giono. Le reste de la maison, où vivait encore il y a peu, son épouse centenaire, n’a pas changé. C’est à la fois une maison familiale où ont grandi ses filles, Aline et Sylvie, et une maison d’écrivain, au sens plein du terme. Dans la cuisine toute simple et la salle à manger, on imagine les parfums de daube ou de pieds paquets. L’escalier étroit, qu’à la fin de sa vie le romancier ne pourra plus emprunter (on descendra sa table dans la bibliothèque du rez-de-chaussée), est jalonné de toiles de peintres amis, dont Lucien Jacques, Bernard Buffet, Yves Brayer.

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Au deuxième étage veille un ange gris et bleu. A ses doigts, on suspendait les cadeaux des fillètes le jour de Noël. Il est cerné de livres déposés là au gré des envois et des lectures. Libertaire jusqu’au plus intime, Giono ne classe pas ses livres par collection, genre ou thème. Ils sont des milliers, dans un désordre vivant que déplorent les archivistes chargés de l’inventaire de la bibliothèque.

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Il reçoit tous les polars de la Série Noire, quatre volumes par trimestre, et les lit d’affilée, allongé sur son divan. C’est son « lavage de cerveau ». Trois fenêtres, une cheminée, où le poêle ronfle, de bons gros fauteuils de cuir, des objets exotiques rapportés par les amis, du brun, du grenat, de l’ocre, il fait bon vivre dans cette pièce. Quelque chose de masculin aussi, les volutes du tabac de sa pipe se sont dissipées, l’encre d’ébène, jamais trop noire, a séché, mais les dizaines de porte-plume en bois, la page soigneusement calligraphiée, le marteau du père cordonnier, reposent toujours sur la table de repasseuse de sa mère qui lui servait de bureau.

Ses oeuvres, sont toutes présentes au Centre Jean Giono, grâce à l’exposition permanente, la bibliothèque et la vidéothèque, les classes du patrimoine et les randonnées littéraires.  Le Centre Jean Giono, installé dans un bel hôtel particulier du XVIIIe siècle, est à la fois un conservatoire de l’œuvre, et un lieu d’animations et de créations. Il a été créé en 1992, sur l’impulsion de l’Association des Amis de Jean Giono et de la famille Giono.

 

La villa est aujourd’hui habitée par Sylvie Giono et est le siège de l’association les « amis de Jean Giono » (fondée en 1972 par Henri Fluchère et Aline Giono).