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Bâtis à partir du début du XIème siècle jusqu’au XVème siècle, sur une ancienne île de la Loire, le prieuré de Saint-Cosme et son église s’entourent d’un parc composé de neuf jardins dans lesquels la rose est reine, rendant hommage à l’auteur de « Ode à Cassandre » avec son célèbre sonnet « Mignonne allons voir si la rose, Qui ce matin avait déclose, Sa robe de pourpre au soleil … »

Ronsard, accueilli par la communauté des moines qui vivait là, devint prieur des lieux de 1565 jusqu’à sa mort en 1585. Lui qui partageait sa vie entre la poésie, les promenades, les prières et le jardinage avait trouvé dans cette propriété un lieu paisible, source d’inspiration.

Le prieuré fut construit à l’emplacement d’un oratoire aux XIème et XIIème siècles. Plus tard, sous Louis XI, l’église est à son tour édifiée et une nouvelle maison du prieur est érigée. Occupé par la communauté des chanoines depuis sa fondation jusqu’au XVIIIème siècle, ce site est un lieu de passage pour les pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle.

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Le prieuré connaît la prospérité pendant des centaines d’années puis, son déclin entraîne la suppression canonique par l’Archevêque de Tours en 1742. En 1744, les moines quittent le prieuré, l’église sert alors de carrière de pierre. Par la suite, le site devient la résidence de l’archevêque de Tours puis de l’intendant de Cluzel. En 1791, le domaine est mis en vente et est morcelé. Les maraîchers investissent les lieux : habitations, étables et granges dénaturent le site tout en le préservant d’autres détériorations.

Il faut attendre 1925 pour que le président de la Sauvegarde de l’Art Français, avec l’aide de mécènes américains, achète des parcelles de terrain et entame des fouilles permettant la découverte du corps de Pierre de Ronsard. Mais en 1944, les bombardements endommagent une partie du prieuré. En 1946, les fouilles et restaurations reprennent pour se terminer en 1951, date à laquelle le Conseil général d’Indre-et-Loire devient propriétaire des lieux.

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Du prieuré, bombardé en 1944, ne subsistent que quelques vestiges dont le superbe réfectoire abritant sa chaire romane et le logis du prieur, ancienne habitation de Pierre de Ronsard. Dehors, au milieu des vestiges de l’église, le prince des poètes, de son tombeau, veille sur le lieu.

La visite permet de découvrir l’architecture et les jardins du prieuré mais surtout de donner une autre dimension aux écrits du poète.

Le prieuré Saint-Cosme possède un grand parc associant les jardins utilitaires du Moyen-âge et des jardins d’agrément de la Renaissance. La rose est maîtresse des lieux. 200 variétés se mêlent à une superbe collection d’iris mais aussi de pivoines, de lavandes, de lys, d’arbustes divers et variés.

Au milieu des ruines de l’église, un arc gothique, le chevet, les chapiteaux romans de la fin du XIème siècle et le tombeau de Ronsard ont résisté aux bombardements de la deuxième guerre mondiale.

En revanche, le réfectoire, construit dans la première moitié du XIIème siècle, fut en partie touché puis restauré. À l’intérieur, la chaire du lecteur est bien conservée et à côté, se trouve « l’hôtellerie », datant du XIIIème siècle, qui abrite aujourd’hui la bibliothèque des Amis de Ronsard.

La visite de la maison du prieur, construite à la fin du XVème siècle sur des fondations plus anciennes permet d’entrer dans l’intimité du poète. Le rez-de-chaussée est composé de deux salles, l’une avec un musée et une maquette de l’ensemble des bâtiments, l’autre offrant une reconstitution de l’histoire du lieu. Le premier étage est réservé aux appartements de Ronsard, c’est à dire sa chambre et le cabinet qu’il utilisait pour écrire ses œuvres. C’est ici que Ronsard, âgé de 61 ans, a dicté ses derniers vers et s’est éteint.

Ce voyage dans l’univers intime de Ronsard aidera les visiteurs à comprendre le parcours du poète, ses œuvres et les raisons qui l’ont amené à se retirer au prieuré Saint-Cosme pendant près de 20 ans.