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La Pelouse. Maison de Pierre Benoit.

 

A la fin du dix-neuvième siècle, les Fraisse, négociants à Dax, possédaient à St Paul lès Dax un pavillon sans étage, situé au bout d'une allée de platanes, baptisé précisément les Platanes.

C'est dans cette retraite modeste mais harmonieuse que le fils aîné de Claire-Eugénie Benoit, née Fraisse, vint passer ses vacances lorsqu'il était enfant et adolescent. Il y partageait son temps entre la lecture et la chasse, la famille et l'amitié lyrique avec un jeune poète de Mèes, Emile Despax, future victime de la Grande Guerre.

 

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Devenu adulte, puis riche et célèbre, Pierre Benoit ne cessa de revenir aux Platanes, qui constituaient pour lui un refuge, un havre de paix. Il s'avisa même d'y faire vivre une de ses "petites créatures imaginaires", la belle créole Galswinthe, héroïne de "Mademoiselle de la Ferté". Dans ce roman, publié en 1923, l'écrivain décrit la propriété sous le nom de la Pelouse – nom qui lui resta, tant il est vrai que, parfois, la fiction déborde sur la réalité.

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On a souvent relevé comme signe particulier des romans de Pierre Benoit le fait que toutes leurs héroïnes portent un prénom qui commence par un  A. L'intéressé a quant à lui précisé qu'il s'agissait au départ (pour les quatre premiers romans) d'un simple hasard, qu'il s'est ensuite plu à continuer volontairement, afin de montrer à ses détracteurs, qui l'accusaient de manquer d'imagination, que justement il n'en manquait pas. En 43 ans il écrivit 43 romans, s'astreignant par jeu, par principe ou par superstition, à des contraintes, toujours les mêmes : le fameux prénom de l'héroïne commençant par A, mais aussi un roman de 315 pages, une intrigue amoureuse au tiers du récit et une citation de Chateaubriand. Quoi qu'il en soit, dans son œuvre romanesque, Benoit a créé un type nouveau d'héroïne, qui n'existait pas avant lui, et dont on a pu dire qu'il constitue son apport original à la littérature française.

 

 

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