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Notre camarade Émile Torner s'en est allé, le 10 mars dernier, pour son dernier voyage à l'âge de 89 ans. Émile était un militant communiste, ancien déporté et résistant,ancien prisonnier de Buchenwald Langenstein. Il a emmené avec lui à jamais son matricule N° 81655 afin que celui-ci disparaisse à jamais. C'est du moins ce qu'il souhaitait...

Émile Torner était mon camarade et mon ami. Nous écrivions tous deux et rêvions ensemble à un monde meilleur. Lui, venait d'éditer un magnifique livre au titre de " Résister c'est exister" et dans lequel il nous racontait son enfance, son parcours familial, la guerre, la fuite, son engagement dans la résistance, son incarcération et sa déportation à Buchenwald et sa libération. Puis, le retour en France et l'engagement politique. S'engager pour une cause ne paraît pas toujours facile mais comme le disait Marie-Claude Vaillant-Couturier : " Ce que nous pouvons laisser comme message aux jeunes, ce que la résistance nous a appris, c'est que lorsqu'une cause nous paraît juste, il faut lutter pour elle, quelles qu'en soient les conséquences."

Émile va donc participer à la création d'Israël et bien que juif, ses positions pour une terre palestinienne, le verront taxer d'antisémite ( allez y comprendre quelque chose comme il disait... ! ) En 1949, avec Charles Palant, il participera également à la création du MRAP au cirque d'hiver. Il sera aussi de tous les combats avec Marcel Paul. Il refuse la guerre d'Indochine et s'élève contre le sort réservé aux époux Rosenberg.En 1958, il s'élève contre le retour de De Gaulle et il se trouvera le 8 février 1962 au coin de la rue de Charonne et du boulevard Voltaire. On dénombrera huit victimes lors de cette manifestation.Plus tard, il militera contre le traité de Maastricht et s'investiera pour le non à la Constitution. En 2002, il manifestera contre Le Pen qui était arrivé au 2ème tour des élections présidentielles.

La dernière fois que nous nous sommes vu ce fut à la fête de l'Humanité en 2013, il était comme à son habitude installé devant la section du XVème ardt de Paris, celle d'Emmanuel Dan Tran, car Émile avait aussi cette qualité d'être contestataire au sein même de son parti de prédilection et c'est avec un grand courage qu'il s'opposait à la nouvelle ligne des dirigeants du P.C.F., ce qui ne l'empêchait pas de faire sa campagne d'adhésion chaque année.  Déjà très malade, il m'avait confié ces quelques mots :

" Notre idéal est la construction d'un monde nouveau dans la paix et la liberté. Nous le devons à nos camarades tués et à leurs famille."

Salut Émile ! Tu resteras dans nos mémoires et dans la mémoire universelle de ceux qui ont donné leur sang et leur vie pour que nos enfants aient une chance de vivre une vie meilleure. Nous ne t'oublierons jamais !