claude_bazireL’idée d’une escroquerie nationale compromettant un certain nombre de députés germa donc dès l’été 1793. Elle allait se dévoiler à l’automne et devenir la première grande affaire de corruption politique et financière de la première République à la grande joie du baron de Batz qui n’attendait que cela pour déstabiliser le pouvoir en place.l

La conséquence des échecs successifs concernant l’évasion de la Reine et de ses enfants de la prison du Temple fut la séparation de Louis XVII de sa mère le 3 juillet 1793. Il fut confié par la Commune au cordonnier Simon qui devait selon lui, lui donner une instruction républicaine. En fait, et ce n’était pas un secret, on ôtait l’enfant de l’autorité familiale pour se préserver d’une quelconque tentative d’évasion supplémentaire,

La reine Marie-Antoinette ayant refusé à plusieurs reprises de quitter sa prison sans être accompagnée de ses enfants.

Une autre hypothèse, réaliste également, fut avancée : Connaissant les fréquentations de Jacques Hébert, substitut du procureur syndic de la Commune de Paris et journaliste, son double langage et ses comportements plus que suspects, on avança que la séparation de l’enfant du Temple d’avec sa mère et sa mise au secret, n’avait qu’un seul but, celui de substituer l’enfant dans la prévision d’un retournement en faveur d’une future régence.

louis_xviiQuoiqu’il en soit, Hébert lui aussi, évitait que les soupçons se portent sur lui et par ses écrits, redoublait à présent de haine envers la veuve de Louis XVI, appelant les responsables des Comités à la juger pour conspiration contre la République au même titre que l’avait été son défunt mari.Afin d’apaiser et de faire taire les bruits d’une évasion de l’enfant héritier de la couronne, la Convention envoya quatre membres du Comité de Sûreté Générale le sept juillet à la prison du Temple. François Chabot était de ceux-ci. Les délégués ordonnèrent à Simon de faire descendre le fils Capet afin qu’ils se montrent avec lui publiquement dans les jardins de l’enceinte.

Extrait de 1793 La République de la tentation

Michel Benoit

Editions de L'Armançon