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Pour ce tout, cet incontrôlable,

Tout comme le début d’une fable,

Quand je croise vos yeux étonnés,

Pour vos tâches de feu émotives,

Qui m’emmènent à la dérive,

Quand ma bouche vient s’y poser

Pour vos lèvres qui m’indispose,

Quand votre langue s’y pose

Voulant sans cesse me provoquer,

Je vous aime

Je vous aime

Pour vos longs cheveux immobiles

Et toutes vos allusions subtiles,

Qui m’enlacent sans même me toucher,

Pour vos yeux défiant toute attente,

Et qui sans cesse me tourmentent,

Dans mes rêveries inachevées,

Pour vos couleurs qui s’interposent,

Votre parfum qui se dépose

Sur vos joues d’un rose fardé,

Je vous aime,

Je vous aime,

Pour votre corps qui se déhanche,

Et ce désir qui se déclenche,

Avant même de vous frôler,

Pour ces pastelles qui défilent,

Et vos dessous qui se faufilent,

Sur le tapis éparpillés,

Pour vos reins fiers qui se cambrent,

Dans la tiédeur d’une chambre,

Semblant sans cesse me provoquer,

Je vous aime,

Je vous aime,

Pour vos cris rauques et fébriles,

Et votre pensée qui vacille,

Et votre corps défiguré,

Pour vos plaintes qui se répandent,

Lorsque vos bras se suspendent,

Autour de mon coup figé,

Pour cet amour qui vous inonde,

Et ce plaisir qui vagabonde,

Sur votre corps arc-bouté,

Je vous aime,

Je vous aime.

Michel Benoit

Illustration Daniel Armengaud