13 juillet 2009
ITINERAIRE CARNET DE ROUTE
Cela fait maintenant plusieurs heures que nous avons repris la route après une courte nuit. Combien de kilomètres ai-je effectué depuis mon départ ? Je sais seulement que nous avançons vers le but et que mes pieds me font souffrir de plus en plus. Mais comment Moussa peut-il poursuivre le chemin avec ces légères babouches qui ne ressemblent à rien ? A peine descendus dans la vallée, la végétation a soudain prit congé et nous nous retrouvons dans une étendue infinie de pierres, avec pour seul horizon des pierres, des pierres, rien que des pierres. Nous trouvons enfin une piste que nous emprunterons jusqu'à la destination finale. Notre marche est ralentie à présent par la chaleur qui nous assomme. Ici pas de vent, pas un souffle de vent. Rien que des pierres immobiles et du sable. Il faut économiser l'eau et cette pensée me tourmente. Plus j'y pense et plus j'ai soif ! Un bain... Une piscine, là, derrière les collines qui pointent au Sud Ouest.... Je ramasse du sable et quelques pierres que je garde précieusement dans l'une des poches de mon sac à dos: ce sera pour plus tard, quand je serai rentré, le seul souvenir qui en fait en vaille la peine.
Il nous faut gagner ces collines avant le début de l'après-midi à cause de la chaleur. Quel temps fait-il dans la Nièvre ? Je me surprends à marcher comme un automate, nous devons sortir de ce cirque pierreux au plus vite. Moussa, pour la première fois, s'éponge le visage: c'est mauvais signe ! Mon sac est beaucoup trop lourd, les sangles me coupent les aisselles et rentrent dans ma chair. Emporter le minimum c'est encore de trop.
Il est treize heures quand nous atteignons le contrebas de la première collines. Il va encore falloir la gravir. Le début de l'escalade me semble facile mais très vite je manque de souffle alors que la pente se fait plus abrupt. Nous nous aidons de nos mains, et quand nos paumes nous font souffrir, ce sont nos ongles, enfoncés dans la terre sableuse, qui nous permettent de garder un relatif équilibre. Nous sommes enfin arrivés au sommet et je me retourne et regarde l'horizon, le chemin parcouru. Moussa vient de s'assoir, pour la première fois, et me montre du doigt la cité légendaire. Nous y sommes !
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