04 août 2009
1793 LA REPUBLIQUE DE LA TENTATION L'HISTOIRE DE LALLIGANT MORILLON
C’est à cette époque que fût
dénoncé le complot de la
Rouërie. On savait la vendée en effervescence, depuis la proscription
des prêtres non assermentés et l’abolition de la royauté, on en eu la
confirmation avec cette dénonciation : la révolte royaliste gagnait
sérieusement du terrain sur le sol breton. Claude Bazire, vice
–président du Comité de Sureté se chargea de l’affaire.
Mais auparavant, il est
incontournable de parler de Lalligant Morillon, qui joua un rôle important dans
cette affaire et dans bien d’autres.
Pierre Bénigne Lalligant dit Morillon était né le 23 mai 1759 à Autun St Jean de la Grotte. Il était le fils de Louis Henri Alexandre Lalligant, médecin et cousin de Claude Bazire.
Il débute sa carrière dans la
gendarmerie à Lunéville mais ayant falsifié des lettres de change, il va être
contraint de quitter sa fonction et revenir à Autun où demeurent ses parents et
son frère. Il se marie à Nantes avec
Jeanne François, fille d’un riche négociant en bois qui travaille pour la
marine.
S’est-il rendu à Nantes chez
un client de son père pour y vendre du bois du Morvan ?
La famille Lalligant possédant de nombreux biens, cela est fort possible. Les Lalligant exploitaient une partie des terres de Jean Marien de Viry qui en était le régisseur, le tout sous les ordres du marquis de Brunoy. Ces propriétés incluaient les lieux dits La Forest et le Mont. La famille Baudot, celle de Marc Antoine Baudot qui sera tout comme Claude Bazire député à l'Assemblée Légfislative et à la Convention. La famille Lalligant se charge d'entretenir Le Mont, dépendant de la prévôté d'Hivers st Julien.
Cependant les affaires sont
difficiles et l’homme sans trop de scrupules. Lalligant va être arrêté et
inculpé pour fausse monnaie à Autun où il sera incarcéré à la fin de l’année
1791.
En effet, Pierre Lalligant
Morillon avait des talents de graveur et s’était lancé dans la fabrication
grossière de fausse monnaie.
A l’aide d’une presse à
balancier, il avait pu transformer le cuivre en Louis d’or. Le secret de cette
alchimie provenait dit-on d’une société secrète comme il en existait ici et là
à cette époque. La famille Lalligant fût arrêtée.
Marc Antoine Baudot et Claude
Bazire réussirent à faire libérer la mère de Lalligant ainsi qu’un notaire de
Paray le Monial, Jacques Brigaud, fortement soupçonné de complicité dans
l’affaire.
Poursuivis par les créanciers
madame Lalligant mère avait pu trouver refuge dans la ferme du Mont, bâtisse
délabrée et de maigre rapport.
La veille du procès qui
devait se dérouler à Autun en octobre 1791, le père et le fils Lalligant
s’échappèrent de prison, certainement grâce à quelques complices ne souhaitant
pas un débat public risquant de les compromettre. Ils furent condamnés par
contumace à 20 ans de fer et à la saisie de leurs biens dont la pièce
essentielle était la presse à balancier.
Lalligant avait disparu. On
le retrouve jouant du violon dans les théâtres de province où il rencontre
l’auteur Fabre d’Eglantine qui allait devenir le secrétaire de Danton. Il se
rend en Savoie et fréquente l’entourage du comte d’Artois, frère du Roi, et se
rend en Provence sous les ordres des troupes de Mr de Froment, qu’il va
dénoncer au Comité de Surveillance par une lettre qu’il adressera à son cousin
Bazire.
Lalligant avait fait ses
preuves, il ne lui restait plus qu’à être nommé agent du Comité dont Bazire était
membre influent.
Remarqué par Danton, présenté à lui sans doute par Bazire et Fabre, Lalligant va alors participer à des opérations de police dans tout le territoire et facilitera le double jeu politique du grand tribun.
Extrait de 1793 La République de la Tentation, l'affaire Claude Bazire
Editions de l'Armançon
23 janvier 2009
1793 LA REPUBLIQUE DE LA TENTATION
Merci à toute l'équipe du magasine "Nevers ça m'botte " pour cet article concernant mon dernier livre.
27 décembre 2008
ROBESPIERRE ET LA PEINE DE MORT 1793 LA REPUBLIQUE DE LA TENTATION
Dès l'Assemblée Constituante Robespierre va combattre la peine de mort et prendra part au débat, souvent seul, pour obtenir son abolition. Voici ce qu'il avait déclaré lors du débat pour l'abolition de la peine capitale, il ne fût malheureusement pas suivi par ses collègues de l'Assemblée :
« Je viens prier,
non les dieux, mais les législateurs qui en doivent être les interprètes et les
organes, d’effacer du code des Français ces lois de sang qui commandent des
meurtres juridiques que proscrit l’intérêt général, encore plus que la raison
et l’humanité. Je veux leur prouver deux propositions principales ; la
première, que la peine de mort est essentiellement injuste : la deuxième,
qu’elle n’est pas la plus répressive de toutes les peines, et qu’elle contribue
beaucoup plus à multiplier les crimes qu’à les prévenir. La société a-t-elle le
droit d’infliger la peine de mort ? »
Et il ajoutait ;
« Quand la société punit un coupable, il est hors d’état de nuire ; elle le tient dans les fers ; elle le juge paisiblement ; elle peut le châtier, le mettre dans l’impossibilité de se faire craindre, à l’avenir par tous les moyens que lui fournit une autorité sans bornes. Un vainqueur qui égorge ses captifs qu’il peut désarmer est appelé barbare... Un homme fait, qui égorge un enfant pervers qu’il peut désarmer et punir, paraît un monstre… En dépit de tous les préjugés, il est certain qu’aux yeux de la morale et de la justice les scènes d’horreur que la société étale avec tant d’appareil ne sont que des assassinats solennels commis par des nations entières… »
Extrait de : 1793 LA REPUBLIQUE DE LA TENTATION
AUX EDITIONS DE L'ARMANCON
22 décembre 2008
1793 LA REPUBLIQUE DE LA TENTATION PORTRAIT DE DANTON
"Danton avait connu la grande
terreur avant d’en imposer la sienne au peuple de France. Cette fascination
morbide provenait de cette calamité qui vous met les orbites aux étoiles ;
la vérole. Comment l’avait-il contracté ? D’ailleurs, le savait-il
lui-même au moins…A Reims, Troyes ou Paris, sous les arcades du Palais Royal du
domaine d’Orléans avec quelques filles ou dans les rues sombres et étroites
donnant sur la cathédrale sacrée au soir du couronnement du Roi Louis XVI pour
lequel il avait fait le voyage à pieds d’Arcy sur Aube.
Le teint vitreux comme une
bougie, il s’était réveillé un matin aussi mou qu’un fromage coulant, aussi
gris qu’un ciel de novembre. Il avait combattu la maladie honteuse comme
quelques années plus tôt il avait bravé le taureau au pré d’Arcy et elle ne lui
avait laissé en souvenir de son passage que quelques traces sur son visage,
comme sa lutte contre le taureau lui avait laissé indéfiniment un encornage à
la lèvre. Tel un déluge qui aurait transporté les coquilles de la mer sur son
visage d’adolescent, elle avait soudain prit congé et au lieu de tout lui dévorer
en dedans, du foie à l’estomac, laissant aux asticots le soin de terminer le
travail jusqu’à la moelle de sa large carcasse, elle s’était éclipsée
subitement, ne laissant que quelques cavités lunaires sur son large visage de
tribun.
Ces nombreux orifices
caverneux s’étaient fossilisés sur son visage d’albâtre, devenant partie
intégrante des archives du monde, épouvantant ceux qui le croisaient, seul
témoignage d’une vie dont peu réchappaient en ces années lumières.
Ainsi était Danton. Ainsi était-il apparu à Claude Bazire dès son entrée à l’assemblée Législative. L’homme était partout, se mêlant à ce flot humain, arpentant les couloirs de l’assemblée en quêtes d’alliances inavouables, franchissant d’un pas ferme les quelques marches de la tribune qu’il prenait d’assaut, s’élançant à la proue du navire jusqu’à son sommet pour y déclamer ses ardentes passions dictées par son instinct féroce d’homme blessé et par ses faiblesses inavouées de tribun corrompu."
Extrait de : 1793 LA REPUBLIQUE DE LA TENTATION
EDITIONS de L'ARMANCON
29 juillet 2008
LA REPUBLIQUE DE LA TENTATION DANS LE BIEN PUBLIC
Merci à Jocelyne REMY journaliste au Bien Public pour avoir écrit cet article dans les pages régionales de l'édition du dimanche 20 juillet 2008.
Vous pouvez vous procurer celui-ci dans toutes les bonnes librairies de Bourgogne, lors des salons et fêtes du livre où je vais participer ces prochains mois et également directement chez mon Editeurs:
Les Editions de l'Armançon
21390 Précy-sous-Thil
25 avril 2008
LA CRITIQUE DE JEAN-NOËL LEBLANC
La Critique de Jean-Noël LEBLANC:
"La République de la Tentation", de Michel Benoit
Voilà un livre d'histoire pas comme les autres, un vrai roman, autour d'une affaire de corruption restée tristement célèbre, l'affaire de la Compagnie des Indes.
Michel Benoit, notre Rouletabille de l'histoire, a mené l'enquête,
apporte des preuves, et ses conclusions ne laissent place à aucun doute
quant à la culpabilité des accusés.
Le baron de Batz, après avoir tenté sans succès d'enlever la Reine de ses geôliers de la prison du Temple en 1792, a continué de manoeuvrer pour déstabiliser la république, en arrosant largement quelques députés corrompus. Parmi eux, Claude Bazire, député de la Côte d'Or et son ami Claude Chabot, tous deux membres essentiels du Comité de Sûreté. Hélas entraînés par leur vie mondaine, ils se laisseront compromettre. Dans leur sillage, Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins ou Danton, qui finiront avec eux sur l'échafaud.
Michel Benoit fait revivre cette période trouble avec une verve réjouissante. Voici par exemple le début du portrait qu'il brosse de Danton :
"Le teint vitreux comme une bougie, il s'était réveillé un matin aussi mou qu'un fromage coulant, aussi gris q'un ciel de novembre. Il avait combattu la maladie honteuse comme quelques années plus tôt il avait bravé le taureau au pré d'Arcy et elle ne lui avait laissé en souvenir de son passage que quelques traces sur son visage, (...) tel un déluge qui aurait transporté les coquillles de la mer sur son visage d'adolescent..."
Un voyage au temps de la République de la Terreur.
Michel Benoit, 1793, La République de la Tentation, édition de l'Armançon.
22 avril 2008
REPAS LITTERAIRE DU 19 AVRIL AU 1001 FEUILLES A LA CHARITE SUR LOIRE
REPAS LITTÉRAIRE AU 1001 FEUILLES
La vie est faite de rencontres. Cette maxime que je fais mienne s'est révélée vrai une fois de plus lors de cette soirée littéraire organisée par Nathalie et Yves Civard, propriétaires de l'hôtel restaurant bien connu de la Charité sur Loire:
"Le 1001 Feuilles"
C'est dans la ville nivernaise du livre ancien que mes amis, mais aussi des amoureux du livre étaient venus ce samedi soir pour partager " la gamelle" de l'auteur, et quelle gamelle ! Un repas somptueux qui fera date pour beaucoup, et qui débuta par le traditionnel Kir à la violette des écrivains.
La vie est faite de rencontres. Celle de mon héros malheureux dont je dissèque le parcours dans mon livre 1793 La République de la Tentation, Claude Bazire, député de la Côte d'Or, avec son collègue François Chabot, qui l'entraînera dans ses frasques sentimentales mais aussi financiers dans une course effrénée vers la mort et qui lui feront perdre la tête en compagnie de Danton.
Celle de ma rencontre avec Pierre-André Jobart et son frère Michel, descendants directs de ce député conventionnel, celle de mes amis écrivains, Jean-Noel Leblanc et Daniel Jouannet grâce à qui je fis la connaissance de ces restaurateurs hôteliers Charitois, passionnés de lecture, Nathalie et Yves Civard.
Ceux-ci d'ailleurs ne pourront me contredire car les affiches annonçant cette soirée littéraire attirèrent le réalisateur de la télévision japonaise, qui passait par hasard dans la rue, au point que celui-ci se décide de consacrer quelques minutes de son reportage sur la ville du livre ancien, au repas organisé à l'occasion de la sortie de mon livre.
Enfin la rencontre avec quelques touristes suisses, qui venus également pour le week-end du livre et souhaitant dîner, se joignirent à notre table pour échanger sur la période révolutionnaire et nous parler de Rousseau, le tout sous l'oeil attentif du réalisateur japonais, qui découvrit cette période de l'histoire de notre pays,dont il ne connaissait en fait que la trilogie devenue universelle " Liberté Egalité Fraternité"
Une soirée studieuse, festive et amicale, accompagnée des oeuvres de Gossec,auteur de l'hymne à l'être suprême, soirée que je suis pas près d'oublier.
Merci à tous une fois de plus et à très bientôt sur les salons et dans les librairies pour de nouvelles rencontres.
16 avril 2008
DEDiCACE DU 12 AVRIL A NEVERS
Merci à toute l'équipe de la Maison de la Presse de Nevers pour l'accueil qui m'a été réservé ce samedi 12 avril 2008 à l'occasion de cette première dédicace; du travail de Pro comme on n'en voit plus beaucoup hélas avec un vrai libraire qui fait son métier et qui aime le livre par dessus tout. Merci également à tout ceux qui sont venus pour cette première dédicace, nous nous sommes promis de nous revoir pour en parler de ce livre, car il ne laissera pas indifférent les lecteurs et nous en reparlerons forcément.
Certains d'entre-eux ont eu d'ailleurs, tout comme moi, la bonne surprise de faire la connaissance de l'un des descendants de Claude BAZIRE, personnage central de mon livre 1793 LA RÉPUBLIQUE DE LA TENTATION, qui avait fait le voyage de Vichy à Nevers pour me rencontrer. Michel JOBART, le frère de Pierre-André JOBART, celui même dont je parle dans mon avant propos, est le descendant direct de notre célèbre député Claude BAZIRE qui mourut sur l'échafaud en compagnie de DANTON et de CHABOT.
07 avril 2008
ACTUALITE DEDICACES A NEVERS
Le samedi 12 Avril prochain, j'aurai le plaisir de vous rencontrer pour une séance de dédicaces de 15H00 à 17H00 à la Librairie DECHAUFFOUR place Maurice RAVEL à NEVERS à l'occasion de la sortie de mon dernier livre :
1793 LA REPUBLIQUE DE LA TENTATION
Une affaire de corruption sous la 1ère République
Aux Editions de l"Armançon
05 avril 2008
EXECUTION DE DANTON, DESMOULINS, BAZIRE ET CHABOT
La Révolution Française - L'execution de Danton
Au moment où les charrettes débouchèrent sur la place de la Révolution,
Danton aperçu l'échafaud. Sanson le regarda avec attention et cela
déplut à Georges Danton qui poussa le bourreau du coude en lui disant :
« N'as-tu pas une femme et des enfants ? » Sanson lui répondit que oui.
Danton reprit : « Moi aussi. Eh bien ! Pensant à eux, je redeviens un
homme ». Il baissa la tête et murmura : « Ma femme bien-aimée, je ne te
reverrai plus ; mon enfant, je ne te verrai donc pas ». La charrette
stoppa. Il secoua sa tête et descendit en disant : « Danton, point de
faiblesse ». Invisible dans la foule qui entourait l'échafaud, le
fidèle abbé Grayo était venu assister aux derniers instants de Danton
qu'il avait marié religieusement, dans le secret, en juin 1793. Lorsque
Camille Desmoulins arriva près de Sanson, il lui demanda de lui rendre
un dernier service : prendre une mèche de cheveux et la porter à sa
belle-mère, Mme Duplessis. Il regarda le ciel et se laissa conduire sur
la bascule, répétant à plusieurs reprises le nom de Lucile.
Hérault
des Seychelles monta ensuite, et Danton avec lui, sans que personne
n'osa s'y opposer. Les aides avaient déjà saisi Seychelles que Danton
s'approchait pour l'embrasser. Seychelles, poussé vers la bascule, ne
put lui rendre ce dernier adieu. Danton s'écria : « Imbéciles !
Empêcherez-vous nos têtes de se baiser au fond du panier ? ». Il
regarda mourir son ami avec grand sang-froid. La bascule n'était pas
encore débarrassée, la lunette nettoyée, qu'il s'avança. Sanson le
retint. Danton haussa les épaules : « N'oublie surtout pas de montrer
ma tête au peuple, il n'en voit pas tous les jours de pareille ! » Puis
ce fut la fin. Lorsque, selon son dernier voeu, on promena sa tête
autour de l'échafaud, quelqu'un cria : « Vive la République ! ». Les
cris étaient circonscrits aux alentours de la guillotine.
Claude Bazire et François Chabot moururent le même jour avec Danton.
Michel Benoit




















